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Quid du mariage et de la virginité alors ?

Dimanche, juin 1st, 2008

Le phénomène des blogs a ceci d’intéressant qu’il permet la vulgarisation, grâce à certains auteurs pédagogues et très talentueux en plus d’être compétents, de matières qui peuvent paraître ardues sinon rébarbatives au commun des mortels. En droit, deux blogs de qualité retiennent mon attention et me permettent de me garder de conclusions hâtives, en attendant que l’un ou l’autre veuille bien éclairer ma lanterne sur le sujet du moment en général en rapport avec l’actualité, avant de me faire une opinion “définitive” (qui n’engage que moi of course).

Sur l’affaire, qui a fait couler beaucoup trop d’encre cette semaine, pour être honnête ou du moins pour ne pas se faire l’écho d’un certain nombre de sourdes inquiétudes (je reviendrais là dessus), à savoir l’annulation d’un mariage pour défaut de virginité en l’occurrence, je retiens donc ces deux avis de juristes.

Le premier est celui de maître Eolas (qu’on ne présente plus):

Ce jugement ne dit absolument pas que le mariage d’une femme non vierge est nul, ni que la virginité est une qualité essentielle de la femme. Il dit ceci et rien d’autre. Madame Y… a menti à Monsieur X… sur un point qu’elle savait très important pour lui. Elle savait que si Monsieur X… avait su la vérité, il ne l’aurait probablement pas épousé. Et d’en tirer les conséquences légales que lui demandent les deux époux dans ce qui après tout est leur vie.
(Journal d’un avocat, N’y a-t-il que les vierges qui puissent se marier ?)

Le second c’est celui de Jules (qu’on présente encore ?):

Les juges ont en effet appliqué le second alinéa de l’article 180 du Code civil :

S’il y a eu erreur dans la personne, ou sur des qualités essentielles de la personne, l’autre époux peut demander la nullité du mariage.

Autrement dit, lorsque l’un des époux commet une erreur sur l’identité — c’est rare — de la personne ou sur ses “qualités essentielles”, il peut solliciter l’annulation du mariage. Tout se passera comme si le mariage n’avait pas eu lieu, faute d’avoir été consenti valablement.

La première question, bien sûr, est de savoir quelles sont les “qualités essentielles” d’une personne.

Et cette réponse n’admet pas de réponse tranchée.
Diner’s room, “La virginité de la femme est-elle une condition du mariage

Point. Ca a le mérite d’être clair, non ?

Qu’est-ce qui cloche alors ? Pourquoi ce malaise persistant face à cette décision qui, nous assure t-on, n’a rien d’une gageure tout du moins en terme de droit (et de son évolution) ? Pourquoi est-ce que je continue à penser “répudiation” et à m’inquiéter des effets d’une telle jurisprudence alors qu’en commentaire des billets cités précédemment on m’assure du contraire ? Et quand je dis “répudiation” je ne pense pas seulement aux musulmans parce que cela m’étonnerait que cette affaire n’ait intéressé que les partisans d’un Islam radical; certains courants catholiques n’ayant absolument rien à leur envier dès qu’il s’agit d’intégrisme.

Pour ma part (je dis bien en ce qui me concerne), je l’attribue au climat de méfiance qui s’est installé depuis la sortie polémique (à juste titre) de notre cher président à Saint-Jean-de-Latran, en janvier de cette année, sur la “laïcité positive” et la place des religions notamment dans une période ou ces dernières ne s’immiscent à mon sens que trop dans la vie sociale. Rajoutez à cela (faute à un timing malheureux ?) les trois arrêts de la cour de cassation rendus en février sur l’enfant né sans vie interprétés, à tort, comme les débuts d’une tentative de légifération sur le statut de l’embryon (prélude à une attaque sérieuse contre le droit à l’avortement) et ça commence à faire un peu beaucoup en un peu plus d’un an de règne présidence. Don’t get me wrong, je ne suis pas en train de dire qu’il a le moindre rapport avec les décisions judiciaires rendues. Je dis qu’il y a longtemps qu’en France des décisions/discours n’avaient pas semblé être aussi favorables aux religions tout en coïncidant bizarrement à ce qui peut être assimilé à une menace diffuse notamment pour les droits des femmes. Droits, je le rappelle, conquis de haute lutte justement grâce à un laïcisation de la société française et à une stricte séparation de l’Eglise et de l’Etat soit la seule laïcité qui ai mes faveurs: la laïcité républicaine.

