Archives de la catégorie 'Point de vue'

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Municipales 2008 en Martinique: entre deux tours

Mercredi, mars 12th, 2008

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe: Anicet Turinay, maire divers droite du Gros-Morne, renonce à briguer un nouveau mandat alors qu’il était en ballottage (défavorable certes mais ballottage quand même); Albert Jean-Zéphitin, ex-conseiller général au Gros-Morne et premier adjoint au maire, le devançant de près de 700 voix. Personne ne s’y attendait. Les regards étaient même plutôt tournés vers l’attitude du troisième larron en la personne de Max Lordelot (maintient ou alliance). Raison évoquée par Monsieur Turinay ? Tenez-vous bien: sa famille craint pour sa vie. Oui, en fait la proclamation des résultats s’est vraisemblablement déroulée dans un climat assez houleux entre partisans. Certains parlent même d’intimidations mais chacun a, comme toujours, de bonnes raisons pour s’être comporté comme il l’a fait ! Bref. Le Gros-Morne risque donc fort de basculer à gauche ce dimanche et de tourner une page de son histoire politique vieille de… 25 ans…
Les mauvaises langues disent qu’il sentait poindre une défaite cinglante. Je ne suis pas si mauvaise…

Bon du coup, au Gros-Morne Albert Jean-Zéphirin (42,09% des suffrages exprimés au premier tour) affrontera Lordelot (13,91%). Deux sons de cloche quand à d’éventuelles consignes de vote données par le futur ex-maire du Gros-Morne: un premier qui voudrait qu’il n’ai donné aucune consigne; un second parlant d’un appel en faveur de Lordelot ou plutôt contre Jean-Zéphirin (son ancien premier adjoint). Rappelons que Lordelot est un “sans étiquette” proche des indépendantistes. Un maire de droite qui aurait appelé à voter pour un candidat à la gauche extrême de l’échiquier politique martiniquais… Rien que ça.

Pour finir, il semblerait qu’Anicet Turinay veuille également abandonner la présidence des Forces Martiniquaises de Progrès parti qu’il a lui même crée.

Je rappelle que, pour des raisons de commodités pour mes lecteurs non avertis, j’ai considérablement simplifié l’échiquier politique martiniquais (où une chatte ne retrouverait pas ses petits à gauche notamment) quitte à passer à côté de certaines nuances. Pour ceux qui n’y connaissent rien et qui veulent s’y frotter, commencez par l’article dédié de wiki (qui comporte quelques coquilles) et si le coeur vous en dit toujours… on verra. J’ai quand même pris soin de différencier nos indépendantistes qui sont à gauche sur notre échiquier (et oui !). (more…)

Municipales 2008 en Martinique: premier tour

Lundi, mars 10th, 2008

Ils étaient 110 têtes de liste à briguer un mandat pour présider à la destinée de l’une des 34 communes de l’île.

23 ont été élus au premier tour dont 5 pour la toute première fois. Les nouveaux venus sont: Justin Pamphile (Lorrain), Jenny Dulys (Morne Rouge), Marcellin Nadeau (Prêcheur), Felix Ismain (Bellefontaine) et Gilbert Eustache (Diamant).

Il faisait donc bon être maire sortant puisque ces dernier ont été 18, sur les 31 qui se représentaient, à bénéficier de nouveau de la confiance de leurs administrés soit:

Ajoupa Bouillon: Maurice Bonté,
Anses d’Arlet: Eugène Larcher,
Basse-Pointe: André Charpentier,
Fonds Saint-Denis: Max Nelzy,
Fort de France: Serge Letchimy,
François: Maurice Antiste,
Grand-Rivière : Joachim Bouquety,
Lamentin: Pierre Samot,
Macouba: Sainte-Rose Cakin,
Marigot: Ange Lavenaire,
Marin: Rodolphe Désiré,
Morne-Vert: Max Nelzy,
Rivière-Pilote: Lucien Veilleur,
Robert: Alfred Monthieux,
Saint-Joseph: Athanase Jeanne-Rose,
Saint-Pierre: Raphaël Martine,
Trinité: Louis-Joseph Manscour,
Vauclin: Raymond Occolier. (more…)

Lettre LXXXI de La Marquise de Merteuil au Vicomte de Valmont

Samedi, mars 8th, 2008

Paris, 20 septembre 17**.

