Archives mensuelles:

J’ai vu “Iron man” et je me demande pourquoi je me fais toujours avoir…

Mardi, mai 20th, 2008

… alors que j’avais pourtant juré qu’on ne m’y prendrait plus ! Bon, cette fois j’ai quand même un début de piste:

Le matraquage paie. C’est une certitude. Les affiches étaient omniprésentes dans les deux grandes villes de Taiwan (oui, oui le billet sur le sujet arrive !) avec les écrans géants diffusant la bande annonce en boucle qui vont bien. J’étais prête à aller le voir en chinois c’est pour dire !

Tony Stark, inventeur de génie, vendeur d’armes et playboy milliardaire, est kidnappé en Aghanistan. Forcé par ses ravisseurs de fabriquer une arme redoutable, il construit en secret une armure high-tech révolutionnaire qu’il utilise pour s’échapper. Comprenant la puissance de cette armure, il décide de l’améliorer et de l’utiliser pour faire régner la justice et protéger les innocents.

Il a nécessairement fallu l’adapter, le rendre plus actuel, donc du coup exit les viets et le héros anti-communiste, bonjour les seigneurs de guerre afghans et le héros anti… anti… pro-américain ou patriotique si vous préférez ! Dis-moi qui sont les “méchants” pour Hollywood et je te dirais qui l’Amérique considère comme son pire ennemi. Quitte à rendre le truc manichéen au possible (et à faire tenir le scénario sur une feuille A4) alors que ce n’est pas forcément le cas avec les scénaristes de Marvel. Et cet aspect là me gonfle… Non. Sérieusement. Et non, je n’ai pas assez confiance dans le système des blockbusters pour espérer une amélioration pour les autres films de la future franchise. Non. Qui va voir ce genre de film pour réfléchir ou “apprendre” quelque chose sur la nature humaine ???

Sinon ? Sinon, je me demande ce que Gwyneth Paltrow a été faire dans cette galère, Robert Downey Jr. a crû, lui, qu’il interprétait encore Larry Paul dans Ally McBeal et Jeff Bridges ne vaut le déplacement que et que pour son look. Bref. Que dire de leur interprétation en elle-même ? J’hésite entre “mal joué” et “surjoué”… Le résultat est le même, non ? Quant à la réalisation, je ne peux pas vous en parler, y’en a pas ! Ah… Pardon, on me signale dans l’oreillette que Jon Favreau était aux manettes. My Bad…

Non parce que pas besoin d’avoir fait l’Actor’s Studio ni d’être dirigé pour réciter des dialogues du style:

Tony Stark: Am I making you uncomfortable?
Virginia ‘Pepper’ Potts: Oh, no, I always forget to wear deodorant and dance with my boss in a room full of people I work with in a dress with no back.
Tony Stark: Well, you look great, you smell great. But I could fire you if that would take the edge off.
Virginia ‘Pepper’ Potts: I honestly think you couldn’t tie your shoes without me.
Tony Stark: I’d make it a week.
Virginia ‘Pepper’ Potts: Really. What’s your social security number?
Tony Stark: [a very long pause] Five.
Virginia ‘Pepper’ Potts: Five ? Yeah, you’re missing just a couple of digits there.
Tony Stark: The other eight ?

… et puis je suis vraiment sensée ne serait-ce qu’en sourire (voir en rire) ??? Pardon ?… Ah. OK. Mouais. Je confirme: va falloir que j’arrête c’est vraiment pas mon truc.

Par contre, les scènes de baston et tout et tout sont géniales, effets spéciaux compris (mais après “Transformers” - mêmes effets d’emboîtement - ça aurait été un comble). C’est apparemment le plus important pour ce genre de film. Le public avait l’air conquis. Moi je n’arrive pas à croire que j’ai pu tenir 2 heures à regarder ça ! Après tout personne ne me force, hein ?

Allez j’arrête là.

Pourtant je promets que j’ai bien envie d’aller voir ce qu’Edward Norton a dans ses tripes toutes vertes…

J’ai vu “Sweeney Todd”…

Dimanche, mai 18th, 2008

… dans l’avion en VO !

Que dire ?… Du grand Tim Burton. Du grand Johnny Deep. Du grand Helena Bonham Carter.

Après avoir croupi pendant quinze ans dans une prison australienne, Benjamin Barker s’évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l’infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme, lucy, et son bébé, Johanna. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Nellie lovett. Celle-ci l’informe que Lucy se donna la mort après avoir été violée par Turpin.
Lorsque son flamboyant rival Pirelli menace de le démasquer, Sweeney est contraint de l’égorger. L’astucieuse Mme Lovett vole à son secours : pour le débarrasser de l’encombrant cadavre, elle lui propose d’en faire de la chair à pâté, ce qui relancera du même coup ses propres affaires.
Sweeney découvre que Turpin a maintenant des visées sur Johanna, qu’il séquestre avec la complicité de son âme damnée, le Bailli Bamford. L’adolescente a attiré les regards d’un jeune marin, Anthony, celui-là même qui avait sauvé Sweeney lors de son évasion. Amoureux fou de la jeune innocente, Anthony se promet de l’épouser après l’avoir arrachée à Turpin.
Pendant ce temps, le quartier de Fleet Street s’est entiché des “tartes” très spéciales de Mme Lovett, et celle-ci se prend à rêver d’une nouvelle vie, respectable et bourgeoise, avec Sweeney pour époux et Toby, l’ancien assistant de Pirelli, comme fils adoptif. Mais Sweeney est bien décidé à mener à terme sa vengeance, quel qu’en soit le coût…

Comment dire ?… Le talent est une aptitude remarquable qui n’est pas donné à tout le monde. Des films comme celui là vous le rappelle de manière éclatante et Dieu que ça fait du bien !

