150ème anniversaire des “Fleurs du Mal”
Là encore je ne risque pas de faire dans l’originalité folle si je vous dis que Baudelaire est mon poète français préféré et “Les Fleurs du Mal” mon recueil favori. Il y a d’ailleurs trois livres que vous trouverez à coup sûr dans ma bibliothèque quelque soit l’endroit du globe ou j’habite: “Les liaisons dangereuses“, “Le Petit Prince” et “Les Fleurs du Mal“.
Des rencontres… Des livres que j’ai lu très jeune et qui m’ont chacun à leur manière ont laissé une trace, une marque indélébile. “Les Fleurs du Mal” plus que les deux autres… Effrayant et fascinant à la fois. Tellement beau et tellement vrai.
Baudelaire parle de la mort et des femmes comme personne. Cette fascination pour les deux, je la comprends que trop. Sa poésie fait simplement écho à ce que je suis profondément: un être somme toute relativement tourmenté. Avec ses propres questions existentielles. Pourtant j’ai une relation assez bizarre avec ce recueil que j’ouvre assez rarement parce qu’il réveille toujours mes pensées les plus sombres… Ma boîte de Pandore en quelque sorte. Le spleen ? Si je ne me retiens pas, je suis capable de m’y complaire et de m’en satisfaire entraînant l’Autre (assez fou pour se laisser faire) dans ce qui ressemblerait fort à une descente aux enfers. Une chute sans fin.
Du coup, je me plonge avec délectation dans mon recueil favori plutôt quand je vais mal (ce qui n’est pas une très bonne idée je vous le concède volontiers). Peut-être parce qu’il m’aide à toucher le fond et que dans ces moments là, j’ai besoin de ça pour remonter. Comme dans une piscine. Toucher le fond et taper violemment du pied pour remonter à la surface, les poumons en feu… ready to rumble.
Il y a donc des textes que je connais par coeur et que j’aime dont celui-ci:
Le Vampire
Toi qui, comme un coup de couteau,
Dans mon coeur plaintif es entrée,
Toi qui, forte comme un troupeau
De démons, vins, folle et parée,
De mon esprit humilié
Faire ton lit et ton domaine;
- Infâme à qui je suis lié
Comme le forçat à la chaîne
Comme au jeu le joueur têtu
Comme à la bouteille l’ivrogne,
Comme aux vermines la charogne
- Maudite, maudite sois-tu !
J’ai prié le glaive rapide
De conquérir ma liberté,
Et j’ai dit au poison perfide
De secourir ma lâcheté.
Hélas ! le poison et le glaive
M’ont pris en dédain et m’ont dit:
“Tu n’es pas digne qu’on t’enlève
A ton esclavage maudit,
Imbécile ! - de son empire
Si nos efforts te délivraient
Tes baisers ressusciteraient
Le cadavre de ton vampire !”
(Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, Spleen et Idéal)
A propos de cet article
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- Publié:
- 25.6.07 / 21:22
- Catégorie:
- Vu, lu, entendu



Que dire de plus …. rien.
je ne connais que de nom et ne connait rien de ces oeuvres
wouah c jolie
Je suis un peu surprise tishai, Baudelaire n’est plus au programme en classe de français ? En seconde il me semble (ou avant)… Non ?
Hum oui, je suis surpris aussi. Moi en tout cas j’en ai entendu parler lors de ma scolarité (mais bon, c’était il y a bien longtemps maintenant… je me suis aperçu avec stupéfaction que cette année, j’ai exactement le double de l’âge que j’avais quand j’ai passé le bac. Argghhh)
Néanmoins je dois avouer que j’ai peu fréquenté l’œuvre de Baudelaire (et des poètes en général), mais cet anniversaire est peut-être l’occasion de réparer ça.
Dépêche de l’AFP:
“Un exemplaire des Fleurs du Mal offert par Baudelaire à Delacroix a atteint mercredi soir chez Sotheby’s à Paris la somme record de 603.200 euros (avec frais, 510.000 euros sans les frais), lors d’une vente de manuscrits et livres rares.
L’ouvrage, le clou de la vente de la Collection Pierre Leroy, grand bibliophile, a enregistré un record mondial pour une édition originale de littérature française, selon Sotheby’s. Il a été acquis par “un acheteur anonyme”. [...]”
Juste pour préciser que je ne suis pas ce mystérieux acheteur anonyme !
