De ma souffrance de Potter addict
Billet sans spoiler.
Voilà.
Je fais enfin partie de “Ceux-Qui-Savent”. Je fais partie de ces millions de fans qui ont dévoré (c’est peu dire) “le dernier Harry Potter” dans le seul but d’en lire le dernier chapitre - sans commencer par lui (sacrilège sans nom dont les adeptes mériteraient des châtiments dignes des tableaux de Jérôme Bosh s’il n’en tenait qu’à moi) - et d’avoir les réponses aux questions qui nous ont tenu en haleine sept années durant !
Jamais livre (je parle de ce dernier tome) ne se sera fait autant désiré et n’aura engendré chez moi une telle frustration. J’avais pourtant tout planifié pour me délecter de mon bouquin en VO ce fameux week-end du 21 juillet… Une semaine après, je suis assez remise de mes émotions pour vous conter tout ça.
Février 2007. Suite à l’annonce de la date de sortie du “Tome-Le-Plus-Attendu”, j’en profite pour suggérer, à grands coups de “qui m’aime trouvera un moyen de me faire avoir le livre à sa sortie pour m’éviter les affres d’une attente insoutenable…”, une pré-commande sur internet. Ce sera via la Fnac. A moitié tranquille (c’est pas pour dire mais ça part toujours en couilles j’ai toujours des bugs avec eux) mais pas assez folle pour râler quant au fournisseur choisi (et accessoirement ayant reçu une très bonne éducation), c’est somme toute sereinement que se sont écoulés les mois puis les jours jusqu’au jour J. Malgré la pression médiatique et le scandale de son piratage et de sa disponibilité sur les sites de P2P, ce n’est que le samedi matin, et pas avant, que le besoin impérieux de lire THE Potter a refait surface (un besoin nettement supérieur à celui qui m’avait étreint à la fin du sixième). Il me le fallait. Le jour même. Naïvement Bizarrement je commence par appeler les différentes librairies d’ici (dont une des librairies chrétiennes just for fun) pour savoir si par hasard la Martinique figurait sur la Mappemonde de la civilisation. Réponses négatives (”pas avant mercredi” au mieux) et pression en nette hausse plus tard, la miss me demande exaspérée pourquoi je n’appelle pas la Fnac pour savoir de quoi il en retourne pour un livre que je devais recevoir le jour de sa sortie si on en croit leur pub. Mon esprit enfiévré ayant intégré de lui-même les deux jours de délais de route nécessaire à l’acheminement d’un livre au départ de l’Hexagone (alors que je l’avais pré-commandé pour l’avoir sans délai) j’avais zappé la Fnac de mon “maintenant et tout de suite” ! Me voilà donc au téléphone avec une charmante hôtesse qui m’explique calmement que je ne risque pas de le recevoir; ma commande n’ayant pas été prise en compte - contrairement à ce que le mail de confirmation de leurs services laissait croire - la date d’expiration de la carte de la miss étant arrivée à expiration entre temps !
Stupeur. Il n’allait pas m’arriver à domicile. Pire: je ne risquais pas de l’avoir (pas question de refaire une commande internet) avant… avant… mercredi au plus tôt ! Aaaaaaaaargh !
Une chose était claire : je ne pourrais pas attendre quatre longs jours à éviter soigneusement de surfer sur le Net la rage au ventre en voyant ça ou ça tout en évitant les dépêches de l’AFP et les spoilers volontaires ou non !
