Archives de la catégorie 'Vu, lu, entendu'

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J’ai vu “Horton”… peut-on dire du mal d’une oeuvre dont on n’est pas le public cible ?

Mardi, avril 8th, 2008

Pour moi la réponse est oui.

Ceci dit, les gamins du public ont adoré…

Imaginatif et extravagant, Horton est un éléphant qui sait prendre la vie du bon côté. Lorsqu’il entend un appel au secours en provenance d’un tout petit grain de poussière flottant dans les airs, son sang ne fait qu’un tour : il est convaincu que même s’il ne peut pas la voir, il existe une forme de vie sur ce petit bout de rien.
Horton ne se trompe pas : c’est même une ville qui y est installée, Zouville, et cette cité et ses microscopiques habitants, les Zous, sont en grand danger ! Mais lorsque Horton répand la nouvelle auprès des autres animaux de la jungle de Nool, personne ne le croit. Certains menacent même de détruire le grain de poussière !
Horton décide alors de tout faire pour protéger ses nouveaux amis et si leur monde est minuscule, leurs aventures s’annoncent gigantesques…

Pourtant je me faisais une joie de le voir… ou peut-être “parce que” je me faisais une joie de le voir, tiens…

Je ne vais pas m’attarder et, histoire de le conclure avant de le commencer ce billet, disons que les enfants vont probablement se régaler alors que l’ennui vous guettera sûrement… si vous avez plus de 10 ans.

Disons juste qu’au cinéma, et encore plus en matière de dessin animé ou de film d’animation, un bon méchant (avec de bonnes raisons de l’être) est une donnée clé. Ici c’est raté (et c’est assez rare pour être souligné). Ca ne pardonne pas. Si vous rajoutez l’absence de second degré qui fait de “L’âge de glace” (même studo - Blue Sky - ), de “Shreck”, du “Monde de Némo”, de “Madagascar” ou de “Ratatouille” plus récemment un régal pour les grands en plus d’être en enchantement pour les petits…

J’ai également nettement préféré le monde, l’histoire et les personnages de Zous que ceux de l’univers de Horton (ainsi que l’image tiens, j’ai trouvé la jungle d’Horton trop “plastifiée”; la qualité des images de synthèse sur certaine scènes tendant à laisser qu’il s’agit d’un parti pris artistique). Ceci peut-être parce que j’ai retrouvé avec bonheur l’extravagance des personnages de Dr Seuss et découvert que le Grinch et les habitants de Whoville sont des Zous. Si ce n’est pas le cas la ressemblance est frappante (sans parler des mimiques) !

Mention spéciale aux passages avec les changements de genre (clin d’oeil à l’animation japonaise et aux manga à la Astro boy) “Tueurs-nés“-style pour illustrer les délires imaginatifs d’Horton (je ne sais pas ce qu’il prend cet éléphant mais ça à l’air puissant !)

C’est tout.

Le reste est too much… et puis un peu lourd. J’en veux pour preuve une morale non pas sous-jacente ou suggérée mais martelée ! C’est gonflant à force.

Non vraiment, je ne l’ai même pas trouvé drôle.

Dernière chose: j’ai eu énormément de mal avec la voix de Dany Boon (qui double Horton).

J’ai vu “Taken”… pathétique…

Jeudi, avril 3rd, 2008

Passe pour le scénario en lui-même, énième version du héros qui veut et va (of course) sauver un membre de sa famille envers et contre tout (et tous en général) quitte au passage à piétiner codes et lois, mais cette fois le message véhiculé (même pas de manière subliminale) est douteux sinon scandaleux.

\Que peut-on imaginer de pire pour un père que d’assister impuissant à l’enlèvement de sa fille via un téléphone portable ? C’est le cauchemar vécu par Bryan, ancien agent des services secrets américains, qui n’a que quelques heures pour arracher Kim des mains d’un redoutable gang spécialisé dans la traite des femmes. Premier problème à résoudre : il est à Los Angeles, elle vient de se faire enlever à Paris.

Attention, que ma remarque du début ne vous induise pas en erreur: le film est nul (en plus d’être manichéen); les quelques scènes de combat au corps à corps et de poursuites effrénées ne suffisant pas à gommer cet état de fait. J’aurais pu m’arrêter là et ne pas tirer plus que ça sur l’ambulance mais c’est quand même un peu la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Je vous refait le synopsis en slow motion avec des spoilers dedans ?