Je l’attendais celui-là. De trop peut-être me disais-je en attendant que ma “séance privée” veuille bien commencer et occupée par ailleurs à surveiller (comme si ça servait à quelque chose) les soubresauts de l’avion après une première partie de vol (soit 6 heures) à prier pour ma misérable et insignifiante vie tout en essayant d’éviter de récupérer ma main droite complètement broyée. J’ai d’ailleurs été très étonnée, à ma descente d’avion, de voir qu’il n’y avait absolument rien dans les journaux du monde entier sur le déroulement du vol British Airways 304 qui assurait la liaison entre Hong-Kong et Londres ce jour là. Non sérieusement, j’ai déjà traversé des zones de turbulences dans ma vie, depuis le temps que je prends l’avion, mais là… Un truc de fou ! Pendant tout le vol (soit 12 heures) j’ai crû qu’on aurait droit à un atterrissage d’urgence ! Bref. Ce n’est point le sujet , n’est-ce-pas ?

“Sweeney Todd”…

N’ayant rien lu sur l’oeuvre, quelle ne fut ma surprise de me retrouver face à un thriller musical. Et quel thriller musical ! Tim Burton signe là une fantastique adaptation de cette comédie musicale éponyme qui a triomphé notamment à Broadway (je le sais maintenant) ! Fantastique. Dans tous les sens du terme… Parce que comme disait Paul Valéry: “Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n’est rien“, sa réalisation tient du génie à certains moments. Il faut dire que le sujet s’adaptait merveilleusement à son univers unique et original. Autant visuel que thématique. Je décode ? Dès les premiers instants de pellicule on sait que c’est signé Tim Burton. Il en profite d’ailleurs pour renouer avec son penchant pour les personnages désespérés et maudits (sans pour autant que ses films soient déprimants bizarrement). C’est noir (gothique ?), c’est sale, c’est beau.

Que dire de sa direction d’acteurs ? Il les fait tous exceller. Pour moi Deep et Bonham-Carter (je ne m’attarde pas, elle est égale à elle même) sortent du lot mais réussir à canaliser le talent et l’énergie comique d’un Sacha Baron Cohen de la sorte pour qu’il s’adapte parfaitement au rôle tragi-comique qui est le sien et que dire d’Alan Rickman… Ses acteurs anglais sont… incroyables.

Sur les thèmes clés de l’univers burtonien le web est assez prolifique d’articles et de billets en tout genre (et comme d’habitude de qualité inégale) mais concernant ses personnages permettez-moi de vous citer le dossier, très bien ficelé même s’il n’est pas complet, de Cinema.evous:

Les personnages burtoniens peuvent être répartis en deux catégories, les héros positifs (gentils) et les héros négatifs (méchants). Mais dans l’univers du réalisateur, les apparences trompent toujours et il n’est pas rare qu’un héros négatif attire progressivement la sympathie du spectateur par son humour cynique (Beetlejuice, les martiens dans Mars Attacks !), ou parce que sa nature de héros négatif est née de son exclusion du monde, comme le Pingouin dans Batman Returns.

… ou comme Johnny Deep dans “Sweeney Todd“. Un Golden Globe et une nomination aux Oscars en 2008 pour sa performance d’acteur. Il n’y a pas grand chose à rajouter je crois.

Du grand Tim Burton donc mais je ne dirai pas pour autant que je le retrouve parce j’avais bien aimé “Charlie et la chocolaterie” (2005). Quant à “La Planète des singes” (2001) je n’ai jamais compris pourquoi il s’était fait descendre par les critiques. En fait c’est un des rares réalisateur qui ne m’a jamais “déçu”. Je ne m’en lasse pas.

Conclusion ? J’ai adoré !

J’ai vu “Teeth”, l’OVNI de l’année !

Mercredi, mai 14th, 2008

Oui je sais, nous ne sommes qu’en mai !

Dawn est une adolescente qui essaie tant bien que mal de contenir sa sexualité naissante en étant une des membres les plus actives du club de chasteté de son lycée. Etrangère à son propre corps, la prude découvre que son vagin a la particularité d’avoir des dents…

Vous avez bien lu. Un truc de fou ce film ! Un délire entre gore attitude, film de genre, critique et satire sociale (autant du nouveau visage du puritanisme américain que de la domination masculine et patriarcale); le tout en dérapage totalement contrôlé. Une très bonne surprise.