Du droit à l’avortement en passant par le principe de mixité des classes pour finir avec cette dernière polémique; tout paraît désormais bien incertain, à tort certainement, mais que voulez-vous, le ver de la suspicion est dans le fruit. Tout du moins me concernant.

Comme en quarante…

Mercredi, mai 28th, 2008

Comme en 1965 devrais-je dire… Il fait la Une du France-Antilles comme en 1965. A l’époque, il avait 22 ans.

Aujourd’hui la Martinique a “célébré” le retour au bercail d’une des stars de son histoire criminelle: Pierre-Just Marny alias “la Panthère Noire”. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, par la cour d’Assises de Paris en 1969, le plus ancien détenu de France a donc obtenu son transfèrement (vraisemblablement contre l’avis du parquet de Fort-de-France) sur son île natale et loge désormais au sein du Service Médico-Psychologique Régional du Centre Pénitentiaire de Ducos.

La Panthère Noire… Réclusion criminelle à perpétuité… Service médico-psychologique… Qu’a t-il donc fait ??

Allez, je ne vais pas vous la jouer “Faites entrer l’accusé” plus longtemps vu que je n’ai pas le talent d’un Christophe Hondelatte. Reprenons du début voulez-vous ?

En 1963, Pierre-Just Marny comparait devant le tribunal correctionnel de Fort-de-France, en compagnie de quelques complices, pour une série de vol de voitures dont ils se sont rendus coupables. Il accepte vraisemblablement d’endosser l’entière responsabilité des faits en échange de sa part du butin (et plus ?) à sa sortie de prison. Première version appréciée des Martiniquais en mal de scénarios hollywoodiens. Il est chargé par ses comparses mais décide de se taire histoire de régler ses comptes plus tard parce que la vengeance est un plat qui se mange froid. Deuxième version appréciée des suppôts de l’Etat français colonialiste. Toujours est-il qu’il est condamné à 4 ans de prison dont 2 avec sursis. C’est donc 2 ans plus tard (le 2 septembre 1965) qu’il se met à la recherche de ses comparses. Et c’est là que les choses vont mal tourner et les événements se précipiter.

Marny a effet une réputation de caïd qui ne semble pas usurpée. Devant l’accueil et/ou les réponses reçus, c’est bientôt armé d’un fusil qu’il continue ses recherches qui vont le mener de Schoelcher à Fort-de-France en semant la mort sur son passage au hasard. Résultat des courses: trois morts (dont un enfant) et quatre blessés.

C’est le début d’une course poursuite et d’un jeu de cache cache qui va mettre tous les gendarmes et policiers de l’île sur les dents pendant 6 jours. Le 8 septembre, il est finalement arrêté, non sans avoir ouvert le feu, et présenté au juge d’instruction le lendemain. L’affaire semble connaître son épilogue. Mais c’est sans compter sur la personnalité du jeune homme puisqu’un mois plus tard, coup de théâtre: Marny s’évade du 107 rue Victor Sévère (l’adresse de la prison à l’époque). La traque recommence; une légende naît.

L’opinion publique est alors partagée entre ceux qui éprouvent de la sympathie pour cet homme seul, ce simple Martiniquais (d’un milieu modeste de surcroît) victime de la société qui tient tête aux forces de l’ordre colonialistes et ceux qui ne voit en lui que l’assassin d’enfant, le voyou qui a mal tourné. Neg mawon (nom donné aux esclaves noirs qui s’échappaient des plantations souvent au péril de leur vie souvent pour rejoindre les hauteurs, difficilement accessibles, de l’île) ou vakabon (non, il n’y a pas de faute d’orthographe et c’est bien le mot en créole pour “vagabond” ou plutôt “voyou”) ? “La Panthère” (surnom que lui trouve un journaliste) devient bientôt “La Panthère Noire”.

La presse se déchaîne. La psychose gagne la population. Il est partout. Tout le monde l’a vu ou aperçu. Il alimente toute les conversations.