Voilà ex-agent du gouvernement américain (apparemment spécialisé dans les sales besognes pour préserver son pays […]

***

Vous n’allez certainement pas le croire mais ces quelques lignes tronquées (à cause d’une fausse manipulation de ma part) marquaient le début d’un de mes billet ciné les plus abouti (si, si !) ! Oui, sur cette daube de film… Ceci dit, ce n’est pas la première fois qu’une daube m’inspire.

Le récapitulatif de départ du synopsis se voulait cinglant et sanglant en essayant de démontrer l’incurie du scénario allié à un France-bashing digne des années Freedom-fries. En gros, les Français sont toujours aussi lâches et ingrats en plus d’être incompétents et corrompus. Conséquence ? La pire qui soit: ils ne sont même plus maîtres chez eux ! Du coup rien d’étonnant à ce qu’une jeune américaine de bonne famille et de bonne éducation se fasse enlevée dans une des villes les plus inhospitalières (car gangrenée d’étrangers malfaisants) au monde (que dis-je au sein de la galaxie toute entière): Paris. Vous pensez bien que son père ex super agent du gouvernement américain (chargé des sales besognes pour son pays et expert Es combat au corps à corps à mains nues) va se faire une joie de kärchériser d’éradiquer cette racaille pour retrouver sa fille par tous les moyens possibles et imaginables !

Moyens impliquant (of course) la torture justifiée par le statut de barbares des étrangers à qui notre “héros” à affaire et par le facteur temps (c’est une course contre la montre) d’où ma référence à un article du Monde intitulé “La jurisprudence Jack Bauer” dont je citais d’ailleurs les extraits suivants:

Il est vrai que George W. Bush est en fin de mandat et que sa popularité, au plus bas, ne peut guère en souffrir, mais une telle décision [décision de s’opposer au texte de loi voté par le Congrès, interdisant la pratique du “waterboarding”, une simulation de noyade assimilée à un acte de torture par le manuel pratique de l’armée américaine] aurait été impossible si elle ne s’inscrivait dans un horizon d’attente marqué par un profond changement des normes et des valeurs éthiques acceptées par l’opinion américaine.

En attestent par exemple les innombrables scènes de torture dans les séries télévisées comme “24 heures chrono”, “Lost”, “Alias” ou “Law and Order”. De 2002 à 2005, pas moins de 624 scènes de torture ont été ainsi diffusées aux heures de grande écoute contre seulement 102 de 1996 à 2001. “Jack Bauer, le héros de “24 heures chrono,” n‘est pas un tortionnaire, déclare au New Yorker Joel Surnow, le créateur de la série, juste un citoyen qui sait se montrer convaincant quand il faut. Il paye très cher ce qu’il fait, tout ça pour sauver des millions de vies humaines. Il est l’incarnation même de la justice. Une machine à tuer dont nous rêvons tous en secret, car elle ne sanctionne que les raclures.”

[…]

Au cours d’un colloque de juristes à Ottawa en juin 2007, un juge à la Cour suprême des Etats-Unis, Antonin Scalia, a justifié l’usage de la torture en se fondant non pas sur des textes juridiques ou sur le droit international, mais sur l’exemple de Jack Bauer. L’université américaine de Georgetown propose déjà un cours destiné à étudier les questions de droit posées par la série “24 heures chrono”. Selon le magazine Slate, les cours ont lieu le mardi soir pour que les étudiants aient encore en tête l’épisode diffusé la veille sur Fox News…

C’est une claire indication de la dérive de l’administration Bush, qui, ne trouvant dans le droit international ni légitimation ni fondement, les recherche dans les fictions qu’elle inspire, instaurant une sorte d’auto-légitimation par la fiction et créant une jurisprudence basée non plus sur l’antériorité des décisions de justice, mais sur la performativité des actes fictionnels, une jurisprudence “Jack Bauer”.