Que vos craintes me causent de pitié ! Combien elles me prouvent ma supériorité sur vous ! et vous voulez m’enseigner, me conduire ! Ah ! mon pauvre Valmont, quelle distance il y a encore de vous à moi ! Non, tout l’orgueil de votre sexe ne suffirait pas pour remplir l’intervalle qui nous sépare. Parce que vous ne pourriez exécuter mes projets, vous les jugez impossibles ! Etre orgueilleux et faible, il te sied bien de vouloir calculer mes moyens et juger de mes ressources ! Au vrai, Vicomte, vos conseils m’ont donné de l’humeur, et je ne puis vous le cacher.

[…]

Et qu’avez-vous donc fait, que je n’aie surpassé mille fois ? Vous avez séduit, perdu même beaucoup de femmes: mais quelles difficultés avez-vous eues à vaincre ? quels obstacles à surmonter ? où est là le mérite qui soit véritablement à vous? Une belle figure, pur effet du hasard; des grâces, que l’usage donne presque toujours; de l’esprit à la vérité, mais auquel du jargon suppléerait au besoin; une impudence assez louable, mais peut-être uniquement due à la facilité de vos premiers succès; si je ne me trompe, voilà tous vos moyens: car pour la célébrité que vous avez pu acquérir, vous n’exigerez pas, je crois, que je compte pour beaucoup l’art de faire naître ou de saisir l’occasion d’un scandale.

[…]

Croyez-moi, Vicomte, on acquiert rarement les qualités dont on peut se passer. Combattant sans risque, vous devez agir sans précaution. En effet, pour vous autres hommes, les défaites ne sont que des succès de moins. Dans cette partie si inégale, notre fortune est de ne pas perdre, et votre malheur de ne pas gagner. Quand je vous accorderais autant de talents qu’à nous, de combien encore ne devrions-nous pas vous surpasser, par la nécessité où nous sommes d’en faire un continuel usage !

Supposons, j’y consens, que vous mettiez autant d’adresse à nous vaincre que nous à nous défendre ou à céder, vous conviendrez au moins qu’elle vous devient inutile après le succès. Uniquement occupé de votre nouveau goût, vous vous y livrez sans crainte, sans réserve: ce n’est pas à vous que sa durée importe.

En effet, ces liens réciproquement donnés et reçus, pour parler le jargon de l’amour, vous seul pouvez, à votre choix, les resserrer ou les rompre: heureuses encore, si dans votre légèreté, préférant le mystère à l’éclat, vous vous contentez d’un abandon humiliant, et ne faites pas de l’idole de la veille la victime du lendemain !

Mais qu’une femme infortunée sente la première le poids de sa chaîne, quels risques n’a-t-elle pas à courir, si elle tente de s’y soustraire, si elle ose seulement la soulever? Ce n’est qu’en tremblant qu’elle essaie d’éloigner d’elle l’homme que son cœur repousse avec effort. S’obstine-t-il à rester, ce qu’elle accordait à l’amour, il faut le livrer à la crainte: Ses bras s’ouvrent encor quand son cœur est fermé. Sa prudence doit dénouer avec adresse, ces mêmes liens que vous auriez rompus. A la merci de son ennemi, elle est sans ressource, s’il est sans générosité; et comment en espérer de lui, lorsque, si quelquefois on le loue d’en avoir, jamais pourtant on ne le blâme d’en manquer ?

Sans doute vous ne nierez pas ces vérités que leur évidence a rendues triviales. Si pourtant vous m’avez vue, disposant des événements et des opinions, faire de ces hommes si redoutables les jouets de mes caprices ou de mes fantaisies; ôter aux uns la volonté de me nuire, aux autres la puissance; si j’ai su tour à tour, et suivant mes goûts mobiles, attacher à ma suite ou rejeter loin de moi ces tyrans détrônés devenus mes esclaves; si, au milieu de ces révolutions fréquentes, ma réputation s’est pourtant conservée pure, n’avez-vous pas dû en conclure que, née pour venger mon sexe et maîtriser le vôtre, j’avais su me créer des moyens inconnus jusqu’à moi ?

Ah! gardez vos conseils et vos craintes pour ces femmes à délire, et qui se disent à sentiments, dont l’imagination exaltée ferait croire que la nature a placé leurs sens dans leur tête; qui n’ayant jamais réfléchi, confondent sans cesse l’amour et l’amant; qui, dans leur folle illusion, croient que celui-là seul avec qui elles ont cherché le plaisir en est l’unique dépositaire; et, vraies superstitieuses, ont pour le prêtre, le respect et la foi qui n’est dû qu’à la divinité.

