Dean et nous
Rédigé le vendredi 17 août - 19h30
Le temps est encore à l’orage. En fait il pleut en discontinu depuis que le jour s’est levé mais vraiment rien par rapport à ce qui est tombé hier soir. Les averses sont plus ou moins importantes. Plus ou moins longues. J’écris par désoeuvrement à la lumière d’une bougie et cette fois-ci je ne trouve absolument rien de romantique à l’infortune qui nous prive d’électricité ! Mes pensées reviennent inlassablement les événements de la nuit qui vient de s’écouler. Je n’ai pas de nouvelles de mes parents depuis maintenant 24 heures mais je me dis que je n’ai pas à m’en faire. Pourquoi est-que ça se serait mal passé pour eux ? Ils sont à l’abri. Je me le répète chaque fois que l’angoisse remonte…
Je commence à ressentirr la fatigue. C’est que la dernière nuit a été plutôt courte. Nous avons été réveillées par un grand bruit ver 4h du mat’; une forme indéterminée ayant attéri sur notre terrasse. Un des palmiers en pot du voisin… Un des palmiers en pot du voisin ?! Impossible, sa terrasse est à 5 mètres de la nôtre ! Le temps de réaliser et je prends conscience du déchaînements des éléments à l’extérieur. Impressionnant. Le bruit que fait le vent qui souffle en rafales continues est absolument assourdissant par moments. Ca craque de partout. Plus aucun doute possible: c’est du sérieux cette fois. Dean se joue de nous… ou avec nous (au choix). Pendant certaines rafales j’ai l’impression de sentir nos murs résister. Je rêve. Je dois rêver ce n’est pas possible sinon. Nos murs sont “en durs” (comme ils disent dans les journeaux) - comprendre que c’est de la brique, pas de l’habitat précaire -. C’est de la folie ce qui se passe dehors.
A 6h du mat’, lumière du jour aidant, nous pouvons enfin mettre des images sur nos impressions de la nuit. Le ciel est gris foncé. Il tombe des trombes d’eau et des objets non identifiés semblent se jouer de la gravité. Nous n’avons pas refermé l’oeil depuis notre réveil en sursaut. Il a fallu parer à deux ou trois infiltrations d’eau et bouger des trucs pour les mettre à l’abri. Rien d’insurmontable mais une sourde angoisse commence à se lire sur le visage de la miss. Premier cyclone. Pour un baptême je pense qu’elle s’en souviendra. C’est que ça dure… Les heures semblent interminables. Je m’endors enfin en essayant de la rassurer et de la convaincre d’en faire autant.
Vers 8h du mat’ j’ai enfin l’occasion de jeter un coup d’oeil plus conséquent à mon environnement habituel en sortant. Stupeur. La mer est déchainée. Il n’y a plus un seul arbre “entier”. Pas un. C’est un spectacle de désolation, fait de toitures détruites, d’arbres déracinés et de débris divers, d’aussi loin que peut porter mon regard. Pas d’électricité. Nous sommes encore alimentées en eau courante par contre. Pas moyens de joindre nos parents respectifs. Pas de réseau de portable (merci Digicel !) et avec notre téléphone électrique… La miss commence d’ailleurs à s’inquiéter sérieusement pour les siens. C’est que leur propriété est à la lisière d’une forêt… Pas de radio (ouais on n’a pas assuré sur ce coup là) donc pas d’infos. Je sais juste que les dégâts matériels sont importants (pas besoin d’avoir fait l’ENA) mais commence à m’inquiéter d’un éventuel bilan humain. Je pense à mes parents.
Vers 10h la miss ne tient plus et décide de monter à la voiture pour essayer de savoir ce qu’il en est via la radio. Je sors derrière elle. Je fais de mon mieux pour éviter les débris qui jonchent le solet me fraye un chemin vers la voiture. C’est de la folie… Je la trouve en train de discuter avec les voisins. Un coup d’oeil à la voiture pour constater que le cocotier est tombé à ça… Vraiment à ça. Sinon, les nouvelles ne semblent pas géniales. Les voisins racontent leur nuit. Une a perdu son toit. L’autre a sa cuisine inondée. Routine d’un lendemain d’ouragan que nous Martiniquais avions oublié (et bien volontiers laissé au Guadeloupéens !). Certains ont eu plus de pot que d’autres. Nous en l’occurence parmi ceux qui discutent ce matin là au milieu d’un parking jonché de débris.
