Archives de la catégorie 'In my "L" world'

Archives mensuelles:

Clovis Trouille (1889-1975)

Dimanche, juin 15th, 2008

Provocateur, insolent, subversif, antimilitariste, anticlérical…

Il est vrai que je n’ai jamais travaillé en vue d’obtenir un grand prix à une biennale de Venise quelconque, mais bien plutôt pour mériter 10 ans de prison.
(Clovis Trouille)

Figurez-vous que je viens de mettre un nom sur l’auteur d’oeuvres (surtout la première) qui font partie intégrante de mon imaginaire lesbien. Et quand je dis “partie intégrante” c’est que j’ai toujours eu ces images là “dans la tête” (avec un autre background certes) et s’en est même troublant parce que je n’arrive pas à savoir exactement si mon fantasme s’en ait nourri où si elles en sont à l’origine. En même temps il ne date pas d’hier, ce fantasme… Bref.

“Personnage emblématique de la Belle Epoque, proche de Breton et de Dali par son non-conformisme, Clovis Trouille a traversé le siècle sans pourtant figurer à sa juste place dans les livres d’histoire de l’art.
Ses toiles d’un érotisme insolent, anticléricales et antimilitaristes, lui ont valu d’être boudé par la critique et foudroyé par la bourgeoisie, dont il rejetait violemment la morale, l’imposture de sa religion et celle de ses curés. En solitaire inclassable qui préférait accumuler les scandales que sacrifier son art aux contingences d’une époque ou d’une école, il s’éloigna également des surréalistes en raison de leur mépris pour les maîtres anciens, tandis qu’il revendiquait l’héritage des grands peintres de la Renaissance, jadis étudiés et copiés au musée de Picardie.
Certains voient à présent en lui un précurseur du Pop Art par son utilisation quasi systématique de la photographie et des collages comme support de travail. Au-delà de l’audace de ses sujets, l’œuvre subversive de Clovis Trouille a réussi à s’imposer par sa fantaisie, sa puissance onirique et son chromatisme exceptionnel.”

Ces oeuvres les voici:

Rêve claustral

“Rêve claustral” en référence au poème de Germain Nouveau du même nom.

La religieuse italienne

Un coup d’oeil à son oeuvre et on comprend vite pourquoi il est si méconnu comme artiste.

Cherry bomb

Dimanche, juin 8th, 2008

Des vlogs d’AfterEllen.com celui là trust déja la première place après seulement deux épisodes.

C’est en anglais mais ce talk show lesbien est un don du ciel et contribue à dépoussiérer encore un peu plus cette image stéréotypée de la lesbienne un brin ringarde, trop intello pour ne pas être ennuyeuse et pas branchée pour un sou. Ceci dit après 5 ans en compagnie des filles de The L Word qui y croit encore, me direz-vous ? N’oublions pas cependant que notre série favorite n’est qu’une fiction alors, malgré la profession de foi d’Ilene Chaiken, au cas où le doute s’installerait, meet Gloria, Dalila, Tatum, et Nikki…

De l’humour, une subtile dose de provoc et des filles sympas à regarder chacune dans son style pour un chit chat entre copines sur des sujets aussi divers qu’intéressants en plus d’être traités intelligemment… j’adore, j’adhère !

Episode 1: “Commitment Issues”
Episode 2: “Dating in the Internet Age”

Décidément ça bouge chez les filles !

Comment ça fait…

Jeudi, juin 5th, 2008

Parce qu’apparemment Google est devenue votre encyclopédie et que vos recherches me font parfois sourire, j’ai décidé de répondre à quelques unes de vos interrogations existentielles. Vous mettrez “la première fois, quand on en est une” après les points de suspension of course.

Cher Google, comment faire pour trouver une femme… ?

Si vous me l’aviez demandé à moi et imaginons que nous nous connaissions depuis un certain temps je vous aurais répondu…

En prenant un minimum de risque ! C’est pas en restant planquée à te lamenter sur ton sort et à te poser d’éternelles questions (sans réponses sûres puisqu’il n’y en a pas) que tu risques d’en rencontrer une ! Et, oui, internet c’est pratique mais la vraie vie c’est beaucoup mieux ! T’as peur du rateau ? Le rateau fait partie du jeu ma vieille… Le jour où tu auras intégré, ce risque (qui n’est pas la mort je serais déjà six pieds sous terre), tout ira mieux. Les filles sur internet ne t’éviteront ni les rateaux, ni les désillusions crois-moi.

Pardon ?… Au moins tout le monde ne sera pas au courant que t’es lesbienne ??! C’est une façon de voir les choses. Ca ne te mènera pas bien loin mais bon. C’est ta vie, pas celle de “tout le monde” ne l’oublies pas.

Bref. Internet comme étape ça le fait mais tu en toucheras les limites très vite et la frustration risque de revenir au galop si tu penses que c’est THE solution.

Cher Google, comment ça fait d’embrasser une femme… ?

