André Aliker: le film
Fort-de-France cet après-midi: impossible d’emprunter certaines rues barrières vauban et officiers de la police municipale en uniforme obligent.
Les soldes ? Cyril de la Star Ac en dédicace à la Librairie Antillaise ?
Rien de tout ça.
Le réalisateur martiniquais Guy Deslauriers (”Biguine“) vient juste de démarrer le tournage du film qu’il consacre à André Aliker et pour les besoins de la production, plusieurs rues de Fort-de-France sont interdites à la circulation cette semaine. Il s’agit d’y tourner certaines scènes dans des décors d’époque reconstitués pour l’occasion.
Allez une petite page d’histoire de la Martinique ?
12 janvier 1934: le corps d’André Aliker est retrouvé sur une plage de Case-Pilote. L’homme a les pieds et les poings liés.
L’affaire Aliker, du nom du journaliste et rédacteur en chef de “Justice” (journal communiste) dont l’assassinat a défrayé la chronique, reste à ce jour non élucidée. Il ne fait cependant aucun doute qu’il a payé de sa vie les enquêtes dérangeantes qu’il faisait pour son journal sur une puissante famille de l’époque.
André Aliker enquêtait en effet sur le scandale Aubéry (du nom d’une famille de békés - blancs créoles descendants des premiers colons - ). Il avait révélé que cette famille de grands planteurs (propriétaires de l’usine du Lareinty) était impliquée dans une sombre affaire de fraude fiscale. Avant d’être retrouvé sur la plage de Fonds Bourlet, il avait déjà été victime de deux tentatives de meurtre restées impunies grâce notamment à la complicité du parquet général de Fort-de-France. Ses assassins présumés (deux Saintes-Luciens) furent acquittés le 22 Janvier 1936 par la cour d’assises de Gironde. Il semble cependant que le véritable assassin ait quitté l’île le lendemain du meurtre.
A noter que le rôle titre est tenu par Gilles Duarte alias Stomy Bugsy.
Deux mots du contexte politique de l’époque, important pour éclairer les tenants et les aboutissants de cette affaire: en 1934, la Martinique est encore une colonie française. En simplifiant, sur le plan social, les forces en présence opposent l’aristocratie terrienne des blancs créoles, maîtresse des domaines agricoles donc détenant le pouvoir économique (l’économie coloniale se résumant pratiquement au sucre et au rhum) et politique de l’île (et sur laquelle s’appuie la métropole) à la bourgeoisie métisse et noire des professions libérales, des fonctions publiques, de la petite et moyenne propriété, du petit commerce ainsi que la partie “consciente” du prolétariat. En toile de fond; la lutte contre les inégalités qui persistent malgré l’abolition de l’esclavage et les changements apportés par la IIIème République (suffrage universel et scolarisation des enfants en tête).
…
Les perturbations à Fort-de-France dureront jusqu’au 9 avril.
Ara en parle également sur son blog (non pas des perturbations; d’André Aliker !).
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- Publié:
- 5.3.07 / 21:33
- Catégorie:
- Vu, lu, entendu






Je suis l’arrière petite nièce de Jules Monnerot, compagnon d’André Aliker, et à la recherche de tous éléments concernant la vie de mes parents martiniquais.
Le tournage de ce film est pour moi un évènement important car il s’inscrit dans cette recherche ! Comme j’aurai aimé pouvoir me rendre sur place pour cet évènement !
A bon entendeur , Salut !
je suis la petite fille de bernard aubéry et arrière arrière petite fille de Eugène Aubéry je souhaiterai avoir l’ informations concernant la sorti prochainement du film ALIKER
merci pour vos renseignements
bonjour je suis l arriere petit fils de marcel aliker dit ’souloute’ frere d’ andre aliker.je souhaiterais obtenir egalement des informations concernant la sortie de ce film . Merci pour tout renseignement.
Alors j’en profite pour préciser que je n’ai aucune information ou quoi que se soit d’autre concernant la sortie (ou le film en lui-même) en question.
Je n’ai pas non plus moyen de contacter la production.
Voilà.
Guadeloupéenne de naissance et arrière petite fille d’un béké martiniquais, j’ai eu connaissance de cette affaire en faisant des recherches sur l’architecture de la maison AUBERY. Recherches qui m’ont fait découvrir cette affaire en lisant “L’HISTORIAL ANTILLAIS” que je recommande à tous. Je doute un peu du déroulement du film, mais j’ai hâte de le voir, donc comme vous j’attends sa sortie. Si vous avez des renseignements sur la maison AUBERY, merci de me les faire savoir (plan de la maison, détails d’architecture, pourquoi a t-elle été vendue…)
je suis une jeune martiniquaise en quête de son histoire… volée par l’ignorance. Nous avons de la littérature antillaise, martiniquaise, accessible certe; mais il faut aller chercher cet engouement de s’instruire de notre passé, tout le temps. Et des films percutant, comme celui auquel j’ai assisté hier en avant première “ALIKER” était magnifique une vraie secousse, pour la compréhension d’un contexte actuel en Martinique, pas très facil ni acceptable….allez le voir et j’espère qu’il vous ébranlera autant que moi. Il est romancé au gout du support cinématographique, mais retrace une histoire réelle, en regardant ce film il ne faut pas l’oublier…..encore une fois allez le voir…combattons notre ignorance…
Si notre ignorance historique ne tient que de nous alors tout va bien… nous pouvons encore la corriger. Les archives sont ouvertes. Les journeaux d’époque disponibles. Rien ne nous empêche d’y aller. Aucune loi. Rien. Si ce film nous permet de susciter des vocations d’historiens chercheurs alors on aura tout gagné.
