J’ai vu “Sagan”… au cinéma
Parce que rien ne remplace l’ambiance si particulière des salles obscures même s’il a été diffusé en août dernier, sur France 2, sous forme de téléfilm en deux parties (ralliant respectivement 4,1 puis 3,7 millions de téléspectateurs dont je ne faisais pas partie)… Un film sur Françoise Sagan donc.
“Sagan, Françoise. Fit son apparition en 1954, avec un mince roman, “Bonjour tristesse”, qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même.”
Une épitaphe de génie pour un talent au féminin dont la vie tout en excès ne pouvait qu’inspirer le cinéma via la mode des biopics. Certes le projet initial avait été pensé pour le petit écran mais Besson en a décidé autrement, je cite “au vu de sa qualité”.
“Sur ce sentiment inconnu, dont l’ennui, la douceur m’obsèdent, j’hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse.” Françoise a tout juste 18 ans quand elle écrit les premières lignes de Bonjour Tristesse, un roman dont le succès fulgurant suffira à lancer le mythe de “La Sagan”. Un mythe fait de formules brillantes, d’amours affranchies et de scandales tapageurs, derrière lesquels se cache une femme, que l’on qualifie d’anticonformiste pour ne pas la dire libre. Libre d’écrire, d’aimer, et de se détruire...”
“La Môme” Sagan. Je ne sais plus où j’ai lu cette phrase mais, après avoir vu le film, je comprends tout à fait. D’ailleurs l’idée revient souvent dans d’autres critiques hantant l’oeuvre de Diana Kurys malgré la performance de Sandrine Testud. Deux destins de femmes qui ont marqué leur époque et défrayé la chronique bien malgré elles. Deux femmes à qui la vie semble avoir tout donné avant de tout reprendre et qui, ballottées, se sont perdues en route dans des paradis artificiels pour fuir la douleur puis la vie. Deux survivantes. Deux artistes. Deux biopics donc.
Le premier m’avait enchanté. Que dire de celui-ci ?
Well… J’ai eu du mal au début. J’ai trouvé le rythme de la première partie du film un peu brouillon. Une succession de scènes (scenettes ? vignettes ?) sans fil conducteur précis à part nous donner à voir quelques aspects de la vie de Sagan picorés ça et là sur plusieurs années. Un parti pris pour mieux mettre en image son rythme de vie effréné, je suppose, mais un manque d’unité qui passe mal au cinéma. On sent le téléfilm gonflé.
Comme par magie, et bien heureusement d’ailleurs, tout s’arrange au bout d’un moment. La réalisation n’en devient pas brillante loin de là mais le charme de Testud opère. Et on se surprend à prendre du plaisir à l’évocation de la vie passionnée et passionnante sur bien des chapitres de “La Sagan” et à oublier de comparer. Merci qui ? Merci le casting ! Mention spéciale à Pierre Palmade que je n’attendais pas à ce niveau. Il campe un Jacques Chazot très convaincant. Même Ariel Dombales tire son épingle du jeu, c’est dire !… Peut-être parce que le personnage colle à l’image qu’on se fait d’elle dans la vrai vie ! C’est moi où ce que je viens d’écrire est terrible ? Well, pas plus que le rôle joué dans la vie de Sagan et les intentions prêtées à la Astrid en question !
Par contre, je n’ai pu m’empêcher de noter à quel point Diane Kurys réussi à asexualiser un film avec une héroïne à la vie sentimentale aussi anticonformiste.
Conclusion ? On ne voit pas passer le temps (2h quand même). Point de regret quant au coût de la place. Reste à savoir comment se portent les ventes de livres de “La Sagan” après cet hommage…
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- Publié:
- 22.11.08 / 8:24
- Catégorie:
- Vu, lu, entendu






D’accord avec toi pour les prestations de Sylvie Testud et Pierre Palmade, dont les interprétations respectives sont assez époustouflantes.
Toutefois j’apporte un bémol ; même si le film est de grande qualité, il porte néanmoins ses origines télévisuelles par un manque d’ambition et de souffle cinématographique (contrairement à « La Môme » justement, où l’on sentait une volonté de faire du cinéma et une vraie envergure).
Néanmoins, c’est un film tout à fait recommandable, ne serait-ce que pour les interprètes, la reconstitution d’une certaines époque, et pour appréhender Mme Françoise Sagan, si célèbre et pourtant si inconnue (pour ma part, j’ai appris énormément de choses sur elle via ce film).