En fait j’étais en seconde génral mais avec un programme très basé sur mécanique et truc dans ce style alors vois tu, [moi], je n’ai pas connu Beaudelaire!
Il est très étudié dans les classes littéraire cependant.
[...] blog de [moi] celebrates the 150th anniversary of Fleurs du Mal (Fr) by posting “Le Vampire” and explaining her attraction to Baudelaire’s [...]
bonsoir. il est 1h51… insomnie quand tu nous tiens… je suis tombee un peu par hasard sur ton blog et je dois avouer ne pas avoir su résister à l’article 150eme anniversaire des fleurs du mal. je n’ai pas lu le recceuil encore en entier. que par fragments. alors j’ai découvert avec joie et humilité le poème du vampire. il y en a un que j’aime beaucoup moi et qui ne se trouve malheureusement pas dans toutes les éditions du recceuil “Delphine et hippolyte”.. exquis.. mon poème préféré jusqu’ici. très noir, tres violent et tres homophobe.. du baudelaire quoi. mais il est divinement bien écris.. du baudelaire quoi(bis).. a plus de minuit on radote. enfin voilà. ça m’a fait plaisir de tomber sur un blog plutot intelligent. je modere mon compliment car je n’ai pas encore visité la totalité du site. mais j’ai vu que tu aimais particulièrement le Petit Prince (ma seconde bible, la première cest la vraie tout simplement) et les liaisons dangereuses… choderlos de lachlos et sa critique des moeurs bourgeoises douteuses du … je ne suis plus certaine du siècle.. 17? .. m’enfin, je vérifierais ça plus tard. en parlant des liaisons dangereuses tiens, tu as certainement vu “sexe intentions” vive le cinéma moderne. j’avoue que je l’ai trouvé plutôt pas mal. puis il y a eu, plus récemment, l’adaptation avec julia roberts, jude law, nathalie portman… le titre du film m’échappe. décidemment, cette nuit, je ne me rapelle plus de grand chose. je vais te laisser et essayer de rejoindre morphée, me rendant compte que j’ai déjà beaucoup écrit. bonne continuation. puis retourne lire, ou découvre le peut-être, le texte de baudelaire dont je tai parlé plus haut. saez d’ailleurs l’a mis en musique par fragments. facile à trouver sur radio blog si tu ne la connais pas. allez, cette fois ci j’y vais. bonne nuit ou bonne journee, tout dépendra de quand tu liras ces quelques mots
Salut erica,
Je connais effectivement “Delphine et Hippolyte” (qui ne fait pas partie de mes préférés) mais bizzaremment je ne le qualifierais pas d’”homophobe”. Il y a incompréhension de ce type d’amours certes mais pas condamnation à mon sens ou alors elle est à l’égal d’une certaine fascination. La pauvre nous plaint parce qu’il ne comprend rien à ce qui ce passe et est certainement à compter parmi ceux qui pensent la relation lesbienne comme incomplète (”il manque quelque chose”). D’où (selon eux et pour celles qui s’y adonnent) manque et quête innasouvie… D’où une strophe comme:
“Loin des peuples vivants, errantes, condamnées,
A travers déserts courez comme les loups;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l’infini que vous portez en vous !”
C’est quand même lui qui écrit dans “Lesbos”
“Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge
Et condamner ton front pâli dans les travaux,
Si les balances d’or n’ont pesé le déluge
De larmes qu’à la mer ont versé tes ruisseaux ?
Qui des Dieux osera, Lesbos, être on juge ?
Que nous veulent les lois du juste et de l’injuste ?
Vierges au coeurs sublime, honneur de l’archipel,
Votre religion comme une autre est auguste,
Et l’amour se rira de l’Enfer et du Ciel !
Que nous veulent les lois du juste et de l’injuste ? (…)”
Bref pour en revenir à son “homophobie”; je pense que Baudelaire est simplement convaincu que le couple lesbien porte en lui son malheur. Chose que beaucoup ont crû et croient encore aujourd’hui.
Sinon, je ne suis pas fan de “Sexe Intentions” non plus (sorry) quand à “Closer” (le film dont tu parles avec Jude Law, Julia Roberts et Nathalie Portman) je ne suis pas sûre qu’il m’ait fait meilleure impression.
Ah. Le de Laclos c’est 18ème.
Voilà.
up!
j’aime beaucoup ce Baudelaire extrait des fleurs du mal :
Parfum exotique
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ;
Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’œil par sa franchise étonne.
Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,
Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.