J’ai vu “No country for old men” et autant je m’explique…

… même en n’ayant pas vu tous les films en compétition, la victoire de Javier Bardem pour le meilleur second rôle masculin tant il crève l’écran (et place la barre haut); autant je suis très étonnée de l’Oscar du meilleur film.

No country for old menA la frontière qui sépare le Texas du Mexique, les trafiquants de drogue ont depuis longtemps remplacé les voleurs de bétail. Lorsque Llewelyn Moss tombe sur une camionnette abandonnée, cernée de cadavres ensanglantés, il ne sait rien de ce qui a conduit à ce drame. Et quand il prend les deux millions de dollars qu’il découvre à l’intérieur du véhicule, il n’a pas la moindre idée de ce que cela va provoquer…
Moss a déclenché une réaction en chaîne d’une violence inouïe que le shérif Bell, un homme vieillissant et sans illusions, ne parviendra pas à contenir…

Mal fichu ce synopsis.

Ce n’est pas de l’oseille qu’il y a à l’intérieur du véhicule mais de la came. Du coup il les trouve bien ces deux millions de dollars, mais pas à l’intérieur du véhicule. Je le précise parce que je me suis demandée comment il a fait pour savoir que… Et puis si je veux vraiment chipoter il n’y en a pas qu’une de camionnette abandonnée mais deux ou trois. Je suis d’accord avec vous que ça ne change absolument rien à l’intrigue mais bon ce n’est pas parce que c’est un pitch que les approximations doivent être tolérées à ce que je sache.

Bref.

On va commencer par la première partie de ma remarque d’introduction. Vu la campagne qu’à fait le film, il m’a été difficile de ne pas en entendre parler avant d’être en mesure de le visionner. Le meilleur film des frères Coen ? Non. Pas pour moi. “Fargo” tient toujours la corde, mais celui ci (je parle de “No country…”) a indéniablement quelque chose (ceci expliquant certainement l’Oscar). Les frères Coen nous livre là une vision très noire de l’Amérique d’aujourd’hui en reprenant des codes, us et coutumes chers au western: courses poursuites, stetsons, frontières mexicaine, armes à feu. L’Ouest américain dans toute sa splendeur (et là il faut reconnaître que la photographie magnifie l’ensemble). Et toujours cette idée de Far West du temps de la conquête: terre aride, hostile, où la loi n’a pas encore réussi à s’imposer. Aux origines du second amendement de la constitution américaine et de la violence intrinsèque de ladite société… Cette zone de non droit existe encore le long de la frontière mexicaine; royaume du plus fort (du mieux armé en l’occurrence) où tout peut arriver malgré la présence de ceux qui sont chargés d’y faire régner la loi.

Une vision de l’Amérique d’aujourd’hui en forme d’allégorie ? C’est mon avis. Tous les protagonistes semblent complètement dépassés par les événements et perdent peu à peu pied. Tous sauf un. Et il s’avère que celui là est le plus fou et le mieux armé de tous… Celui qui par ses actions mériterait certainement un autre sort. Celui qu’un autre cinéma, d’un temps désormais révolu (au grand dam de notre shérif) aurait fait un autre sort.

Un film noir. Sobre. Sans espoir mais non sans humour (prouesse à signaler).

Et là… Bardem… Du grand art. Point. Il sort du lot. Vraiment. Même si les Tommy Lee Jones, Josh Brolin, Woody Harrelson rendent l’ensemble encore plus convaincant lui il est juste… au dessus du lot. Impressionnant. Même physiquement.

Je suis pourtant surprise de le voir primé. Il n’est pas du tout dans la lignée du film américain “classique”. Enfin je trouve… Il “sonne” cinéma indépendant et presque cinéma d’auteur de la version boudée par le grand public américain en général et pas très primé en tout cas pas dans la catégorie reine.

Conclusion ? Faites-vous votre propre opinion…


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