Si vous me l’aviez demandé à moi et imaginons que nous soyons amies je vous aurais répondu…

C’est particulier. Je sais, ça ne t’avance pas trop mais ça l’est ! C’est différent aussi. Moi j’ai eu l’impression de trouver ma vérité (une de mes vérité en tout cas). Le coeur qui bat la chamade, un moment d’étourdissement et après c’est juste… magique. A moins que le moment d’étourdissement n’ait été provoqué par l’alcool ?? Non, je blague. C’est d’ailleurs un coup à te dégriser de suite si tu as la chance d’embrasser celle qui ne quitte pas tes pensées depuis… bien trop longtemps et que tu as choisit l’option “je le fais bourrée comme ça je pourrais toujours prétexter un moment d’égarement si ça se passe mal” (tellement vieux comme le monde que plus personne n’y croit !). J’ai remarqué qu’en général ce baiser en dit beaucoup plus que tout ce que celle avec qui on l’échange a pu ou bien voulu dire pour peu qu’il soit timide, impétueux, passionné, taquin ou aguicheur. Il y a des signes qui trompent rarement. En général on peut se faire une idée “sait” comment ça risque de se passer après… s’il après il y a … Même si bien sûr, comme tout, il y a des exceptions à la règle. Je me souviens en particulier d’une jeune femme qui en plus d’avoir la particularité de partager le même prénom que moi (ça fait vraiment bizarre), embrassait comme une déesse. C’est simple j’étais perdue chaque fois qu’elle m’embrassait. Je ne savais plus où j’étais ! Sérieux ! Bon, si j’avais su la suite on n’aurait fait que ça… A l’époque je me demande pourquoi je ne l’ai pas signalé au BVP tiens. La publicité mensongère c’est puni par la loi, non ??? Bref. Un fiasco. Une catastrophe et malheureusement pour celle qui doit partager son lit en ce moment un chantier colossal en perspective à l’époque pour une multitude de raisons que je vais garder pour moi si tu veux bien…

Pardon ?… Ce que je viens d’écrire est aussi valable lorsqu’on embrasse un garçon pour la première fois ? Oui et non. Non parce que l’interdit est plus fort et donne à l’ensemble une saveur particulière. Non parce que j’ai eu l’impression que c’était mieux que mon tout premier baiser avec un garçon à chaque fois que j’ai embrassé une femme pour la première fois (euh… y’en a pas eu cinquante mille non plus). Et je te passe l’aspect purement sensuel (dans le sens premier du terme) de texture, d’odeur, de goût… Ouais, non, j’avoue je fais partie de celles qui adorent embrasser alors on va arrêter là parce que sinon…

Cher Google, comment ça fait de faire l’amour à une femme… ?

Si vous me l’aviez demandé à moi et imaginons que nous soyons des amies proches je vous aurais répondu…

Comment ça fait ou comment faire ? C’est quoi la question exactement ? Tu veux un mode d’emploi ??? C’est ça ? Sérieusement ? Okay.

Alors, petit un: tu l’allonges confortablement sur la surface plane de ton choix en ayant soin de vérifier que la porte de ta chambre soit verrouillée parce qu’il me semble que tu es encore chez papa-maman, non ?… Pffffffffffffffff. Non, erm… que dire… Comment ça fait ? Ca fait “du bien”. C’est… euh… terriblement bon ! Voilà c’est dit ! Des adjectifs je peux en trouver des tonnes mais dire que c’est du pur plaisir reste ce qui me semble le plus proche de ma vérité (la mienne). Encore une fois, il faut tomber sur quelqu’une (en l’occurrence) qui sache y faire et, au risque de me répéter, ça cours moins les rues qu’on ne le pense mais ça sera particulier d’une manière ou d’une autre.

Comment faire ? Lâches-toi ! Il n’y a pas de mode d’emploi. Juste… tu ne t’alignes pas pour un sprint. L’impatience est mauvaise conseillère et surtout, surtout épargnes-toi la corvée de retomber obligatoirement dans des stéréotypes masculin/féminin soit disant dominant/dominé. Si tu prends la peine de déconstruire le couple traditionnel c’est pas pour retomber dans son travers le plus fréquent ! Enfin je dis ça, je dis rien… Par contre si tu n’as pas plus d’imagination que ça et que tu ne comprends pas de quoi je parle fais comme tu le sens ! Ne va pas te stresser à aller chercher midi à quatorze heure !

La partenaire idéale ? Elle se crée avec le temps, la confiance et l’amour… sinon si Angie envisage une escapade sans Brad…

Eva Mendès pour Vogue Italia

Samedi, mai 24th, 2008

Il paraît qu’elles ont déjà fait le tour du Net ? Pas grave, ça ne gêne personne pour les mauvaises nouvelles… Steven Meisel (remember Sex by Madonna ? - un truc en fer, vendu sous cellophane, de 128 pages de photos, textes et photos montage, qui avait affolé les médias en 1992 -) a photographié Eva Mendès pour le Vogue Italien de mai donc. Ambiance, décors, costumes, poses et travail de l’image nous plonge dans sixties via les pages d’une revue érotique de l’époque; fétichisme en plus ?

