Archives de la catégorie 'In my "L" world'

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Eva Mendès pour Vogue Italia

Samedi, mai 24th, 2008

Il paraît qu’elles ont déjà fait le tour du Net ? Pas grave, ça ne gêne personne pour les mauvaises nouvelles… Steven Meisel (remember Sex by Madonna ? - un truc en fer, vendu sous cellophane, de 128 pages de photos, textes et photos montage, qui avait affolé les médias en 1992 -) a photographié Eva Mendès pour le Vogue Italien de mai donc. Ambiance, décors, costumes, poses et travail de l’image nous plonge dans sixties via les pages d’une revue érotique de l’époque; fétichisme en plus ?

Ma préféré:

Tiens, vous parler de Madonna m’a remis cette époque en tête. 1992-93. J’avais 17 ans (aaaaaaaaaaaaaaargh !). Une année “riche” (difficile mais instructive) où j’empoche le Bac et où je découvre qu’il allait falloir que je me rende à l’évidence et que j’arrête de croire que j’étais bi ! Pourquoi je vous en parle de “Sex” ? Parce que de toutes les photos qui avaient défrayées la chronique la seule qui m’avait marquée et qui me vient à l’esprit spontanément, à l’évocation de ce coup médiatique hallucinant, c’est celle là:

De tout cette débauche cet étalage de chairs nues, de cuir, de stars, d’accessoires et de scènes SM (plus de suggestions qu’autre chose mais bon), que tout le monde feuilletait sous le manteau, à l’abri des regards, comme s’il s’agissait de l’oeuvre pornographique la plus osée jamais publiée sur cette bonne vieille planète, c’est celle-ci qui m’est restée. Comme quoi…

Jeune louve ?

Vendredi, mai 23rd, 2008

La scène se passe dans une administration.

Près d’une heure que je suis assisse à attendre sagement mon tour en contemplant les trop nombreux boxes vides comme tous ceux (une bonne vingtaine de personnes) qui, comme moi, n’avaient rien de mieux à faire en ce superbe après-midi ensoleillé, qu’attendre que leur numéro s’affiche à l’entrée de l’un des trois boxes en service dans une administration. Du coup, c’est pas compliqué: tout le monde fait la gueule ! Elles derrière leurs bureaux (oui, le personnel de ce département semble exclusivement féminin) et nous pauvres quidams nécessiteux. J’en ai besoin de ce papier. J’ai beau tourner et retourner la situation dans ma tête, il n’y a pas moyen de faire autrement, j’en ai vraiment besoin ! Et puis ça fait déjà une heure donc…

Tant qu’à faire se serait bien que se soit la jeune fille du deuxième box qui me reçoive. Ca me changerait ! C’est vrai, je tire souvent la carte “dragon” lorsque je me rends dans une administration. On jurerait qu’elles se sont passées le mot ! Bref. Le temps de le penser que plusieurs numéros défilent (la patience est une vertue !) et que mon numéro s’affiche de son côté. Well… c’est déjà ça !

Je m’approche, présente ma requête mon problème le plus clairement possible en m’attendant à moultes tergiversations et appels (notez le pluriel) de/aux supérieurs hiérarchiques pour savoir comment faire ou pire si Madame unetelle a droit au papier (le sien) dont elle a urgeamment besoin là tout de suite et qu’il n’est pas possible question qu’on lui envoi sous quinzaine parce que “urgent” ne rime pas avec “dans quinze jours” ! - Ouais, ce genre de papier… - Mais ô surprise, la demoiselle semble connaître son job.

Elle me tend mon papier tout sourire 10 mn après.

[moi]: Merci ! J’avoue que je ne m’attendais pas à ce que ça aille aussi vite ! La surprise est d’autant plus agréable que vous avez un sourire magnifique… C’est la nouvelle politique de la maison pour calmer les mécontents ?

Juste le temps de baisser les yeux vers le sac pour ranger mon précieux sésame que sa réponse fuse l’air de rien.

elle: Le vôtre n’est pas mal non plus…

Et là, je marque un temps d’arrêt, avant de relever la tête, en pensant “Nooooon, c’est pas vrai ! Pas à moi quand même ! Je rêve !!!” avant de croiser son regard…

[moi]: Euh… ah… merci ! Au revoir…

elle [petit sourire aux lèvres]: A bientôt…

Je n’ai pas demandé mon reste et j’ai pris mes jambes à mon cou ! Où si vous préférez: j’ai lâchement battu en retraite.

