Paroles de footballeur
Je voudrais revenir sur une des news de Lequipe.fr cette semaine sous le titre “Ribéry au Bayern Munich à vie ?“. Je cite:
Les supporters du Bayern peuvent être rassurés, Franck Ribéry n’a pas l’intention de les quitter de si tôt. C’est en tout cas ce qu’il a déclaré mercredi à la presse allemande. “Je ne suis pas venu à Munich pour que le Bayern soit un intermède. J’ai signé un contrat de quatre ans et je suis content”. En résumé, il ne compte pas être transféré dès la saison prochaine dans un autre grand club européen. “Je profite de chaque moment que je vis ici et je me sens heureux”, a-t-il ajouté, évoquant même la possibilité de finir sa carrière en Bavière. “Bien sûr, c’est quelque chose que je peux imaginer“.
Morte de rire. Paroles, paroles, paroles… (à chanter sur l’air rendu célèbre par Dalida)
Franck Ribéry. J’avoue, ce n’est pas un joueur que je porte dans mon cœur. Rien à voir avec son talent, immense (il n’y a pas photo et pas débat possible), c’est juste sa conception de “l’amour” porté à un club et à un maillot en l’occurrence qui me pose problème. Ceci dit, oui, mon “problème Ribéry” a beaucoup à voir avec son aventure marseillaise.
Je ne reviens pas sur l’imbroglio et ses tergiversations de la fin de sa première année (éclosion en France) alors qu’il a un contrat de 4 ans avec Marseille (jusqu’en 2010) qui le voit partir dans un bras de fer avec ses dirigeants pour partir à Lyon… Non, je n’y reviendrai pas. Si, quand même ? 19 juin 2006:
Mon souhait est de ne plus évoluer à l’OM la saison prochaine. Lyon s’affiche clairement comme ma priorité. J’aspire à jouer au plus haut niveau européen. J’étais prêt à le faire avec l’OM, qui est un club qui me faisait rêver.
Notez l’imparfait non parce que trois mois avant cette déclaration (date de signature de sa prolongation) l’histoire d’amour était au beau fixe. Il est finalement resté au club devant l’inflexibilité de Pape Diouf. Un mea culpa hypocrite auprès des supporters du club et un an après nous voilà en mai 2007 et la priorité du joueur reste la même, je cite “jouer l’année prochaine la Ligue des champions“. Avec l’OM ?
Pourquoi pas. Cela ne me dérangerait pas de continuer, je suis bien ici“. “Je sais qu’ici c’est unique. Moi, de mon côté, je suis en train de progresser, de monter un peu en puissance. Je ne veux pas brûler les étapes. Désormais, je suis international français, après avoir disputé une Coupe du monde. Je veux donc continuer à fréquenter le très haut niveau parce que ce sont ces sensations-là que je recherche.
Bien sûr, à l’époque le joueur souhaitait, s’il venait à quitter le club, le faire “la tête haute, tranquille, serein. De manière à pouvoir revenir en bénéficiant toujours du même accueil“. Encore annoncé à Lyon par certains à l’époque, il ne voulait désormais plus rejoindre le club rhodanien. “Maintenant, c’est l’étranger qui m’intéresse. Si je quittais l’OM, ce serait pour l’étranger“. Il avouait alors ne pas être attiré par le championnat allemand mais plutôt par l’Angleterre ou l’Espagne (courtisé qu’il était par les plus grands clubs européens).
En juin 2007 Monsieur “je veux partir dans un grand club et jouer la Ligue des Champions” signait au Bayern de Munich. Grand club européen (non ce n’est pas ironique). Engagé pour 2007/2008 en C3 alors que l’OM allait jouer la Ligue des Champions. Que voulez-vous que je vous dise… Que franchement j’ai crû à une blague quand les rumeurs de transferts outre-Rhin ont commencé à sortir dans la presse ?
Ce n’est pas propre au personnage et ça n’enlève rien à ce qu’il a apporté à l’OM, je vous le concède; c’est un problème récurrent du football moderne… ou plutôt un défaut (?) du footballeur moderne.
Thierry Henry. Novembre 2006.
