Archives mensuelles:

Phase 3 m’a laissé un lien…

Vendredi, avril 4th, 2008

Pas un mot, pas une phrase, juste un lien…

J’ai d’abord pensé à un spam. Un commentaire avec juste un lien ? Le spam classique. Je ne l’ai donc pas validé (sans m’étonner plus que ça qu’il ait passé mon anti-spam) avant de reconnaître plus tard - via mon alerte messagerie concernant l’arrivée d’un nouveau commentaire en attente de modération (les blogueurs comprendront) - une adresse de blog 20six.fr et d’être intriguée par le terme “schizophrenia” que contenait l’url. Ma curiosité à fait le reste.

Je ne connais pas Phase 3. Il a laissé son lien dans un commentaire sur mon billet “Schizophrenie“. Juste un lien donc: celui là.

Pourquoi je vous en parle ? Parce que je n’avais aucune raison de ne pas le modérer ce commentaire finalement et puis peut-être parce que j’avoue m’être sentie un peu mal par rapport aux histoires et aux souffrances racontées par ces véritables schizophrènes alors que moi je m’en amusais… sans méchanceté aucune mais bon…

Maintenant, je vis la schizophrénie au jour le jour, je ne me pose plus de questions, j’ai fini par accepter ce triste sort, la différence, le traitement médicamenteux et le suivi thérapeutique. Mais je vis mal, je me sens mal, j’ai beaucoup d’angoisses, j’entends les voix encore, tous les matins quand je me lève, des insultes violentes de la part de voix féminines et masculines. Honnêtement, si ce n’étaient pas des hallucinations auditives mais des êtres de chairs et de sang, je les aurais assassinées quitte à faire de la prison. J’aurai plaidé coupable sous le joug d’un harcèlement moral. Alors je relativise, je fais des efforts pour ne pas écouter sur ce que j’entends et je me précipite sur les médicaments du petit déjeuner. C’est une véritable torture mentale et personnellement je n’ai jamais connu pire souffrance. Il m’arrive encore parfois de leur parler, de les insulter aussi pour les faire taire car c’est à se taper la tête contre les murs.

Mes angoisses sont basées sur le rapport relationnel avec les personnes que je suis amené à rencontrer, avec lesquelles je suis amené à parler. Je ne supporte pas encore la vie sociale, elle me rend malade, c’est une souffrance qui occulte mes relations avec autrui. Les angoisses font parties de la schizophrénie et à force d’analyser, de discuter avec ma psychiatre, le docteur Job de l’hôpital psychiatrique de jour Pierre Janet, je suis convaincu que ces voix sont l’expression de mes propres angoisses. Difficile de pousser l’analyse plus loin car je ne suis pas médecin. Tout ce que je sais, d’après le docteur Job, est que je ne suis pas paranoïaque au sens médical du terme, simplement schizophrène paranoïde, à ne pas confondre, aucun rapport avec la paranoïa propre.

En ce moment je bois énormément d’alcool car c’est un puissant anxiogène, jusqu’à l’euphorie qui est un autre symptôme de cette maudite maladie, je retrouve un peu de joie de vivre dans l’alcool. Une bouteille de whisky me fait 2 à 3 jours. Je fume aussi beaucoup de Haschich, quand j’en trouve, je suis capable de fumer jusqu’à 6 grammes par jour, cela m’apaise beaucoup, me détends, calme les voix hallucinatoires dans ma tête jusqu’à ne plus les entendre et cela me rassure de savoir que la plupart des schizophrènes sont de gros consommateurs de drogues en tout genre, même si je ne devrais pas. L’année dernière j’ai tapé quelques traits d’héroïne et de cocaïne, et au Maroc quelques boulettes d’opium. C’était un soulagement profond que de consommer des opiacés, dérivés de la morphine mais après il fallait retourner de plein pieds dans la réalité. (lateralus)

C’était donc juste pour dire à Phase 3 que j’ai eu son message.

“Why has sex become a taboo ?” par Paulo Coelho

Vendredi, mars 28th, 2008

Paulo Coelho a un blog. Un blog où il parle également (mais pas seulement) de sexe. De sexe certes mais sous forme de retranscriptions de conversations aux accents métaphysiques qu’il aurait eu avec un mystérieux J. de 1982 à 1990. Retranscription d’un dialogue donc. Le titre de ces billets ? “Conversation with the Master - Sex“. La question de départ ? “Why has sex become a taboo ?

Extraits traduits du second billet dédié:

- On devrait prendre conscience que, lorsque deux corps se rencontrent, ils entrent ensemble en territoire inconnu. Transformer cela en expérience quotidienne, c’est perdre le côté merveilleux de l’aventure.

- Y a-t-il une solution ?

- La première : vous n’êtes pas seul. Si l’autre personne vous aime, lui ou elle partage les mêmes doutes, aussi sûr que vous avez l’air de paraître.

La seconde est : ouvrir la boîte secrète de vos fantasmes, et n’ayez pas peur de les accepter. Les normes sexuelles, ça n’existe pas, vous devez trouver les vôtres, et respecter une seule condition : ne jamais rien faire sans le consentement de l’autre.

La troisième : sanctifier ce qui est sacré. Soyez créatif, purifier votre âme à travers des rituels que vous inventerez - comme créer un espace sacré, faire des offrandes, apprendre à rire ensemble, afin de laisser tomber la barrière de l’inhibition. Comprendre que ce que l’on fait est la manifestation de l’énergie divine.

La quatrième : explorez votre côté opposé. Si vous êtes un homme, cherchez quelques fois à penser et agir comme une femme, et vice versa.

La cinquième : comprendre que l’orgasme physique n’est pas exactement le seul objectif de l’acte sexuel, mais sa conséquence, qui peut avoir lieu ou non. Le plaisir n’a rien à voir avec l’orgasme, mais avec la rencontre.

La sixième : soyez telle une rivière, coulant entre deux rives opposées, comme la montagne et le sable. D’un côté, la tension naturelle, de l’autre, la relaxation totale.

La septième : identifiez vos peurs, partagez-les avec votre partenaire.

Et finalement, la huitième : donnez-vous le droit au plaisir. Aussi anxieux que vous êtes à donner, l’autre désire exactement la même chose. Si, lorsque deux corps se rencontrent, tous deux veulent donner et recevoir, tous les problèmes disparaissent.

Alexander Lowen disait que le comportement naturel de l’homme est ouvert à la vie et l’amour. Cependant, notre culture nous a forcé à croire qu’il n’en était pas ainsi, que nous devions rester fermés et méfiants. Nous pensons qu’en agissant de cette façon, nous ne serons pas blessés par les surprises de la vie. Mais ce qui se passe, c’est que nous ne tirons aucun avantage de nos vies.

J’aurais tendance à être assez d’accord avec ce qui est dit et à considérer que ces “principes/conseils” sont valables quelque soit la sexualité embrassée. Maintenant je sais être en présence d’un écrivain qui a effectué un retour au catholicisme mais je ne suis pas sûre qu’ils soient formulés dans le cadre du respect de la position du missionnaire prônée par l’Eglise romaine (aux dernières nouvelles qui sont parvenues jusqu’à moi).

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