A bientôt ! A bientôt elle m’a fait l’autre ! Comme si ce genre de papier on le demandait plusieurs fois dans une vie. Pfffffffffffffffffff… J’vous jure, elles deviennent trop dangereuses. Trop, trop dangereuses ! Le pire c’est que dans son regard (celui du “A bientôt”) y’avait un truc du genre “la pauvre, c’est la première fois qu’une fille lui fait le coup !”

Ca m’a rappelé un trajet en métro il y a une quelques années où les deux jeunes filles en face de moi se roulaient des pelles à se décrocher la mâchoire en me fixant avec un air de défi dans les yeux. Même interprétation erronée de mon comportement. Ce jour là je les regardais peut être mais j’étais totalement ailleurs. Juste occupée à essayer de comprendre le pourquoi du comment je me retrouvais encore seule chaque nuit dans mon lit dans ma minuscule chambre d’étudiante alors que je me sentais prête à m’assumer pleinement et que ça semblait si facile la preuve. Où étaient-elles donc ? Me disais-je alors… En fait, elles étaient restées au pays !

Non, blague à part mesdemoiselles, un peu de tenue voyons ! Et le respect des aînées ???!

Chanson-taquinerie du jour

Lundi, mai 19th, 2008

Une petite fille en pleurs dans une ville en pluie
et moi qui cours après,
et moi qui cours après au milieu de la nuit,
mais qu’est-ce que je lui ai fait ?

Une petite idiote qui me joue la grande scène
de la femme délaissée,
et qui veut me faire croire qu’elle va se noyer !…
C’est d’quel côté la Seine ?

Mais qu’est-ce que je lui ai fait ?
Mais qu’est-ce qui lui a pris ?
Mais qu’est-ce qu’elle me reproche ?
Lorsque je l’ai trompée, elle l’a jamais appris…
C’est pas elle qui s’approche ?

Tu m’aimes vraiment, dis-moi ?
Tu m’aimes, tu m’aimes, tu m’aimes ?
C’est tout ce qu’elle sait dire !
En bouffant, en me rasant, quand je voudrais dormir,
faut lui dire que je l’aime !

Une petite fille en pleurs dans une ville en pluies,
où est-elle, nom de Dieu !
Elle a dû remonter par la rue de Rivoli…
J’ai de la flotte plein les yeux.

Parce qu’elle avait rêvé je ne sais quel amour
absolu, éternel
Il faudrait ne penser, n’exister que pour elle
chaque nuit, chaque jour !

Voilà ce qu’elle voudrait, seulement y a la vie,
seulement y a le temps,
et le moment fatal où le vilain mari
tue le prince charmant…

L’amour, son bel amour, il ne vaut pas bien cher
contre un calendrier
Le battement de son coeur, la douceur de sa chair,
je les ai oubliés.

Où donc est-elle partie ? Voilà qu’il pleut des cordes,
Mon Dieu, regardez-moi !
Me voilà comme un con place de la Concorde…
Ca y est, je la vois

Attends-moi…
Attends-moi !
Je t’aime
Je t’aime
Je t’aime !

(Une Petite Fille en Pleurs, Claude Nougaro)

On me signale l’ouverture des inscriptions pour la session de formation “Comprendre sa femme et l’aimer toujours” qui se déroulera très prochainement au World Trade Center de Jarry à Pointe-à-Pitre. Le module de renforcement qui suivra s’intitulera lui “Romantisme au XXIème siècle: défis et enjeux“. Inscription pour une tierce personne possible et encouragée. Inscriptions possibles directement en commentaire. Deux inscriptions d’office ont été réalisées…

Une petite fille en pleurs
(en écoute en cliquant sur le lien pour l’instant)

17 mai: Journée mondiale de lutte contre l’homophobie

Samedi, mai 17th, 2008

Parce que dans plus de 80 pays l’homosexualité est encore pénalisée et parce que dans ceux où ce n’est plus le cas la stigmatisation tue encore (au propre comme au figuré).

Une fois n’est pas coutume, petit cocorico de coq djem (espèce très prisée des coqueleurs soit, comme chacun sait, des amateurs de combats de coqs) puisque le fondateur de cette journée - accessoirement président de An Nou Allé association dont il m’est arrivé de parler une ou deux fois sur ce blog (pourquoi vous rigolez ?) - n’est autre que le martiniquais Louis-George Tin. On aurait pu croire, naturellement presque, que la France reconnaît cette journée or il semblerait qu’il n’en soit rien. Celle-ci est pourtant célébrée dans plus de 50 pays et reconnue par le Parlement européen, la Belgique, le Royaume-Uni, le Mexique, le Costa-Rica par exemple…