Ce même samedi, de guerre lasse (de me voir tourner en rond et “tchiper” toutes les trois secondes), la miss s’est fendu d’un message à un de ses contacts canadien pour lui demander s’il était possible qu’il se procure le livre de toutes urgences et qu’il le lui FedEx (du verbe “FedExer”) avant qu’elle ne commette l’irréparable. La lumière est donc… Pardon ? Pourquoi le Canada ? Ben, pour se la jouer pardi, non ?! Non, en fait nous nous sommes creusées les méninges pour savoir qui accepterait d’aller faire la queue quelques heures pour mes beaux yeux en vain avant de d’opter pour la solution Canada en comptant sur une diffusion plus large du tirage (donc moins d’attente ?). Un “Okay !” franc et gentiment moqueur plus tard (monsieur est un geek pas un potter addict) me voilà maudissant intérieurement l’existence du dimanche. C’est donc avec joie (fait assez rare pour être souligné) que j’ai vu le lundi matin poindre son nez…
Bien que parfaitement consciente de l’importance de la date et de l’heure d’envoi du FedEx pour une réception le lundi, vous pensez bien que je ne me suis pas risquée à suggérer quoi que se soit surtout lorsque j’ai appris qu’il allait mettre à contribution sa femme enceinte pour aller poster l’objet de ma convoitise ! Et ce qui devait arriver… arriva…
Lundi. Point de Potter. Mardi. Point de Potter. Mercredi. Point de Potter…
Mais ce n’est pas tout ! Mardi après-midi, une affaire urgente à régler dans le temple de la consommation de l’île, m’amena à passer à proximité de la libraire du coin (Librairie Antillaise Galléria donc). Voulant sans doute me rassurer quant à la non disponibilité de l’ouvrage yet dans les librairies de l’île me voilà m’enquérant de sa prochaine arrivée “en rayons” (parce que “pas avant mercredi” veut normalement dire en langage décodé “disponible vendredi au plus tôt !”). Vous avez deviné… Le “Il est arrivé ce matin et il ne m’en reste presque plus !” de la responsable du rayon a failli avoir raison de moi. Me voilà face aux quatre derniers exemplaires de leur commande. Me voilà, tenant LE livre de mes rêves du moment entre les mains. Caressant sa couverture. Soupesant ses 600 et quelques pages de promesses… et face à un dilemme cornélien shakespearien : to buy or not to buy…
Si vous suivez bien, je ne savais pas encore que mon exemplaire canadien ne serait arrivée à cette même heure le lendemain ! Le “sacrifice” de ma doudou qui avait risqué sa crédibilité (une geekette appelant un geek pour lui demander après le dernier Potter !) me brûlait intérieurement comme devait brûler la marque des Death Eaters à l’appel de Voldemort (si, si !). Pourtant l’envie était trop forte et j’ai quand même pris mon téléphone pour l’appeler et l’entendre grommeler deux ou trois phrases dans lesquelles j’ai crû saisir au vol “j’ai quand même demandé… quand même… Canada… impatiente comme tu es… arrivé bientôt… ton choix après tout… plus jamais…“. Bref. Je risquais bel et bien de briser mon couple si je succombais à la tentation !
C’est les mains vides et la mort dans l’âme que je suis sortie de la librairie. C’était insupportable ! Je ne pouvais pas l’avoir tenu entre mes mains sans être en mesure de le lire ! Et tous ces Muggles qui vaquaient à leur occupations sans savoir… C’est à ce moment là que j’ai pris ma décision. Ce serait mon dernier jour d’attente. Mercredi soir, je rejoindrais Harry, Hermione, Ron et Cie quelqu’en soit le prix. Ce serait soit un exemplaire canadien, soit un exemplaire martiniquais ! Dans l’éventualité de l’achat de l’exemplaire martiniquais, il fallait juste que je trouve le moyen de garder ma compagne (ça sert toujours les jours de pluie et de froid !) donc que je lui explique pourquoi il s’agissait non pas de l’avoir mais de l’avoir le plus rapidement possible quitte à se retrouver avec deux exemplaires !
Vous voulez savoir comment j’ai fait ? Simple. J’ai pris à ma geekette de doudou un exemple qu’elle ne pouvait que comprendre en lui demandant d’imaginer qu’Apple sorte son tout dernier système d’exploitation (qui accessoirement prépare le petit déjeuner et le sert au lit à son propriétaire) ; qu’elle se soit assurée de l’avoir et qu’un vil contre-temps l’empêche de le recevoir en temps et en heure alors que le monde entier prend ses petits-déjeuners au lit depuis quelques temps et s’en vante à qui mieux mieux…
Mercredi après le boulot j’avais mon bouquin. J’avais dit “à n’importe quel prix”. Il m’a coûté 43,10€. Vous avez bien lu. Mais on s’en f***. Seule compte l’ivresse.
Je l’ai terminé le jeudi soir. L’exemplaire canadien est arrivé le jeudi après-midi (posté la veille en fait femme enceinte malade oblige). Il a été gracieusement offert à la petite sœur de la miss qui n’en pouvait plus de me voir dévorer le mien et qui n’osait en rêver !
Je compte donner celui que j’ai à ma soeur et me racheter un exemplaire avec une couverture adulte pour rejoindre les autres dans ma bibliothèque.
Pardon ?… Qu’est-ce que j’en ai pensé ? Je vous en reparle dans un prochain billet, promis.
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- Publié:
- 28.7.07 / 13:27
- Catégorie:
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Le truc là… “quand on aime on ne compte pas” c’est pas de moi, c’est pas moi qui l’ai inventé que je sache


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