J’ai vu “Les Promesses de l’Ombre”… erm…

C’est décidé, je vais lancer une pétition pour que Madiana attribue une salle uniquement à la V.O. ! Ce n’est plus possible… Même àVoir-àLire (dont bizarrement quelque soit l’auteur je suis assez d’accord avec les critiques) lui donne 4 étoiles ! Le problème doit venir de moi ce n’est pas possible. En plus sevrée de cinéma comme je l’étais (oui j’ai réussi ce tour de force en passant une semaine dans THE capitale du cinéma… merci qui ??)… Bref. Synopsis.

Les Promesses de L’OmbreBouleversée par la mort d’une jeune fille qu’elle aidait à accoucher, Anna tente de retrouver la famille du nouveau-né en s’aidant du journal intime de la disparue, écrit en russe. En remontant la piste de l’ouvrage qu’elle tente de faire décrypter, la sage-femme rencontre Semyon. Elle ignore que ce paisible propriétaire du luxueux restaurant Trans-Siberian est en fait un redoutable chef de gang et que le document qu’elle possède va lui attirer de sérieux problèmes…
Pour Nikolai, chauffeur et homme de main de la toute-puissante famille criminelle de l’Est, c’est le début d’une remise en cause. Entre Semyon et son fils Kirill, prêts à tout pour récupérer le journal, et l’innocente Anna, sa loyauté va être mise à rude épreuve. Autour d’un document qui se révèle de plus en plus explosif, plusieurs vies sont en jeu, dont la sienne, alors que se déchaînent les meurtres et les trahisons dans la famille comme dans la ville…

Pourquoi, diantre, ai-je commencé, bille en tête, par râler après la VF vous parler de V.O. ? Tout simplement parce que dès les premiers mots et dialogues en Russe j’ai senti que ma séance allait être difficile si l’intrigue ne me faisait pas oublier que quand Vincent Cassel prend l’accent russe il sonne… italien (après tout c’est une histoire mafieuse, non ?). Je suis sûre que la V.O. atténue ce qui pour certains va apparaître comme un détail mais qui n’est pas si anodin si on veut y croire.

“Et l’intrigue donc ?” me direz-vous. Reprenons. Une mineure meurt en donnant naissance à une petite fille bien vivante elle et c’est la sage-femme qui mène l’enquête… la sage-femme… Que font les services sociaux ? Que fait la police ? Je chipote ? Le problème c’est que le film va d’incohérence en incohérence de ce genre perdant ensuite en crédibilité à force de tirer sur la corde du “admettons”. Pire on tombe dans ce qui me semble être (n’ayant pas de mafioso russe dans mes connaissances) de la caricature. Donc le mafioso russe est alcoolique, violent, sexiste, pédophile, homophobe… et ces barbares de l’Est frustres comme ils sont… n’ont pas de flingues et tuent encore à l’arme blanche. Deux solutions: la civilisation n’a pas assez pénétré les terres pour leur permettre d’apprivoiser ce facilitateur de crimes ou finalement c’est beaucoup plus crédible pour tout criminel qui se respecte de sortir un opinel (ou l’équivalent d’Europe de l’Est) qu’un Colt, un Smith & Wesson ou un Česká Zbrojovka. Ceci dit heureusement d’ailleurs parce que la scène de baston dans le hammam est cultissime. Imaginez une demi-seconde que les mecs se soient pointés avec des flingues… Adieu veaux, vaches, cochons et scène d’anthologie !

Pardon ? C’était juste pour montrer qu’à l’Est ils sont de la vieille école; de celle qui ne rigole pas… Ah. My bad.

Vais-je m’attarder sur l’image de l’homosexuel… Voyons, voyons… Non. Pas cette fois. Je suis fatiguée.

Ah. La violence. Thème cher à Cronenberg depuis quelques temps. Certaines scènes sont insupportables. Permettez-moi de sonner réac et de poser la question suivante: à quoi ça sert ? Dans quel but ? Elles ne rajoutent rien au scénario. Est-ce que quelqu’un va dire “stop on arrête” un jour ou va-t-on continuer à former des serials-killers longtemps ?

Je crois que mon sentiment est parfaitement résumé par Anne Akrich de “Première“:

Tout est réuni à l’affiche : le dernier Cronenberg avec le trio Mortensen/Cassel/Watts dans une histoire qui s’annonce sombre et réjouissante. On est grisé rien qu’à l’idée de voir ça. Mais la déception prend peu à peu le pas sur l’ivresse. De belles images, une mafia sanglante, des tatouages, un soupçon d’accent russe et au milieu de tout ça, une sage-femme pleine de bons sentiments qui essaye de retrouver la famille du bébé qu’elle vient de mettre au monde. Les promesses se diluent lentement dans la confusion. L’histoire nous échappe alors que le désenchantement va grandissant. La gueule de bois s’annonce douloureuse.

Je vous laisse je vais prendre deux Oxyboldine.


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