Qu’il ai bénéficié ou pas de soutiens au sein de la population, ce n’est que 9 jours plus tard que les forces de l’ordre lui remettent les menottes au poignet. Là encore, les circonstances mériteraient les faveurs d’un scénario.

En ce 19 octobre 1965, on signale sa présence dans une épicerie de Sainte-Thérèse (quartier populaire de Fort-de-France). Encerclée par les gendarmes, il refuse de se rendre et essuie une rafale qui le touche au poumon et à l’abdomen. Cette interpellation mouvementée déclenche 3 jours d’émeute à Fort-de-France avec comme prélude l’incendie de l’épicerie où se sont déroulés les faits; la patronne étant accusée de l’avoir dénoncé. Les événements feront un mort et 40 blessés…

Dès lors, pas question de le juger en Martinique. Il est donc transféré vers Paris un mois plus tard.

La suite vous la connaissez.

L’histoire pourrait s’arrêter là et Marny aurait peut-être pu être libéré plus tôt, s’il n’avait pas fait parler de lui durant ses années d’incarcération. Réputé violent, il a en effet tenté de s’évader à une autre reprise et surtout crevé l’oeil d’un de ses gardiens. Du coup, il a surtout séjourné dans des quartiers de haute sécurité et en hôpital psychiatrique (personne ne semble exactement savoir de quelle pathologie mentale il est atteint mais tout porte à croire que le traitement psychiatrique suivi soit des plus lourd).

Il est étonnant, pour moi qui n’était pas née au moment des faits, de constater à quel point cet homme est présent dans notre mémoire collective encore aujourd’hui. Paraît-il qu’on dit “an kout’ Marny…” (traduction littérale maladroite: “à la Marny”). J’ai été très surprise de constater à quel point l’évocation de son nom déchaîne encore les passions. Nèg mawon ou vakabon, la question ne semble pas plus tranchée hier qu’aujourd’hui…

Le contexte économique et social et la récupération de son histoire, à l’époque, par une certaine frange de notre échiquier politique n’arrange pas les choses à mon avis. Comme toute légende il y a certainement dû avoir des ajouts ça et là (positifs ou négatifs). On lui prête même des remords. Lors de son arrestation, il aurait en effet déclaré “La seule chose qui me fait mal au coeur c’est que j’ai tué un enfant. Mais il fallait que je me venge. Signé la panthère noire“.

Signé la Panthère Noire ??? Ca me paraît un peu gros… Fallait-il en faire un héros digne de ce nom ? That is the question.

Reste trois morts et leur assassin qui fait la Une des journaux quarante ans après…

Cannes 2008 en Martinique

Jeudi, mai 15th, 2008

22 films en compétition cette fois, 21 l’an dernier, 19 l’année d’avant… rien à faire l’inflation est partout !

Les films en compétition officielle ?

24 City - Jia Zhang Ke
Adoration - Atom Egoyan
Blindness - Fernando Meirelles
Che - Steven Soderbergh
Delta - Kornel Mundruczo
Gomorra - Matteo Garrone
Il Divo - Paolo Sorrentino
Entre les murs - Laurent Cantet
La Femme sans tête - Lucrecia Martel
La Frontière de l’aube - Philippe Garrel
Le Silence de Lorna - Jean-Pierre & Luc Dardenne
Leonera - Pablo Trapero
Les Trois singes - Nuri Bilge Ceylan
Linha de Passe - Walter Salles & Daniela Thomas
My Magic - Eric Khoo
Serbis - Brillante Mendoza
Synecdoque - Charlie Kaufman
The Changeling - Clint Eastwood
The Palermo Shooting - Wim Wenders
Two Lovers - James Gray
Un conte de Noël - Arnaud Desplechin
Valse avec Bashir - Ari Folman

Sous la présidence de Sean PENN, le jury est également composé de Jeanne BALIBAR (comédienne) de Rachid BOUCHAREB (réalisateur), de Sergio CASTELLITTO (comédien), d’Alfonso CUARON (réalisateur), de Alexandra Maria LARA (comédienne), de Natalie PORTMAN (comédienne), de Marjane SATRAPI (auteur, réalisatrice) et de Apichatpong WEERASETHAKUL (réalisateur). Le festival qui a commencé hier tirera sa révérence le 25 mai prochain avec la révélation du palmarès. Rien de nouveau sous le soleil donc…