Je ne peux m’empêcher, à la lumière de l’actualité récente en France, de me dire que décidément les choses ne s’arrangent pas du moins au plan politique. La circulaire de Bernard Kouchner demandant “aux consulats de refuser d’enregistrer les Pacs dans les pays qui prohibent la vie de couple hors mariage de deux personnes de sexe différent ou de même sexe”, l’affaire Emmanuelle B. et la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’Homme, l’affaire Frédéric Minvielle déchu de sa nationalité en raison du mariage qu’il a contracté aux Pays-Bas avec un autre homme… C’est moi où ça commence à faire un peu beaucoup ? Le fait que la France vienne, par la voix de sa Secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, apparemment tout juste de se raviser par rapport au soutien à accorder à une résolution Onusienne qui permettrait d’obtenir la dépénalisation universelle de l’homosexualité ne change absolument rien à ce sentiment d’ailleurs.

Du coup, il me semble y avoir une relation de cause à effet entre cette non-reconnaissance de la part de la France de la journée en question et l’absence dans la presse écrite généraliste d’articles à ce sujet. Une rapide recherche “Google actualités” montre que le sujet n’est apparemment pas vendeur ce que confirme la visite de la page d’accueil de mes 6 “le.fr” (sites que je visite journalièrement au réveil histoire de me faire une idée des misères du monde soit lemonde.fr, lefigaro.fr, lenouvelobs.fr, lejdd.fr, lexpress.fr, liberation.fr) puisque seul Le Monde y consacre un article digne de ce nom (article qui a d’ailleurs disparu de la page d’accueil depuis mais la récente annonce de Rama Yade va peut-être donner un second souffle à la visibilité médiatique de cette journée !). L’article, “Entretien avec Daniel Borillo: “contre l’homophobie le combat est mondial”” je le recommande d’ailleurs dans son intégralité même si deux choses ont principalement retenu mon attention.

Ces persécutions contrastent avec les pratiques de l’Antiquité, qui tolérait, voire valorisait, certaines formes d’homosexualité. Comment expliquer qu’elle n’ait pas connu ce que l’on appellerait aujourd’hui l’homophobie ?

L’Antiquité gréco-romaine baignait dans un climat de tolérance à l’égard de l’homoérotisme, mais les pratiques homosexuelles étaient très codifiées. La seule forme d’homosexualité acceptée était la pédérastie, c’est-à-dire les relations initiatiques entre un jeune éphèbe qui allait avoir des responsabilités publiques et un homme aristocrate adulte. Car cette société profondément misogyne condamnait fortement le fait qu’un homme libre – romain ou grec – assume le rôle passif, c’est-à-dire qu’il se comporte sexuellement comme une femme. Il ne pouvait donc le faire que s’il était un éphèbe – qui était alors dans un rapport d’apprentissage de la masculinité – ou un esclave – qui était dans une situation sociale inférieure.

Si la réponse de Daniel Borillo pouvait mettre un terme à cet espèce de “mythe” qui veut que dans l’Antiquité c’était mieux du moins en terme d’acceptation de l’homosexualité se serait très très bien. C’est fou comme cette croyance idée perdure encore de nos jours dans nos communautés… quoiqu’en dise Platon (private joke).

Aujourd’hui, quelles sont, à vos yeux, les discriminations qui persistent, en France, à l’égard des homosexuels ?

La France manque d’une véritable politique de prévention de l’homophobie à l’école et dans la formation des policiers ou des magistrats, mais la principale discrimination est inscrite dans la loi : c’est le refus de l’homoparentalité et du mariage entre couples de même sexe. Pour moi, cette revendication ne nie pas la différence des sexes : ce sont la liberté et l’égalité, pas le masculin et le féminin, qui constituent des valeurs démocratiques. Je viens de lire un rapport de l’Unicef qui affirme que vingt millions d’enfants sont aujourd’hui orphelins dans le monde : je me dis que l’urgence, c’est d’accueillir ces enfants, et non de débattre de la différence des sexes, comme le font les opposants à l’égalité.

Depuis une dizaine d’années, plusieurs pays européens commela Belgique, l’Espagne ou les Pays-Bas ont ouvert le mariage et la filiation aux couples de mêmeexe. Considérez-vous que cette évolution est ” inéluctable “, selon le mot de Luc Ferry ?

L’histoire ne se fait pas d’elle-même : elle est faite, jour après jour, par les mouvements sociaux. Si le mouvement gay et lesbien continue son combat, oui, ce changement de législation sera inéluctable. La France rejoindra ainsi l’Espagne, où le mariage est autorisé et où l’homosexualité s’est banalisée, ce qui est la situation idéale.