Pour finir, je vidais mon chargeur (quelques balles) sur l’improbable performance d’acteur de Liam Neeson, sur les sourcils de Famke Janssen et sur cette manie de prendre des jeunes femmes d’un vingtaine d’années pour jouer les adolescentes à l’écran. Maggie Grace, 25 ans, joue quand même le rôle d’une gamine de 17 ans ! Pour palier à la pénurie d’actrices adolescentes (je ne m’explique pas ce choix sinon) il l’ont donc fringué comme une gamine de 6 ans en plus de lui faire adopter un comportement et une démarche d’attardée. Du coup chaque scène où elle se dandinait volontairement gauchement courait vers son père déclenchait chez moi un incontrôlable rire nerveux…

Au passage, j’égratignais la production et la réalisation (Europa Corp. - Luc Besson - et M6 Films et Pierre Morel) en me demandant s’il nous fallait en arriver là, nous pauvres français, pour espérer percer “aux states” sur le sillon fort lucratif du film d’action (n’hésitant pas à parler de prostitution). Que des Français donnent dans le French-bashing de bas étage je trouve ça franchement navrant. Le film sort sur les écrans US en septembre 2008… Just can’t wait… histoire de voir son score au box office.

Ma conclusion ? Je faisais allusion à un vieux proverbe chinois (sur lequel je n’arrive pas à remettre la main) qui disait il me semble “Lorsque ta compagne te fais des yeux de biche pour te convaincre, chiche écoute ta première idée… quitte à dormir sur le canapé !”.

Wanda Sykes’ detachable pu***

Lundi, mars 31st, 2008

J’adore Wanda Sykes. Le sketch qui suit est tiré de son spectacle “Sick and Tired” (2006) et me fait mourir de rire à chaque fois. C’est juste plus fort que moi…

Oh… I left it at home !… Sorry. I have absolutely nothing of value on me: I’m pussy-less !!

“Why has sex become a taboo ?” par Paulo Coelho

Vendredi, mars 28th, 2008

Paulo Coelho a un blog. Un blog où il parle également (mais pas seulement) de sexe. De sexe certes mais sous forme de retranscriptions de conversations aux accents métaphysiques qu’il aurait eu avec un mystérieux J. de 1982 à 1990. Retranscription d’un dialogue donc. Le titre de ces billets ? “Conversation with the Master - Sex“. La question de départ ? “Why has sex become a taboo ?

Extraits traduits du second billet dédié:

- On devrait prendre conscience que, lorsque deux corps se rencontrent, ils entrent ensemble en territoire inconnu. Transformer cela en expérience quotidienne, c’est perdre le côté merveilleux de l’aventure.

- Y a-t-il une solution ?

- La première : vous n’êtes pas seul. Si l’autre personne vous aime, lui ou elle partage les mêmes doutes, aussi sûr que vous avez l’air de paraître.

La seconde est : ouvrir la boîte secrète de vos fantasmes, et n’ayez pas peur de les accepter. Les normes sexuelles, ça n’existe pas, vous devez trouver les vôtres, et respecter une seule condition : ne jamais rien faire sans le consentement de l’autre.

La troisième : sanctifier ce qui est sacré. Soyez créatif, purifier votre âme à travers des rituels que vous inventerez - comme créer un espace sacré, faire des offrandes, apprendre à rire ensemble, afin de laisser tomber la barrière de l’inhibition. Comprendre que ce que l’on fait est la manifestation de l’énergie divine.

La quatrième : explorez votre côté opposé. Si vous êtes un homme, cherchez quelques fois à penser et agir comme une femme, et vice versa.

La cinquième : comprendre que l’orgasme physique n’est pas exactement le seul objectif de l’acte sexuel, mais sa conséquence, qui peut avoir lieu ou non. Le plaisir n’a rien à voir avec l’orgasme, mais avec la rencontre.

La sixième : soyez telle une rivière, coulant entre deux rives opposées, comme la montagne et le sable. D’un côté, la tension naturelle, de l’autre, la relaxation totale.

La septième : identifiez vos peurs, partagez-les avec votre partenaire.

Et finalement, la huitième : donnez-vous le droit au plaisir. Aussi anxieux que vous êtes à donner, l’autre désire exactement la même chose. Si, lorsque deux corps se rencontrent, tous deux veulent donner et recevoir, tous les problèmes disparaissent.

Alexander Lowen disait que le comportement naturel de l’homme est ouvert à la vie et l’amour. Cependant, notre culture nous a forcé à croire qu’il n’en était pas ainsi, que nous devions rester fermés et méfiants. Nous pensons qu’en agissant de cette façon, nous ne serons pas blessés par les surprises de la vie. Mais ce qui se passe, c’est que nous ne tirons aucun avantage de nos vies.

