… et de 25 ans au plus au 31 décembre de l’année d’inscription

Le concours d’entrée en première année est ouvert à tous les candidats sans condition de titre (niveau bac). Ceux-ci doivent être âgés de 17 ans au moins et de 25 ans au plus au 31 décembre de l’année d’inscription.”

… et de 25 ans au plus au 31 décembre de l’année d’inscription.

Pour la première fois de ma vie, je me suis sentie vieille.

Pour la toute première fois… En fait pour tout vous dire, l’information a mis plus de temps que d’habitude pour être déchiffrée par la zone réservée à cette effet de mon cerveau. J’avais vraisemblablement quelques synapses d’occupés. Ou peut-être que ceux ci ont voulu me préserver quelques secondes de plus.

Je suis donc trop vieille pour entreprendre ce que je veux dans l’école de mon choix. Voyez-vous ça… Oh, il y a bien une clause dérogative (laissée à l’appréciation du directeur) mais je n’y crois pas trop. Pourquoi ? Tout simplement parce que je ne pense pas avoir le background qui me permettrait de solliciter cette éventuelle dérogation. Pendant qu’on y est à regarder la vérité en face les choses froidement faisons le jusqu’au bout !

C’est marrant ça. Il y a des concessions (une en particulier) que j’ai refusé de faire à mes parents (à ma mère surtout) mais quelque part je l’ai payé au prix fort sans pour autant avoir matière à regretter “jobistiquement” parlant. Ca a fait de moi une “artiste contrariée” (selon l’expression consacrée ?) parce que l’Art ne nourrit pas son Homme dixit ma mère à l’époque. D’ailleurs à une époque, mon tempérament d’artiste a expliqué beaucoup de choses ; ce qui à mon sens pose le même type de problème que celui de la poule et de l’œuf. Lesbienne tempérament d’artiste oblige ou artiste parce que lesbienne (pour simplifier beaucoup) ? That was the stupid question… que j’ai réglé très vite d’un “où on va là ?”.
Anyway du coup j’ai tout arrêté. Le dessin. La photo. Il n’y a que l’écriture (si on peut qualifier ce que je fais d’écriture au sens noble du terme) qui reste encore… Quand on en reparle, elle balaie tout ça de la main en affirmant avec aplomb que si vraiment ça avait été mon truc, ma vie, j’aurais continué au lieu de tout laisser tomber. Il y a certainement du vrai dans ce qu’elle dit. Certainement. Maintenant avec le caractère que j’ai…

Pourtant, depuis quelques années une petite voix intérieure m’oblige à repenser la question de ce que je veux vraiment faire de ma vie et surtout de ma vie professionnelle. Une fois que ce genre de voix s’est frayée un chemin, en triomphant allègrement de toutes vos barrières, du subconscient vers la conscience, pas besoin de vous dire qu’il est très difficile de la faire taire hein ? (je dis ça pour toutes celles et ceux qui sont arrivés ici en tapant “naît-on homosexuel”). De plus en plus difficile. D’autant plus difficile qu’elle (ma petite voix intérieure) a un allié de poids avec la miss. L’argument est sans appel “Tu veux être aigrie dans quelques années ?”. Non. Bien-sûr que non.

Aujourd’hui pour la première fois par contre, j’ai pris conscience du facteur temps. Je n’ai plus le temps de tergiverser ! Plus le temps… C’est quand même incroyable à… 23 ans ! Pardon ? Une faute de frappe m’a fait inverser les deux chiffres ?! Ah. OK. Merci de me l’avoir signalé… Très aimable.

La trentaine épanouie. Certes. Je ne renie rien du concept dont je suis la première fan. Si j’avais à choisir entre celle que j’étais à 20 ans et celle que je suis maintenant il n’y aurait pas photo ! Vraiment. Je n’ai pas de problème avec le fait de vieillir. Pas pour le moment et bien au contraire. Par contre j’ai désormais un sentiment d’urgence qui m’agace. S’il y a un truc dont j’ai horreur c’est bien ça… J’aime bien quand c’est moi qui dicte le tempo or là j’ai vraisemblablement perdu la main. Il me faudra désormais trouver un moyen de me débarrasser de mes vieux réflexes pavloviens d’antillaise dans l’âme qui veulent qu’il faille anticiper un éventuel retour de l’amiral Robert dans ses fonctions ! J’en rigole mais j’exagère à peine… L’éducation c’est vraiment quelque chose quoiqu’on dise.

Je vais être d’une humeur exécrable ces prochains jours. Je le sens. A bon entendeur…


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