Je suis parti pour rester à vie à Arsenal. Je ne pourrai jamais jouer pour une autre équipe anglaise“. C’est un nouveau cri d’amour adressé par Thierry Henry aux supporters d’Arsenal. Une piqûre de rappel, comme si le besoin s’en faisait sentir, pour des Gunners qu’il ne quitterait pour rien au monde désormais. Pas même, certainement, pour un petit transfert du côté du FC Barcelone: “Avec tout le respect que j’ai pour ce club, ce serait non. C’était l’une des dernières décisions de ma carrière“.
C’était lors d’un entretien accordé à l’Equipe. Son transfert à Barcelone a été acté en juin 2007, pour 24 millions d’euros, après 8 ans passées à Arsenal (avec un pathétique message vidéo d’adieu au fans d’Arsenal rattrapé plus tard par un lettre publié dans “The Sun”). Il s’en mord peut-être les doigts à l’heure où j’écris… Mais bon, que vaut la vie sans challenge ?
Fanck Lampard. A Chelsea depuis 2001.
Je ne veux qu’une chose, c’est terminer ma carrière à Chelsea. Tout le monde autour de moi sait à quel point j’aime ce club. Après ma famille, Chelsea est tout pour moi. C’est le club de ma vie. J’aime les supporteurs et je voudrais être encore là pour les 6 ou 7 prochaines saisons. J’aimerais jouer jusqu’à 35 ans et atteindre la barre des 150 buts pour le club.
Déclaration de l’intéressé à l’Evening Standard datant de janvier 2008. Franck Lampard est donné partant à la fin de la saison. Il réclame un salaire identique à celui de John Terry, Andreï Chevtchenko et Michael Ballack (180 000 euros par semaine); l’amour qu’il porte au club ne pouvant pas souffrir son actuel salaire de misère (170 000 euros par semaine).
Tous les trois ne sont pas des menteurs patentés. Je ne pense pas. C’est juste une vérité de l’instant… intéressée parfois. Pour Ribéry je rajouterais à cela un manque d’intelligence et de correction.
Juste… Messieurs les footballeurs, arrêtez de faire des déclarations et des promesses que vous risquez fort, de nos jours, de ne pas être en mesure de tenir ! Ceci est un cri du cœur. Tout va si vite (changement d’entraîneur, de tactique, éclosion d’un autre talent, blessure etc.). Et s’il vous plaît, par la même occasion, arrêtez ce jeu de dupes qui consiste à embrasser le maillot que vous portez pour célébrer vos buts… si c’est pour faire le même geste quelques mois, années plus tard avec un club différent. Moi ça me choque (oui, je sais qu’il y a la faim dans le monde mais bon) en plus de m’énerver. Le cas Chevtchenko est un classique du genre: il avait, en effet, ressenti le besoin de s’excuser auprès des tifosi du Milan AC (club avec lequel il a joué 7 ans et tout gagné) suite à sa célébration après son premier but avec Chelsea (Community Shield 2006 perdu face à Liverpool), où dans l’euphorie, il avait embrassé l’écusson de son nouveau club.
Dans ce milieu ou l’argent est roi une pomme pour la soif et mesure savoir garder dirait Obi-Wan Kenobi.
Je n’ai pris que ces 3 là mais l’histoire du football moderne regorge de “trahisons” appelées pudiquement transferts (Luis Figo au Réal après avoir fait les beaux jours de Barcelone ?).
Non, il n’est désormais plus possible d’apporter un crédit quelconque à la parole d’un footballeur… alors qu’ils cessent de prétendre qu’ils en ont une. Les Maldini, Totti etc. c’est de l’histoire ancienne on le sait tous. Eux comme nous. Alors qu’ils arrêtent… Ca nous fera des vacances et ça sauvera peut-être quelques arbres (ben oui, il faut en couper pour imprimer leurs déclarations à la con). Le foot ce n’est plus une histoire d’amour, c’est une histoire de fric.
A bon entendeur supporter munichois…
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- Publié:
- 13.3.08 / 13:18
- Catégorie:
- Point de vue

Ton billet tombe bien, Benzema a resigné pour une année supplémentaire à Lyon passant repoussant son contrat de 2012 à 2013.









4 Commentaire(s)
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