Mais il faut se méfier des discours démobilisateurs, car les acquis sont toujours fragiles: l’exemple de la Pologne des frères Kaczynski hier ou de l’Italie de Berlusconi aujourd’hui montre que les retours en arrière sont toujours possibles.

Homoparentalité et mariage. Les sujets qui fâchent. Parce que faut quand même pas déconner déjà qu’ils nous laissent vivre et fréquenter les mêmes lieux de sociabilité qu’eux… ! L’égalité ? Mais non, ça c’est pour noyer le poisson. Notre but ultime, autrement appelé gay agenda (ça m’a toujours fait mourir de rire cette expression), est bien d’imposer au monde notre style de vie décadent. Rien d’autre. Et croyez-moi cette histoire, sous couvert des droits de l’Homme à respecter, n’est autre que le plus grand péril auquel devra faire face la famille et par delà elle la société surtout après notre victoire en Californie.

Bref.

Mais ne vous inquiétez donc pas chers compatriotes vu les propos du candidat Sarkozy durant la campagne présidentielle il semblerait que vous soyez tranquilles sur ce point pour au moins 4 ans encore…

Non ??

Vendredi, mai 16th, 2008

Aujourd’hui deux citations extraites d’un billet intitulé “Réfugiés de l’Homophobie” où quand Rita se fâche lâche et égratigne quelques travers de la fierté homosexuelle:

Deuxième évidence: la sexualité homosexuelle, “naturellement” plus riche et variée, permet un épanouissement que les freins, la banalité et la pauvreté des amours hétérosexuels interdit. Bien évidemment, tout bon hétérosexuel se contente d’une relation de survie, rêvant en secret aux banquets sexuels infiniment délicieux que l’homosexualité, avec sa fantaisie débridée et sa liberté heureuse, réserve derrière la palissade. Ceux qui ont eu la chance et le courage de suivre leurs goûts seront récompensés; ceux qui sont restés enchaînés à leur envie ringarde de l’autre sexe repasseront.

Parce que ce n’est pas l’évidence même ?

Troisième évidence: les jeunes homosexuels passent inévitablement par des humiliations, qui aboutissent inévitablement par le développement d’une personnalité plus ouverte, tolérante, raffinée et cultivée. Être homosexuel, à condition de serrer les dents quelques temps, est finalement l’occasion rêvée d’échapper aux chaînes du monde, d’acquérir une humanité interdite aux hétérosexuels, d’accéder à une noblesse et une culture qui en feront l’élite du genre humain. Héroïques, ils guideront les foules, un jour, comme le Messie.

Non ?? Ce n’est pas ce qui est prévu ?

Tiens ça m’a remis en tête l’image de cette jeune lesbienne, lors d’un défilé en mai 68 (?), chantant l’Internationale à plein poumons avec une légère variation “… les gouines, les pédés sauveront le genre humain“.

J’avoue, si je ne verse pas dans la deuxième évidence, il me plaît de temps en temps, quand je me trouve en face d’une personnalité proprement fascinante (qui me fait oublier l’immense majorité) et qu’il s’avère que, bizarrement, l’interlocuteur en question soit également homosexuel (que se soit un homme ou une femme), d’adhérer à la troisième évidence. J’avoue. Du moins à la partie sur “l’occasion rêvée d’échapper aux chaînes du monde et d’acquérir une humanité” non pas interdite aux hétérosexuels mais que leur “normalité” a pour une grande majorité érodé; engoncés qu’ils sont dans leurs certitudes.

Rien à voir avec de l’hétéro-bashing primaire, dénoncé ici, mais j’avoue qu’il me plaît parfois de croire que le niveau de culture, la capacité de réflexion et le positionnement vis à vis de la société que je rencontre et que j’admire chez un grand nombre de mes amies lesbiennes a forcément à voir avec leur sexualité. Ce serait le résultat d’une sorte de parcours initiatique assez semblable à celui des mythes et légendes (épreuves et récompenses comprises) qui, dans beaucoup de civilisations et principalement pour les garçons, permettait le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Avec cependant une différence de taille puisque s’il s’agit, dans notre cas, de devenir non pas un adulte responsable prêt à prendre sa place au sein de la société, mais un individu à part entière conscient d’avoir sa place de choix au sein de ladite société. Une place en tant que telle.

Comme toute minorité opprimée qui se respecte, il a fallu un moment trouver des motifs de se la jouer et de railler l’oppresseur.

Après je me réveille… C’est le plus important, non ?

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