J’entre dans la voiture. RFO Martinique. Les nouvelles ne sont vraiment pas géniales. Catégorie 2. Alerte grise. Secours en route. Banane sinistrée. Réseau électrique endommagé au 2/3. Tentatives de pillages. Pas de morts à déplorer (on apprendra plus tard le décès d’une octagénaire). La Guadeloupe va bien… Dean se renforce par ailleurs.
En alerte grise, tous les déplacements sont interdits sauf en cas de force majeure. La miss ne semble pas prête à composer avec les consignes de la Préfecture. Pas moyen de la raisonner. En moins de temps qu’il faut pour réfléchir nous voilà slalommant entre les débris de toutes sortes et les cables de haute tension (ou était-ce des cables téléphoniques ?) pour aller voir où ils en sont. Apocalypse now… Panneau de signalisation courbés ou arrachés par le vent. Les badeaux sont de sortis. Les appareils photos numériques aussi. J’ai oublié le mien. Je sais que je n’ai rien à faire là mais je peux comprendre qu’elle ai peur. Ca ne m’empêche pas de fulminer intérieurement…
A l’arrivée tout le monde est sain et sauf (en les voyant se tomber dans les bras je sais qu’on a pris la bonne décision de venir ou y’aurait eu un mort par crise cardiaque !). On ne peut pas en dire autant des arbres de la propriété. Comme la nôtre, leur voiture a échappé de peu au pire. Par contre de ce côté il n’y a ni eau, ni électricité.
Je n’aurais des nouvelles des miens que le lendemain… Samedi 18 août. Midi. Tout s’est bien passé.



A propos de cet article
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- Publié:
- 18.8.07 / 19:23
- Catégorie:
- In my "L" world



Hum hum hum, une de ses photos me dit violemment quelque chose….

La meteo a dit aujourd’hui, qu’il y en a un en préparation pour jeudi ou vendredi. Cette fois, je ferme le home sweet home et je m’exile en guadeloupe, j’ai pas envie de revivre ça à 5 jours d’intervalle ni même à 20 ans d’ailleurs.
L’eau des WC bougeait, oui bougeait, même montait et descendait.
Mince, où est passé l’époque bénie ou les cyclones fonçaient droit sur nous et faisaint une feinte au dernier moment pour ratiboiser l’île soeur. Voila le résultat du réchauffement climatique!
Si tout va bien on sera parties sous d’autres cieux d’ici là… En vacances hein et pas par pure lâcheté chez nos meilleurs ennemis ! Tiens du coup, je le vois bien faire comme d’hab celui là: foncer droit sur nous et bifurquer au dernier moment… histoire de te faire un ti coucou Dayle (no offense amis guadeloupéens).
Euh oui, l’électricité c’est OK pour nous depuis ce soir. Youpi !
Miss B peut de nouveau se lâcher et ne plus jamais éteindre la lumière de votre salle de bain.
Grâce à internet (triplay efficace) l’anxiété et la frustration ont été réduit de moitié.
Mais c’était complètement surréaliste d’informer de la situation certains membres de ma famille qui pourtant au coeur de l’évènement ne pouvaient se joindre les uns les autres. Imformer les hexagonaux qui travaillaient aussi a été un boulot à plein temps.
Je commence à détester de plus en plus le mois d’août.
en gwada ct pa tré violan on est resté tte la journéé du vendredi sur la terrasse! graver des calebass… A regarder le ciel electrique et ses bonnes rafales par momen; juste un ti flomboyan de déraciner. dommage que ma puce n’étai pa avec moi; voili jvou accueil volontier enn exil chez moi ;
salut tout le monde. Pour moi en gwada nord grande terre c’etaiat pas si terrible par contre le vent!!!!!! Je suis inquiéte pour mes friends en martinique aucune news et les telephones ne repondent pas
sinon c’est faux que les cyclones feintent la martinique pour aller en guadeloupe. Et malgré notre experience les guadeloupéens ont eu vraiment peur comparant dean à hugo
mais bof sinon on a eu l’eau et pas d’eletricité. Ils ont renvoyé aprés car un poteau etait tombé sur la route
Bon, je suis content que d’un point de vue humain tout se termine bien pour vous et vos familles, mais quel témoignage terrifiant… J’imagine ce que c’est d’être sans nouvelle de ses proches, sans possibilité d’en avoir, après tout cela. Enfin bon, à la fin de ton billet, c’est le soulagement.