On oscille entre fou rire, appréhension et peur (certains moments sont terrifiants en plus d’être dégoûtants) pour un film à mi-chemin entre le film d’horreur un peu gore et la comédie pour adolescent un peu beaucoup transgressive sur les bords notamment sur les thèmes abordés via la recherche identitaire de Dawn.

Parlons en donc de Dawn. La demoiselle a donc un vagin denté (je vous laisse imaginer les dégâts messieurs…) ce qui la plonge (nous avec) dans une peur et une perplexité sans fin face à ce “monstre” qui semble avoir élu domicile dans la partie la plus intime de son anatomie. Là où le délire est total c’est que ce qui va plus s’apparenter à une malformation anatomique n’est pas le fruit de l’imagination de Mitchell Lichtenstein mais une représentation de la femme castratrice (qui renvoie ces messieurs à leur peur primaire de la Femme d’une part, de son plaisir de l’autre) que l’on retrouve dans de nombreux mythes (Inde, Amérique, Polynésie). Selon wiki:

The vagina dentata appears in the myths of several cultures. Erich Neumann relays one such myth in which “A fish inhabits the vagina of the Terrible Mother; the hero is the man who overcomes the Terrible Mother, breaks the teeth out of her vagina, and so makes her into a woman.”

The myth expresses the threat sexual intercourse poses for men who, although entering triumphantly, always leave diminished.

Rien d’étonnant d’apprendre par la suite que selon Raitt, la “vagina dentata, expression de la peur du mâle en face de la femme castratrice, est à l’origine de la neutralisation de la femme dans une église à dominante masculine“.

Ici, le twist du réalisateur va être d’inverser le principe du récit originel où le héros doit triompher, en la conquérant, de la femme possédant ce type de vagin pour faire de la jeune ingénue une héroïne et finalement (et surtout ) une femme maîtresse de son destin envers et contre tout.

Ah. Il faut également souligner un casting très réussi; Jess Weixler ayant d’ailleurs empoché un prix spécial pour son interprétation de Dawn à Sundance en 2007.

Conclusion ? Une variation sur le thème de la perte de l’innocence qui vaut le coup d’oeil tant elle sort du lot.

Vu à MK2 Odéon pour ceux qui se demandent…

J’ai vu “Intraçable”: tous les ingrédients étaient réunis pour en faire un bon film…

Mercredi, avril 16th, 2008

… et pourtant le résultat est disons “moyen”. En étant gentille.

Portland. L’agent spécial Jennifer Marsh appartient à la section Cybercrime du FBI, chargée de traquer les “hackers”, fraudeurs et pédophiles qui utilisent Internet à des fins criminelles. Technicienne aguerrie, elle croyait avoir tout vu, avant qu’un prédateur d’un style inédit ne commence à diffuser sur la Toile les images des tortures infligées à ses victimes, et qu’il n’invite les spectateurs à participer à leur exécution.
L’affaire ne tarde pas à mobiliser la police locale, mais le criminel reste insaisissable, et son site introuvable. La traque prend bientôt une tournure personnelle lorsque Jennifer et ses plus proches collaborateurs sont pris pour cible. Un jeu du chat et de la souris s’engage alors dans l’urgence, mais il est peut-être déjà trop tard
…”

Un scénario qui tient la route, bien que linéaire, et des acteurs pas si mauvais que ça (avec une mention spéciale pour Joseph Cross qui joue le psychopathe de service)… Mais alors qu’est ce qui cloche ? (more…)

J’ai vu “Les 16 de Basse-Pointe” ou l’histoire d’un békécide*…

Mardi, avril 15th, 2008

Je rappelle que qu’en Martinique, le terme “béké” désigne familièrement les blancs créoles soit les descendants des colons venus s’établir sur l’île dès le début du XVIIe siècle. Cette minorité (à peine 1% de la population) a initialement bâti sa fortune et son pouvoir sur la production et le commerce du sucre dans le cadre du système esclavagiste de plantation. Malgré les soubresauts de l’Histoire politique de l’île, ils ont su conserver au fil des siècles et de nos jours encore leur position en tant qu’élite économique et sociale.

Le terme “békécide” du titre a été emprunté à un protagoniste du film et résume à lui seul la portée et le retentissement de cet assassinat.

Basse-Pointe est une commune du Nord de l’île.

Le 6 septembre 1948, en Martinique, dans le cadre d’une grève sur une habitation sucrière, l’Habitation Leyritz, à Basse-Pointe, un géreur, blanc créole, est assassiné de 36 coups de coutelas et retrouvé mort dans un champ de cannes de la plantation qu’il administre. Après une chasse à l’homme, 16 coupeurs de cannes syndiqués sont arrêtés et maintenus en détention préventive pendant trois ans…”

Au détour des archives personnelles de Me Georges Gratiant, l’un des acteurs clé du procès qui s’ouvrira à Bordeaux plus de trois ans après les faits, Camille Mauduech va découvrir l’histoire de ce meurtre jamais élucidé et prendre la décision d’exhumer un pan encore méconnu du grand public de notre Histoire post coloniale. (more…)

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