Et pourtant, cette année je n’ai pas ce petit pincement de dépit au coeur à l’évocation des films en compétition. Rien ne me fait véritablement envie je crois. A part le Meirelles… La bonne surprise viendra peut-être, certainement même, des films hors compétition mais je n’ai pas souvenir d’un sentiment pareil chez moi à l’annonce des films en compétition. Si la morosité ambiante arrive même à avoir raison de Cannes où va t-on ??

Sinon, c’est généralement le moment où je fais le bilan des écumes de Cannes à savoir de ce qui nous est parvenu (parfois à la nage vu le temps mis à effectuer la traversée) du festival précédent. Du palmarès 2007 à part “Persépolis” (prix du jury) tous les autres sont restés à quai. Je n’ai pas souvenir d’avoir déjà vu passer la palme d’Or (”4 mois, 3 semaines et 2 jours…” pour ceux qui ne s’en souviennent plus) par exemple. Sur les 21 en compétition officielle Madiana a programmé “No Country For Old Men“, “Zodiac“, “My Blueberry Nights” et “Persépolis“. Ces quatre là j’en suis sûre, cependant ma mémoire me joue des tours concernant “We Own The Night” (”La Nuit nous Appartient”) et “Le Scaphandre et le Papillon“. Il me semble avoir eu l’occasion de les voir quelque part (dans l’avion peut-être ?)… Anyway, 4 ou 6 sur 21 c’est pas folichon.

Phase 3 m’a laissé un lien…

Vendredi, avril 4th, 2008

Pas un mot, pas une phrase, juste un lien…

J’ai d’abord pensé à un spam. Un commentaire avec juste un lien ? Le spam classique. Je ne l’ai donc pas validé (sans m’étonner plus que ça qu’il ait passé mon anti-spam) avant de reconnaître plus tard - via mon alerte messagerie concernant l’arrivée d’un nouveau commentaire en attente de modération (les blogueurs comprendront) - une adresse de blog 20six.fr et d’être intriguée par le terme “schizophrenia” que contenait l’url. Ma curiosité à fait le reste.

Je ne connais pas Phase 3. Il a laissé son lien dans un commentaire sur mon billet “Schizophrenie“. Juste un lien donc: celui là.

Pourquoi je vous en parle ? Parce que je n’avais aucune raison de ne pas le modérer ce commentaire finalement et puis peut-être parce que j’avoue m’être sentie un peu mal par rapport aux histoires et aux souffrances racontées par ces véritables schizophrènes alors que moi je m’en amusais… sans méchanceté aucune mais bon…

Maintenant, je vis la schizophrénie au jour le jour, je ne me pose plus de questions, j’ai fini par accepter ce triste sort, la différence, le traitement médicamenteux et le suivi thérapeutique. Mais je vis mal, je me sens mal, j’ai beaucoup d’angoisses, j’entends les voix encore, tous les matins quand je me lève, des insultes violentes de la part de voix féminines et masculines. Honnêtement, si ce n’étaient pas des hallucinations auditives mais des êtres de chairs et de sang, je les aurais assassinées quitte à faire de la prison. J’aurai plaidé coupable sous le joug d’un harcèlement moral. Alors je relativise, je fais des efforts pour ne pas écouter sur ce que j’entends et je me précipite sur les médicaments du petit déjeuner. C’est une véritable torture mentale et personnellement je n’ai jamais connu pire souffrance. Il m’arrive encore parfois de leur parler, de les insulter aussi pour les faire taire car c’est à se taper la tête contre les murs.

Mes angoisses sont basées sur le rapport relationnel avec les personnes que je suis amené à rencontrer, avec lesquelles je suis amené à parler. Je ne supporte pas encore la vie sociale, elle me rend malade, c’est une souffrance qui occulte mes relations avec autrui. Les angoisses font parties de la schizophrénie et à force d’analyser, de discuter avec ma psychiatre, le docteur Job de l’hôpital psychiatrique de jour Pierre Janet, je suis convaincu que ces voix sont l’expression de mes propres angoisses. Difficile de pousser l’analyse plus loin car je ne suis pas médecin. Tout ce que je sais, d’après le docteur Job, est que je ne suis pas paranoïaque au sens médical du terme, simplement schizophrène paranoïde, à ne pas confondre, aucun rapport avec la paranoïa propre.