Maintenant, il va être temps de réparer, reconstruire… Bon courage pour les jours qui viennent, à vous deux et à tous les habitants de la Martinique.
[...] blog de [moi] [fr]narrates the devastation caused by Hurricane Dean in Martinique and the anguish of not knowing her parents’ whereabouts during the ordeal. [...]
Quand je lis ton billet, il me donne des frissons… que de mauvais souvenirs avec ces cyclones qu’on a connu ici en Guadeloupe. On ne s’y habitue jamais et à chaque saison cyclonique c’est la même angoisse. Dean m’a donné quelques frayeurs par moment mais sinon cela s’est relativement bien passé.
[Moi] je suis contente de savoir que ton entourage et toi, alliez bien. Bon courage à vous tous mais aussi à ceux ici qui ont souffert!
Je vais être franche…
Les Guadeloupéens n’ont pas supporté les commentaires de la Martinique du genre…”La Guadeloupe va bien”, “La Guadeloupe est épargnée”.
-Et je me compte parmis le lot-
D’ailleurs je crois même que le préfet a du intervenir pour que l’on cesse de propager ce genre d’information.
M’enfin je suppose que ça n’étonnera personne… Tout est toujours bon pour que Martiniquais et Guadeloupéens se tapent dessus… même pour un cyclone.
Parce qu’au cas où ça ne se saurait pas; ça se marre grassement ici quand ça tchatche Martinique et Dean.
Que vous ayez eu peur, que vous ayez été choqués…bon, c’est concevable… Ici aussi, les gens sont devenus fous. On a même cru qu’il y aurait plus de morts en Guadeloupe, tellement mako et makrelles enragés pou ay’ gadé lan mè la, roulé èvè voiti a yo dan le vent, zigzagé si les lignes électriques…
Encor un peu et couyonies a moun té tchouyé yo avan’ cyclone la!
Yo té là… Yo té là comme si… c’était la première fois qu’un cyclone débarquait dans le coin…non mais sérieux quoi…
Bref. La peur, le vent qui souffle, les bananiers qui tombent, ok…-De toute façon un coup de vent a raison de la banane.-
Mais que la Martinique s’écroule sous un cyclone de force 2?! Ca, on n’a pas comprit et c’est toujours la grosse marade du moment ici.
Le mode de construction des habitations en Guadeloupe a changé après Hugo, -force 5, 1989, rappellons le- car telles furent les recommendations des techniciens envoyés ici à l’époque.
Et bien… je suppose… et j’espère pour vous qu’il en sera fait de même après Dean, en Martinique.
Et… heureusement pour vous que le gouvernement vous ait pris au sérieux, parce que soyons sincères, cela n’aurait jamais du vous arriver.
Allez! Pa fend, relevé zot.
Détrompes-moi, ce n’est pas de l’agressivité que je sens dans ton commentaire hein ?
Que la Martinique soit la risée de la Guadeloupe, que dis-je de certains guadeloupéens, parce qe à genoux après un ouragan de force 2… pourquoi pas… Pour éviter de rajouter de l’eau au moulin de ceux pour qui “Tout est toujours bon pour que Martiniquais et Guadeloupéens se tapent dessus” je ne te répondrais pas là-dessus.
Sur le reste j’attendrais d’être rentrée de vacances aussi tiens moi personnellement mais que les autres n’hésitent pas…
[...] du point de vue touristique pas la peine d’en rajouter après un scandale sanitaire, un cyclone, une épidémie de dengue et quelques secousses sismiques notables (4,9 pour celle d’hier et [...]