J’ai vu “La Cité Interdite”: le film est magnifique !

Magnifique.

La Cité InterditeChine, Xème siècle, Dynastie Tang. De retour à la Cité interdite après une longue absence, l’Empereur découvre qu’un complot se trame au cœur même de son palais. Les dangereuses alliances et les manipulations des conspirateurs n’ont qu’un seul but : prendre le pouvoir du plus grand Empire au monde. La trahison viendra de l’intérieur : une rébellion menée par la reine elle-même.”

C’est d’abord un beau film.

Le film le plus cher du cinéma chinois… Croyez-moi cela se voit à l’écran ! Zhang Yimou nous a habitué à un esthétisme poussé à l’extrême avec des films comme “Hero” ou “Le Secret des Poignards Volants” mais là c’est du sans commune mesure. Visuellement parlant le film est impressionnant. C’est une orgie de décors et les costumes plus somptueux les uns que les autres magnifiés par des mouvements de caméra et des plans dont lui seul à le secret. Magnifique. L’obsession du détail. Le foisonnement des couleurs. Rajouter à cela pléthore de figurants et vous vous retrouvez avec une retranscription du faste de la Chine féodale. Absolument magnifique.

Les retrouvailles entre le maître et sa muse… Dans le rôle de l’impératrice, Gong Li est…(vous m’excuserez) magnifique. Elle irradie. Que dis-je : elle brûle la pellicule. Alors que son personnage justement peut paraître, de prime abord, froid et hautain sous la glace couve un volcan. Une femme tiraillée entre ses désirs de femme et de mère et son statut d’épouse et d’impératrice. Quoi de plus dangereux qu’une femme de caractère blessée et opprimée ? Rien. D’où un personnage fort et perturbé joué avec une retenue toute orientale (ou du moins de l’idée que je me fait de la femme orientale). Du coup son jeu est essentiellement basé sur les émotions qu’elle fait passer par ses attitudes, ses gestes, son regard. Beaucoup dans le regard… Elle est magnifique. Un rôle shakespearien dans la lignée d’une Lady Macbeth.

A propos des émotions qui passent dans le regard, j’ai appris que cela s’appelait le yanshen. Le mot signifie “l’esprit des yeux”; le moi intérieur, l’univers profond étant exprimé à travers la façon dont les choses sont regardées.

C’est en tout cas une actrice en état de grâce filmée par un réalisateur inspiré. Ceci dit, sa performance d’actrice ne doit pas faire oublier la présence à l’affiche des deux autres stars du cinéma chinois que sont Chow Yun-Fat (impeccable comme toujours) et Jay Chou (star montante). D’ailleurs la première scène de combat en armures entre les deux est époustouflante visuellement.

Mais c’est aussi un bon film.

Une intrigue au sein de la dynastie des Tangs l’une des dynasties les plus flamboyantes de Chine… Rien de telle qu’une intrigue à la hauteur. De celle qui vous surprend, qui vous étonne, qui vous laisse croire que vous avez une idée à peu près précise du comment du pourquoi et qui vous laisse deux heures après absolument sans voix. Du grand art grâce à un scénario, à mon avis, plus élaboré que les précédents. Plus intimiste également.

Pour finir, pour les amateurs du genre, les scènes de combat (chorégraphiés) bien qu’elles se comptent sur les doigts de la main, valent le détour… Ce n’est donc pas un film d’arts martiaux (comprendre qu’il y a beaucoup moins de scènes de combats que dans “Le Secret des Poignards Volants” par exemple).

Conclusion ? Vous ai-je dit que le film est magnifique ?


A propos de cet article