J’aurais tendance à être assez d’accord avec ce qui est dit et à considérer que ces “principes/conseils” sont valables quelque soit la sexualité embrassée. Maintenant je sais être en présence d’un écrivain qui a effectué un retour au catholicisme mais je ne suis pas sûre qu’ils soient formulés dans le cadre du respect de la position du missionnaire prônée par l’Eglise romaine (aux dernières nouvelles qui sont parvenues jusqu’à moi).

J’ai vu “Bienvenue chez les Ch’tis” un film tendre et drôle ou vice versa…

Jeudi, mars 27th, 2008

Pourtant ce n’était pas gagné pour une raison simple: en m’asseyant, pop corn à la main, je n’arrivais plus à me rappeler de la dernière comédie française qui m’ait vraiment fait rire de bon coeur du début à la fin. Lemercier probablement. Je ne sais plus. Rajoutez à cela un tapage médiatique de tous les foins dû principalement à son succès populaire et des critiques dithyrambiques et unanimes au cours de l’émission Le Cercle sur Canal +… J’avoue que le scepticisme prévalait (trop beau pour être vrai). Anyway, plus besoin de me casser la tête, je l’ai ma référence maintenant. Il conviendra, pour moi, désormais de dire: “Je n’avais plus autant rit “français” depuis Bienvenue chez les Ch’tis !”

Bienvenue chez les Ch’tisPhilippe Abrams est directeur de la poste de Salon-de-Provence. Il est marié à Julie, dont le caractère dépressif lui rend la vie impossible. Pour lui faire plaisir, Philippe fraude afin d’obtenir une mutation sur la Côte d’Azur. Mais il est démasqué: il sera muté à Bergues, petite ville du Nord.
Pour les Abrams, sudistes pleins de préjugés, le Nord c’est l’horreur, une région glacée, peuplée d’êtres rustres, éructant un langage incompréhensible, le “cheutimi”. Philippe ira seul. A sa grande surprise, il découvre un endroit charmant, une équipe chaleureuse, des gens accueillants, et se fait un ami : Antoine, le facteur et le carillonneur du village, à la mère possessive et aux amours contrariées. Quand Philippe revient à Salon, Julie refuse de croire qu’il se plait dans le Nord. Elle pense même qu’il lui ment pour la ménager. Pour la satisfaire et se simplifier la vie, Philippe lui fait croire qu’en effet, il vit un enfer à Bergues. Dès lors, sa vie s’enfonce dans un mensonge confortable…

Plus de 14 600 000 entrées en un mois plus une donc (”La grande vadrouille” en tête du palmarès des films français depuis plus de 40 ans avec plus de 17 000 000 d’entrées). Je ne pense pas me tromper en pensant que vous allez en lire des tonnes dessus, si ce n’est déjà fait… avec raison. Juste ce qu’il n’est pas alors:

ce n’est pas une succession de blagues plus ou moins réussies accolées les unes aux autres,

ce n’est pas une énième tentative d’acteur-réalisateur de se mettre en valeur via son propre film,

ce n’est pas un film qui se prend au sérieux même si on sent bien que le réalisateur à un message (on ne peut plus clair) à faire passer sur sa région natale,

mais il n’est pas non plus exempt de tout cliché (ce serait trop facile) sauf qu’ils sont traités sans méchanceté et par quelqu’un du coin.

Autre chose (pour ceux que ce facteur inquiète): à l’origine, je ne suis pas fan de l’humour de Dany Boon !

A part ça ? Un casting aux petits oignons et une sauce qui prend. Des situations vraiment cocasses qui font que vous vous retrouvez à rire de bon coeur; aux éclats parfois. Un vrai plaisir enrobé de tendresse. Conquise je suis.

J’imagine bien un film du même genre pour les Antilles. Pour ceux qui quand ils obtiennent leur mutation pensent débarquer:
a) au club Med. (sandales et baggy ou paréo pour aller au boulot c’est tellement plus adapté dans ce genre de contrées),
b) en pleine jungle amazonienne (trou paumé presque sans eau, sans électricité, sans téléphone où il va falloir parler petit nègre pour se faire comprendre et faire du troc pour manger).
Et puis les Antillais c’est bien connu, ça glande, ça rigole et ça attend sur la Métropole pour vivre (syndrome “j’vais tous te les mettre au boulot ces faignants !”)!

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