Craignez encore pour celles qui, plus vaines que prudentes, ne savent pas au besoin consentir à se faire quitter.

Tremblez surtout pour ces femmes actives dans leur oisiveté, que vous nommez sensibles, et dont l’amour s’empare si facilement de toute l’existence; qui sentent le besoin de s’en occuper encore, même alors qu’elles n’en jouissent pas; et s’abandonnant sans réserve à la fermentation de leurs idées, enfantent par elles ces lettres brûlantes, si douces, mais si dangereuses à écrire; et ne craignent pas de confier ces preuves de leur faiblesse à l’objet qui les cause: imprudentes, qui dans leur amant actuel ne savent pas voir leur ennemi futur !

Mais moi, qu’ai-je de commun avec ces femmes inconsidérées ? Quand m’avez-vous vue m’écarter des règles que je me suis prescrites et manquer à mes principes ? je dis mes principes, et je le dis à dessein: car ils ne sont pas, comme ceux des autres femmes, donnés au hasard, reçus sans examen et suivis par habitude; ils sont le fruit de mes profondes réflexions; je les ai créés, et je puis dire que je suis mon ouvrage.
(”Les liaisons dangereuses“, Choderlos de Laclos, 1782)

La lettre dans son intégralité ici et un commentaire très intéressant .

“That’s not what I meant !”

Jeudi, mars 6th, 2008

J’adore Margaret Cho. Thanks to Matoo, elle est très vite entrée au panthéon de mes comiques américains (on y trouve également Chris Rock, Sarah Silverman…) Cette humour noir, ce petit côté provocant, sa capacité à rester sérieuse en disant des énormités (ils l’ont tous ça mais bon): j’adore ! Son sketch sur son expérience de comique (”stand up” en anglais) sur un bateau dans le cadre d’une croisière pour lesbiennes est à mourir de rire ! D’anthologie ! N’hésitez pas à l’écouter chez Matoo ! Vous l’avez ici sur youtube également même si le son n’est pas top (l’image non plus d’ailleurs).
Mais ce n’est pas celui là qui m’amène… Suite à l’une de nos dernières discussions, je me suis rappelé d’un sketch de Cho, tiré de son spectacle “Assassin” (2005), sur les Chrétiens (fondamentalistes ?) et leur discours haineux qui, lui aussi, vaut le détour ne serait-ce que pour une réplique une seule:

I want Jesus to come back and say: “That’s not what I meant !…

Exactement. C’est exactement ce que je ressens…

Finalement on n’est pas si différents eux et moi. J’en arrive presqu’à souhaiter un Jugement Dernier très vite histoire d’être enfin fixée et surtout de les voir eux (je ne peux pas m’empêcher d’en être persuadée) griller/brûler/rôtir whatever… mais un truc fait dans les règles de l’art. La seule différence c’est que je n’ai pas la prétention de croire que je sois digne d’en réchapper (de l’enfer) sans même que cela ait le moindre rapport avec ma sexualité.

Mouais. Si je continue sur cette voie je me prépare des lendemains Annericiens, non ? Qu’en dites-vous ? Je me vois dans quelques années (une bonne cinquantaine d’années quand même, faut pas déconner) décider de réécrire totalement ce blog afin d’en faire a Christian blogdemoi !!

“Tout usage finit par se changer en abus.”

Mercredi, février 20th, 2008

A l’heure où j’écris le port de Fort-de-France est totalement bloqué. Une semaine que ça dure. La raison ? Grève des dockers. L’habituel blocage au moment des Négociations Annuelles Obligatoires sur la revalorisation des salaires, of course ! De l’art de la négociation sur des bases saines entre gens responsables: tu m’augmentes ou je bloque le port poumon d’une île à l’économie sous perfusion ! Un classique. Des années que ça dure. Pour mieux comprendre, cet article de Yves-Michel Riols intitulé “La vie de nabab des dockers de Fort-de-France” paru dans L’Expansion le 27 avril 2006 (article introuvable dans les archives du site Internet du journal mais dont on trouve référence ailleurs).

Ils contrôlent l’unique port de la Martinique et ont un salaire moyen de 6000 euros par mois.

Quel est le seul parking de la Martinique où l’on ne fait pas la différence entre les voitures de la direction et celles des salariés ? Réponse : celui du port de Fort-de-France. Si cette boutade fait sourire les Martiniquais, c’est qu’elle a du vrai. Un simple coup d’œil au parking en question le confirme d’ailleurs aisément : on dirait un showroom de 4X4 rutilants ! (more…)

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