En ce moment je bois énormément d’alcool car c’est un puissant anxiogène, jusqu’à l’euphorie qui est un autre symptôme de cette maudite maladie, je retrouve un peu de joie de vivre dans l’alcool. Une bouteille de whisky me fait 2 à 3 jours. Je fume aussi beaucoup de Haschich, quand j’en trouve, je suis capable de fumer jusqu’à 6 grammes par jour, cela m’apaise beaucoup, me détends, calme les voix hallucinatoires dans ma tête jusqu’à ne plus les entendre et cela me rassure de savoir que la plupart des schizophrènes sont de gros consommateurs de drogues en tout genre, même si je ne devrais pas. L’année dernière j’ai tapé quelques traits d’héroïne et de cocaïne, et au Maroc quelques boulettes d’opium. C’était un soulagement profond que de consommer des opiacés, dérivés de la morphine mais après il fallait retourner de plein pieds dans la réalité. (lateralus)

C’était donc juste pour dire à Phase 3 que j’ai eu son message.

L’arroseur arrosé ?

Mercredi, avril 2nd, 2008

La dépêche du jour ?

VERSAILLES (AFP) - La cour d’appel de Versailles a reconnu mercredi Renault coupable de discrimination raciale envers deux ex-salariés, déboutés en première instance, qui estimaient avoir eu des carrières moins intéressantes que leurs collègues blancs à cause de leur origine.

[...]

“La société Renault doit réparer le préjudice subi par M. Kotor et M. Breleur du fait de blocage de leur carrière et du maintien de leur rémunération à un niveau de ce qu’il aurait dû être”, a estimé la Cour dans son arrêt dont l’AFP a eu copie.

[...]

Dans son arrêt, la Cour a estimé que “Renault n’apporte pas la preuve qu’il lui incombe, que la différence de traitement entre M. Breleur et M. Kotor et les autres salariés est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination fondée sur l’appartenance ou la non-appartenance vraie ou supposée de ces deux salariés à une ethnie, une nation ou une race”.

“Il revenait à Renault de prouver que ces deux salariés pourtant bien évalués, motivés et bons équipiers, n’avaient pas été bloqués dans leur carrière à cause de leur origine”, a expliqué Me Florence Laussucq [conseil des deux ex-salariés].

“En l’absence de preuve, Renault est implicitement reconnu coupable de discrimination raciale”, a-t-elle ajouté.

Après l’étude d’un échantillon d’évolution de carrière de dix salariés, il apparaît selon la Cour que “les autres salariés ont tous eu une évolution plus importante que celle de M. Breleur et Kotor”, alors même que ces derniers étaient bien évalués.

Un représentant du personnel avait par ailleurs versé au dossier une attestation qui rapportait que M. Kotor avait été traité de “singe” et de “bougre de nègre” par sa hiérarchie.

Voyez-vous ça…

Voyez-vous ça parce que c’est quand même, Louis Schweitzer, actuel président de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations), qui présidait à la destinée de Renault de 1992 à 2005 et qui en préside d’ailleurs encore le conseil d’administration. Si pour lui, malgré les éléments présentés et la condamnation, sa défense consiste à dire que l’entreprise “avait toujours condamné le racisme sous toutes ses formes”, et ne pratiquait “en aucun cas la discrimination raciale” – le groupe renchérissant dans un communiqué en expliquant que “Le groupe a pour objectif de faire progresser ses collaborateurs sans autre distinction que celle fondée sur leur mérite et leur réussite”, et en précisant que le constructeur automobile avait signé la Déclaration des droits sociaux fondamentaux avec les syndicats mondiaux de la métallurgie et ceux de Renault, ainsi que la charte de la diversité en France – je peux comprendre les actuelles difficultés d’un projet qui pourtant semble lui tenir à cœur: le fameux “testing anti-discrimination”! (more…)

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