J’ai vu “Zodiac” et je suis restée sur ma faim…

David Fincher est un de mes réalisateurs préférés. Pas très original, je vous le concède mais il se trouve juste que j’ai aimé tous ses films. C’est aussi simple que ça. De “Alien 3” (je suis fan de la série - le troisième volet n’étant pas le plus réussi mais de loin le plus esthétique et le plus sombre finalement -) à “Panic Room” (seul vrai bémol de la liste) en passant par “Seven“, “The Game“, “Fight Club“. Tous. Bien sûr les deux qui sortent du lot restent “Seven” et “Fight Club“. Ces deux modèles du genre en matière de thriller ont contribué à la naissance puis à la reconnaissance du style Fincher: cynisme, noirceur, violence, le tout filmé avec un style très moderne et une attention particulière accordée à l’image, au visuel. J’adore. D’ailleurs, il me semble qu’il y a eu un avant et un après en matière de générique avec “Seven“.

Chaque nouveau Fincher est donc déjà en soi, pour moi, un film à voir, alors imaginez mon impatience et mon attente dès lors que j’en ai appris le sujet ! Ma séance en a probablement “pâti”. A trop attendre du film…

ZodiacZodiac, l’insaisissable tueur en série qui sévit à la fin des années 60 et répandit la terreur dans la région de San Francisco, fut le Jack l’Eventreur de l’Amérique. Prodigue en messages cryptés, il semait les indices comme autant de cailloux blancs, et prenait un malin plaisir à narguer la presse et la police. Il s’attribua une trentaine d’assassinats, mais fit bien d’autres dégâts collatéraux parmi ceux qui le traquèrent en vain.
Robert Graysmith, jeune et timide dessinateur de presse, n’avait ni l’expérience ni les relations de son brillant collègue Paul Avery, spécialiste des affaires criminelles au San Francisco Chronicle. Extérieur à l’enquête, il n’avait pas accès aux données et témoignages dont disposait le charismatique Inspecteur David Toschi et son méticuleux partenaire, l’Inspecteur William Armstrong. Le Zodiac n’en deviendrait pas moins l’affaire de sa vie, à laquelle il consacrerait dix ans d’efforts et deux ouvrages d’une vertigineuse précision…

Je l’ai trouvé décousu et long. Très long.

Pour une fois je pense que si j’avais un peu lu sur le film (pas forcément les critiques), avant ma séance, mon avis aurait été différent. Disons que maintenant je suis à même d’émettre quelques hypothèses sur ce qui pour moi “cloche” et explique je n’en ferais pas mon Fincher préféré. Loin de là. Disons même qu’il arrive bon dernier.

Décousu.

En fait, plus qu’au tueur en lui-même, le film s’attache à l’impact qu’aura ses actes (et l’enquête qu’ils déclencheront) sur principalement trois de nos protagonistes à savoir Robert Graysmith (Jake Gyllenhaal), Paul Avery (Robert Downey Jr.) et David Toschi (Mark Ruffalo). Les trois mènent l’enquête. Les trois le font à leur façon… sur un film clairement en deux temps: l’enquête officielle et l’enquête officieuse. L’enquête officielle avec l’omniprésence du Zodiac grâce à son jeu médiatique et le malin plaisir qu’il prenait à narguer la police puis officieuse à une époque où le tueur ne frappe plus et où l’affaire non résolue est en stand-by.

Le problème c’est que chaque temps aurait pu faire l’objet d’un film ! D’un traitement à part. Aucune prétention de ma part (manquerais plus que j’apprenne son job au môsieu). C’est juste qu’au bout d’une heure à peu près, le film retombe mollement jusqu’à ce que Robert Graysmith se décide à entrer véritablement dans la danse soit au moment où son personnage passe au premier plan. Je me suis vraiment demandée comment Fincher allait s’en sortir (du creux du film) et pour moi le tour de passe-passe qui consiste à changer son fusil d’épaule en changeant de protagoniste phare aurait pu être concluant si on n’était pas sur une telle durée.

Long.

2 heures et 36 minutes. L’impression est renforcée par les inscrustations de temps à l’écran tout au long du film. J’ai trouvé ça insupportable (les inscrustations) au bout d’un moment.

L’autre problème c’est que la pression psychologique qu’installe les premières et seules scènes de meurtre (”Fincheriennes” les scènes) retombe au bout d’un moment et laisse place à l’attente d’un dénouement et d’une résolution si ce n’est de l’enquête mais au moins du film ! Une longue, longue attente… que les courses à droite et à gauche de Robert Graysmith, gauche à souhaits, ont du mal à combler (malgré une scène assez géniale).

Maintenant quand quelques lectures sur le sujet plus tard j’apprends que l’équipe disposait d’une énorme documentation sur le sujet (deux livres et 10 000 pages de rapports et documents, les interviews des survivants, des proches des victimes, etc.), face à ce dossier non élucidé il était peut-être difficile de se tenir à un fil conducteur clair tout en montrant pourquoi tout le monde s’y était cassé les dents. En voulant peut-être trop souligner sa complexité (du dossier) et ses nombreuses zones d’ombre, je trouve que le résultat a trop perdu en intensité dramatique et fini en une sorte de “tout ça pour ça”…

Conclusion ? Les protagonistes de l’époque ont eu du mal avec l’enquête, James Vanderbilt avec son scénario, David Fincher avec son film. La boucle est blouclée !


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