Il est sur ma liste. Je n’ai pu assister à l’avant première hier. Programmé pour ce week end.
Salut “Blog de moi”!
-Eh ben NON! Je plaisante!), enfin je reviens sur les nouvelles générations qui j’espère ne visualiseront pas ce film en voyant le côté béké-colon-dominateur qui exploitent le pouvoir à leur guise (d’après mes recherches ça fait + d’un siècle que ça dure en Martinique), ou petit-nèg-faite-chier qui fourre son nez partout —-> IL A FAUT CONNAITRE SON PASSE POUR COMPRENDRE SON PRESENT, AFIN D’AVANCER VERS L’AVENIR.
Tu dis “Les archives sont ouvertes” : OU?
Les journeaux d’époque disponibles. Rien ne nous empêche d’y aller. Aucune loi. Rien” J’ESPERE.
Tu peux consulter l’Historial Antillais, très complet sur cette affaire ainsi que sur l’affaire Zizine.
Je note le n° du volume ainsi que les pages ce w-e. Promis! Cependant, je doute fort qu’on ai accès aux archives juridiques. Félicitations pour ton article qui a de très bonnes sources. Je tiens toutefois à dire que les principaux protagonistes n’ont jamais été inquiétés, ni intérrogés : je parle du Seigneur du Lareinty & de son beau-fils.
C’est bien beau qu’on soit informé de ce fait divers par ce film. Seulement je souhaite que les nouvelles générations (HO! HO! A 38 ans je semble faire partie des vieillottes
J’attends tes impressions sur le film.
A toi “FOSSMATINIK” qui as dis : “… il faut aller chercher cet engouement de s’instruire de notre passé, tout le temps”.
Moi je dis merci à la France d’avoir appris la lecture aux descendants de ses colons & esclaves dont je suis moi-même issue. C’est la + belle chose que la mère patrie ait pu nous offrir, à nous d’en extraire le maximum. Aujourd’hui on lui donne bien du fil à retordre à la douce France (HA! HA! Tant pis pour elle. Sur ce point je ne plaisante pas!).
La quête de notre histoire comme tu dis nous devons la faire tant que la porte de notre vie est ouverte.
Pour moi ce n’est ni une obligation, ni un devoir, simplement un plaisir littéraire, historique & personnel. Nous devons maîtriser l’histoire de notre pays. Je le redis car l’histoire se répète malheureusement, on dirai une chaîne sans fin —–> IL EST TANT POUR NOUS DE CHANGER (les mentalités j’y crois pas : Société de consommation=pourriture de l’esprit, décomposition de l’homme) LA VISION DE NOTRE PEUPLE SUR LUI-MÊME POUR CEUX QUI VIENNENT.
Il ne faut pas vivre avec son passé, mais l’étudier nous permet d’anticiper notre destin.
Sur ce, chers homologues de l’île soeur je vous souhaite un bon week-end.
bonjour je suis l’arrière petit fils de Césaire et d’une battue nocturne chez les Debré… je souhaiterais savoir, maintenant le tournage de cette “évènement” historique pour le 21e siècle “antillais”, autrement appelé film, terminé qu’elle est la raison ayant poussé l’auteur de cet évènememt à construire une mise en scène dans un décor naturel avec un script foncièrement hexagonal s’adaptant parfaitement, j’en suis sûre, à l’oreille interne et externe du titi parisien ?
Faudrait demander ça au réalisateur Iskar Césaire-Debré. Uniquement au réalisateur. Or ceci n’est point son blog…
By the way, j’ai vu le “film événement” en question et mon billet est en cours de rédaction. Je le précise vu le nombre de recherche (un truc incroyable) que j’ai à l’heure actuelle dessus.
J’ai entendu. Je ne savais pas. J’ai vu. J’ai ressenti. Je sais maintenant. Je le ferai savoir.
A voir, qui sont les auteurs de ces billets, il est plaisant de constater que ceux que l’histoire opposait ont donné naissance à une descendance en quête de son passé, quel qu’il soit.
A mon sens, ce film jouit d’une double lecture 1) celle qui raconte l’histoire romancée (tout de même) de la lutte d’un homme et 2) celle de la lutte des cinéastes Antillais pour obtenir une représentation dans le cinéma FRANCAIS.
Billet avec mes impressions sur le film en lui-même en ligne ici.
je sort tous juste de la salle de cinéma ou je suis allé voir le film aliker. Il est tous simplement fantastique, génial etc. Il est trés bien fait et m’a permit de mieux connaitre mon histoire. Je le conseil vivement à tous les Martiniquais.
PS: j’ai été révolté…
Excellent film.
On en redemande !
Que c’est agréable de retrouver la martinique d’autrefois et prendre connaissance des souffrances passées.