Ma préféré:

Tiens, vous parler de Madonna m’a remis cette époque en tête. 1992-93. J’avais 17 ans (aaaaaaaaaaaaaaargh !). Une année “riche” (difficile mais instructive) où j’empoche le Bac et où je découvre qu’il allait falloir que je me rende à l’évidence et que j’arrête de croire que j’étais bi ! Pourquoi je vous en parle de “Sex” ? Parce que de toutes les photos qui avaient défrayées la chronique la seule qui m’avait marquée et qui me vient à l’esprit spontanément, à l’évocation de ce coup médiatique hallucinant, c’est celle là:

De tout cette débauche cet étalage de chairs nues, de cuir, de stars, d’accessoires et de scènes SM (plus de suggestions qu’autre chose mais bon), que tout le monde feuilletait sous le manteau, à l’abri des regards, comme s’il s’agissait de l’oeuvre pornographique la plus osée jamais publiée sur cette bonne vieille planète, c’est celle-ci qui m’est restée. Comme quoi…

Jeune louve ?

Vendredi, mai 23rd, 2008

La scène se passe dans une administration.

Près d’une heure que je suis assisse à attendre sagement mon tour en contemplant les trop nombreux boxes vides comme tous ceux (une bonne vingtaine de personnes) qui, comme moi, n’avaient rien de mieux à faire en ce superbe après-midi ensoleillé, qu’attendre que leur numéro s’affiche à l’entrée de l’un des trois boxes en service dans une administration. Du coup, c’est pas compliqué: tout le monde fait la gueule ! Elles derrière leurs bureaux (oui, le personnel de ce département semble exclusivement féminin) et nous pauvres quidams nécessiteux. J’en ai besoin de ce papier. J’ai beau tourner et retourner la situation dans ma tête, il n’y a pas moyen de faire autrement, j’en ai vraiment besoin ! Et puis ça fait déjà une heure donc…

Tant qu’à faire se serait bien que se soit la jeune fille du deuxième box qui me reçoive. Ca me changerait ! C’est vrai, je tire souvent la carte “dragon” lorsque je me rends dans une administration. On jurerait qu’elles se sont passées le mot ! Bref. Le temps de le penser que plusieurs numéros défilent (la patience est une vertue !) et que mon numéro s’affiche de son côté. Well… c’est déjà ça !

Je m’approche, présente ma requête mon problème le plus clairement possible en m’attendant à moultes tergiversations et appels (notez le pluriel) de/aux supérieurs hiérarchiques pour savoir comment faire ou pire si Madame unetelle a droit au papier (le sien) dont elle a urgeamment besoin là tout de suite et qu’il n’est pas possible question qu’on lui envoi sous quinzaine parce que “urgent” ne rime pas avec “dans quinze jours” ! - Ouais, ce genre de papier… - Mais ô surprise, la demoiselle semble connaître son job.

Elle me tend mon papier tout sourire 10 mn après.

[moi]: Merci ! J’avoue que je ne m’attendais pas à ce que ça aille aussi vite ! La surprise est d’autant plus agréable que vous avez un sourire magnifique… C’est la nouvelle politique de la maison pour calmer les mécontents ?

Juste le temps de baisser les yeux vers le sac pour ranger mon précieux sésame que sa réponse fuse l’air de rien.

elle: Le vôtre n’est pas mal non plus…

Et là, je marque un temps d’arrêt, avant de relever la tête, en pensant “Nooooon, c’est pas vrai ! Pas à moi quand même ! Je rêve !!!” avant de croiser son regard…

[moi]: Euh… ah… merci ! Au revoir…

elle [petit sourire aux lèvres]: A bientôt…

Je n’ai pas demandé mon reste et j’ai pris mes jambes à mon cou ! Où si vous préférez: j’ai lâchement battu en retraite.

A bientôt ! A bientôt elle m’a fait l’autre ! Comme si ce genre de papier on le demandait plusieurs fois dans une vie. Pfffffffffffffffffff… J’vous jure, elles deviennent trop dangereuses. Trop, trop dangereuses ! Le pire c’est que dans son regard (celui du “A bientôt”) y’avait un truc du genre “la pauvre, c’est la première fois qu’une fille lui fait le coup !”

Ca m’a rappelé un trajet en métro il y a une quelques années où les deux jeunes filles en face de moi se roulaient des pelles à se décrocher la mâchoire en me fixant avec un air de défi dans les yeux. Même interprétation erronée de mon comportement. Ce jour là je les regardais peut être mais j’étais totalement ailleurs. Juste occupée à essayer de comprendre le pourquoi du comment je me retrouvais encore seule chaque nuit dans mon lit dans ma minuscule chambre d’étudiante alors que je me sentais prête à m’assumer pleinement et que ça semblait si facile la preuve. Où étaient-elles donc ? Me disais-je alors… En fait, elles étaient restées au pays !

Non, blague à part mesdemoiselles, un peu de tenue voyons ! Et le respect des aînées ???!

A propos des archives