L’ONU, la déclaration des peuples autochtones et le “peuple autochtone martiniquais”
Tout un programme n’est-ce pas ?
Je reprends texto la dépêche de l’AFP du jeudi 13 septembre 2007.
NEW YORK (AFP) - L’Assemblée générale de l’ONU a adopté jeudi une déclaration non contraignante visant à protéger les droits des quelque 370 millions d’autochtones dans le monde, malgré l’opposition de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande, du Canada et des Etats-Unis.
La déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones concerne la protection des personnes, des terres et des ressources.
Au sein de l’Assemblée qui compte 192 membres, 158 ont participé au vote: 143 ont voté pour, quatre contre et 11 - dont la Russie et la Colombie - se sont abstenus.
Cette déclaration, adoptée après 20 ans de débats au sein des Nations unies, affirme notamment que “les peuples autochtones ont le droit à l’autodétermination et qu’en vertu de ce droit ils déterminent librement leur statut politique et recherchent librement leur développement économique, social et culturel”.
Les peuples autochtones affirment que leurs terres sont menacées par une grande variété d’activités, comme l’extraction minière, l’exploitation forestière, la contamination de l’environnement, les projets de développement, la création de zones protégées ou de réserves de chasse, l’usage de semences génétiquement modifiées et la monoculture intensive.
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a salué l’adoption de ce texte comme “un triomphe pour les peuples autochtones à travers le monde”, marquant un moment “historique”.
Mais le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et les Etats-Unis, pays où vit une population autochtone conséquente, ont exprimé leur déception face à ce texte en raison de la mention du droit à l’autodétermination et du droit à la terre et aux ressources. Ils critiquent également le fait que le texte permet aux peuples autochtones d’exercer un droit de veto sur la législation nationale et la gestion des ressources.
Parmi les sources de contentieux, un article qui affirme que “les Etats doivent apporter reconnaissance légale et protection” aux terres, territoires et ressources traditionnellement “détenus, occupés, utilisés ou acquis” par des autochtones.
Autre source de discorde, la mention du fait que les Etats doivent accorder réparation aux autochtones “en ce qui concerne les biens culturels, intellectuels, religieux et spirituels qui leur ont été pris sans leur consentement libre, préalable et éclairé, ou en violation de leurs lois, traditions et coutumes”.
Les opposants au texte rejettent également la nécessité “d’obtenir le consentement libre et éclairé (des autochtones) avant l’adoption de tout projet affectant leurs terres, territoires et autres ressources, en particulier en lien avec le développement, l’utilisation ou l’exploitation de minéraux, d’eau ou autres ressources”.
“Malheureusement, les clauses dans la déclaration concernant les terres, territoires et ressources sont extrêmement vagues, peu claires et susceptibles d’une grande variété d’interprétations”, a affirmé l’ambassadeur canadien à l’ONU, John McNee.
Le leader canadien autochtone, Phil Fontaine, a fustigé de son côté la position du Canada, où vivent 1,3 million d’autochtones sur une population totale de 32,7 millions.
“Nous sommes très déçus de l’opposition du Canada à la déclaration sur les droits des peuples autochtones”, a-t-il dit.
A mon avis, on va donc de nouveau entendre parler du “peuple autochtone martiniquais” - expression chère à certains de nos indépendantistes - un jour ou l’autre. Probablement le temps de gommer dans nos esprits (ceux de certains de nos compatriotes tout du moins) les blessures de Dean que l’Etat français colonialiste nous aide à soigner à coups d’aides exceptionnelles ou pas (étant département français nous y avons droit je le rappelle). Ceci malgré le “non contraignante” qui figure dans le premier paragraphe de la dépêche en question …
Au fait, c’est moi où on les entends moins nos indépendantistes depuis quelques temps. Il y a eu ce silence radio de notre député du Sud après Dean puis une sortie médiatique qui n’a pas été, semble-t-il, du goût de tous (j’étais en vacances donc les propos et les impressions m’ont été reportés d’où les pincettes). J’ai pu cependant lire à droite et à gauche qu’ils (à la Région notamment) étaient occuper à bosser quitte à ce que se soit dans l’ombre pendant que d’autres se pavanaient dans les médias… Je me marre. Permettez-moi de me marrer. A mon avis si c’est comme ça, ils devraient virer leur responsable de communication. Ca ferait des économies puisqu’il est payé à ne rien fou*** ! Bref.
Revenons à nos montons: la Déclaration des peuples autochtones.
Il existe cependant un problème de définition. Qu’est qu’un peuple autochtone ? En fait, il n’existe pas de définition ou plutôt l’ONU refuse de “trancher” et demande dans la pratique si le groupe en question se définit comme tel. On cite souvent cette description des peuples autochtones utilisée dans l’étude effectuée par le Rapporteur spécial, José Martínez Cobo:
“Par communautés, peuples et nations autochtones, il faut entendre ceux qui, liés par une continuité historique avec les sociétés antérieures à l’invasion et avec les sociétés précoloniales qui se sont développées sur leurs territoires, se jugent distincts des autres éléments des sociétés qui dominent à présent sur leurs territoires ou parties de ces territoires. Ce sont à présent des éléments non dominants de la société et ils sont déterminés à conserver, développer et transmettre aux générations futures les territoires de leurs ancêtres et leur identité ethnique qui constituent la base de la continuité de leur existence en tant que peuple, conformément à leurs propres modèles culturels, à leurs institutions sociales et à leurs systèmes juridiques.
Cette continuité historique, peut consister à occuper des terres ancestrales, à avoir des ancêtres communs, une culture et une langue communes, ou se traduire par d’autres facteurs pertinents. Individuellement, un autochtone est une personne qui appartient à un tel groupe ou qui est acceptée par ledit groupe.”
Je retiens quand même le : “par une continuité historique avec les sociétés antérieures à l’invasion et avec les sociétés précoloniales qui se sont développées sur leurs territoires”.
Ah. Pour info, la France a voté pour lors du vote de cette Déclaration des peuples autochtones.
“Selon des sources diplomatiques, la France a longtemps été réticente vis-à-vis de passages clés de la déclaration, “en raison du principe d’indivisibilité de la République” et “par refus de reconnaître des droits collectifs en matière de droits de l’homme“. Mais sous l’impulsion de l’ancien président Jacques Chirac, qui attachait un intérêt particulier aux peuples premiers, ces réticences ont été surmontées.
Jeudi, Paris a voté en faveur du texte, tout en semblant, à travers une “déclaration interprétative“, limiter sa portée nationale “aux autochtones des collectivités territoriales d’outre-mer“. Le droit à l’autodétermination ne peut s’exercer que “conformément aux normes constitutionnelles nationales“, a aussi précisé la France.”
(Le Monde, Les Nations unies reconnaissent les droits des peuples indigènes, 14 septembre 2007).
Pas besoin de préciser que Martinique, Guadeloupe et Guyane font partie des DOM pas des TOM hein ? Je précise également que nous ne faisons pas partie des 16 territoires non autonomes restants contrairement à la Nouvelle-Calédonie par exemple et même s’il y a eu des tentatives pour porter le cas antillo-Guyanais devant le Comité de Décolonisation notamment dans les années 60.
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- Publié:
- 16.9.07 / 12:09
- Catégorie:
- Point de vue








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