De l’anonymat… suite et fin ?
Suite à l’excellent billet de Matoo (dont je salue la réactivité sur le coup même si je n’en parle que maintenant) et aux nombreux commentaires qu’il a suscité, je dois quand même préciser trois choses:
1) Les phases de ma vie de blogueuse ont vraisembablement été inversées. J’ai en beaucoup parlé autour de moi au début (à quelques proches que je peux compter sur les doigts d’une main et à une majorité de connaissances gays) pour ensuite ne plus le dire du tout quand j’ai commencé à avoir une certaine audience. Ceci parce que je me suis rendue compte que c’était mon “anonymat” qui me permettait une certaine liberté de ton et que si je voulais la garder j’avais intérêt à faire profil bas dans ma vie de tous les jours. J’avais d’ailleurs, quelques mois après la création du blog, fait part de mes regrets concernant le fait de ne pas être totalement anonyme dans un commentaire chez Indilou qui abordait le sujet.
2) Contrairement à ce que pourraient penser ceux qui découvrent ce blog via Matoo, le “elle” en question ne fait pas allusion à ma compagne (heureusement pour moi ! - euh… ouais elle est plus grande et tout et quand elle prend une grosse voix j’ai peur - ).
3) Je n’ai jamais fait partie de ceux qui se pensent à l’abri de quoi que se soit derrière un pseudo. Jamais. Whois je connais. Les autres ficelles d’Internet aussi. Je rappelle que la seule maîtresse que je connaisse à la miss, répond au doux prénom de iMac et croyez-moi au bout de presque 7 ans à se la “partager” j’ai appris à connaître ma rivale !
Ceci étant dit je retiens principalement deux choses de la démonstration:
“Et qu’est-ce qui marche ? Mais le scandaleux évidemment, le sexuel et sulfureux, la polémique et le brûlot qui fait du boucan, il y a aussi l’humour et l’ironie, le billet d’humeur bien senti, la confidence inavouable qui nous parle ou bien encore un témoignage authentique et sincère. D’où ce désir ambigu et impossible d’être lu par le plus grand nombre, mais de se retrouver ainsi autocensuré. Ou alors il faut s’ouvrir à la blogosphère seule et rester anonyme, mais alors il est difficile de cacher cela à ses proches. Sinon on dit tout à tout le monde, et alors on se retrouve à ne plus “rien” avoir à dire. Car parler de ses proches en les fustigeant ou pire, c’est s’exposer à des représailles ou bien simplement à des malentendus qui ne se terminent jamais bien. Et évoquer sa relation peut aussi dramatiquement se conclure.”
Je suis persuadée que le rapport à l’anonymat et son cortège d’avantages et d’inconvénients est réglé pour peu que l’on se positionne clairement quant à ce que l’on souhaite véritablement pour soi. Pour peu qu’on ait véritablement pris la mesure des conséquences de ses écrits comme des probables et non pas des possibles.
Je n’ai véritablement pris le temps d’y réfléchir que ces derniers jours. Oui, seulement ces derniers jours. Mieux vaut tard que jamais, non ? Je dois donc, définitivement depuis ma petite mésaventure, faire le deuil d’un certain nombre de choses pour ce blog. Principalement d’un type d’écrits même si ça ne veut pas dire pour autant que mes billets perso disparaîtront. Voilà. Après qui m’aime aime me suivra…
“Donc tout ça pour dire que je ne sais pas s’il faut vraiment le dire, mais que cela doit relativement devenir inexorable avec le temps. (Putain, tout ça, pour ça !) Devient-on alors mauvais en se censurant ? Eh bien oui, certainement en partie, en tout cas pour les articles les plus “intimes”, ou en tout cas il faut se limiter à soi et seulement à soi (le narcissisme devient alors une obligation), évoquer le passé (et les relations amoureuses, amicales ou familiales) et se faire le scribe des anecdotes du quotidien. C’est moins facile donc, mais finalement cela peut amener à une démarche intéressante.”
C’est également la conclusion de Matoo.
Well. Mon blogging out (décidemment ce genre de démarche me poursuit !) j’y viendrais certainement… Un jour.
Ah. Il fallait quand même que je vous le mette celui là (le texte qui suit). Je l’ai écrit il y a quelques mois déjà (prémonition ?). Il fait partie d’une catégorie d’écrits que vous ne risquez donc plus de retrouver ici (déjà que la miss ouvre grand les yeux quand je les lui montre). Petit pied de nez à l’”anonymat” et à ce qu’il peut permettre…
***
Si ce blog avait été anonyme j’en aurais fait un blog érotique.
Si ce blog avait été anonyme je vous aurais dit pourquoi j’aime autant la Femme ce tout, les femmes en général, celle qui partage ma vie en particulier. Je vous aurais expliqué patiemment le pourquoi du comment me concernant. Pourquoi “Elle” et pas “lui”. A quoi tient mon désir lesbien. Aucune leçon. Juste un témoignage.
Si ce blog avait été anonyme je vous aurais raconté comment je fais l’amour à une femme. Comment elles m’ont fait l’amour aussi. Avec mes mots, je vous aurais raconté mes gestes. Ma bouche. Ma langue. Mes mains. Mon souffle. Mon corps. Autant d’instruments sur une partition dédiée au plaisir. Le leur. Le mien. Aucune prétention. Juste un témoignage.
Si ce blog avait été anonyme, je vous aurais parlé d’alchimie beaucoup mais de sexe surtout. Des sentiments sûrement mais de sexe beaucoup. Vous imaginez ? Moi vous racontant les gémissements. Les étreintes. L’abandon. Le plaisir. La jouissance. Sans fioritures. Sans faux-semblants. Sans langue de bois… tout en jeux de mots…
Si ce blog avait été anonyme vous auriez vite compris que les rapports lesbiens décrits dans les films pornos ne sont là que pour rassurer ces messieurs quant à un plaisir dont les règles, au fond, leur échappent totalement. Que le sexe entre femmes ce n’est pas seulement différent mais surtout autrement. Autrement plus… et vous auriez su pourquoi.
Si ce blog avait été anonyme j’en aurais fait un blog érotique. Une ode au plaisir lesbien. Plaisir dont j’aurais volontiers fait l’apologie au cas où vous ne l’auriez pas compris.
Mais, voyez-vous, ce blog n’est pas anonyme…
A propos de cet article
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- Publié:
- 17.3.07 / 12:24
- Catégorie:
- Point de vue







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