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Histoire d’un coming out (part 2)

Mardi, novembre 14th, 2006

Première partie

***

Koky et moi, toutes les deux in the closet à l’époque, avions souvent l’habitude d’imaginer notre coming out à nos parents. Les scénarios les plus farfelus nous étaient venus à l’esprit du “Papa, maman asseyez-vous…” solennel et grandiloquent au “Bon appétit tout le monde !… euh au fait je suis amoureuse d’une fille” (celui là Mocha l’a fait en plus il me semble !). Pourtant on m’aurait dit que ça se serait passé de la sorte pour moi que bien sûr je n’en aurais pas crû un mot…

C’est au moment où les mots m’ont échappé (parce que finalement c’est ce qui s’est passé) que je me suis rendue compte de ce que je venais de dire. J’ai d’autant mieux réalisé lorsque j’ai vu les larmes de ma mère. Même avec les années, me remémorer ce moment reste quelque chose de traumatisant pour moi. C’était la première fois que je voyais pleurer ma mère. La première fois. Et pour moi c’était… vous ne pouvez pas imaginer. C’était terrible. C’était terrible. Ca m’était insupportable d’en être la cause.

Là je ne peux pas continuer sans vous parler de ma mère. Je vais essayer de faire court mais ça va être difficile. C’est simple : j’ai la chance d’avoir été mise au monde par quelqu’un d’extraordinaire. Et je pèse mes mots. Ma mère c’est avant tout une femme de caractère pour ne pas dire un caractère à elle seule. Une battante, une vraie. Une de celles pour qui ça n’a jamais été ni simple, ni facile. Et pourtant, que se soit dans sa vie familiale ou professionnelle ; elle a toujours assumé. Assuré. Quelques soient ses décisions, ses choix ; elle a toujours pris ses responsabilités. Lutté. Pour elle. Pour nous (mon père, ma sœur et moi). Ma mère, j’en suis fière. J’en ai toujours été très fière d’aussi loin que je me souvienne. C’est marrant ça, non ? J’étais fière d’arriver en réunion parents-professeurs avec elle. Elle attirait les regards. Certainement sa façon d’être que certains prenaient à tort pour de l’arrogance.
C’est quelqu’un que j’aime plus que tout, que je respecte et dont l’opinion compte (celle qu’elle a de moi). Tout ça en plus de l’admirer profondément. Ca a toujours été. De ce fait, il fallait qu’elle aussi soit fière de moi. J’y ai d’ailleurs mis du mien d’où cette image de petite fille modèle (vient avec le package bonne élève, polie, gentille etc.) qui me colle à la peau dans la famille. Comment dire… Je voulais être une part de sa revanche sur la vie. Voilà. C’est ça.

Vous comprenez maintenant ? La voir pleurer… Bref.

Je ne sais plus comment se sont écoulées les minutes juste après. Mes larmes ont dû redoubler. Il me semble lui avoir dit qu’il ne fallait pas qu’elle pleure. Elle s’est levé. Elle s’est dirigée vers sa chambre et moi, un peu sonnée, je suis allée dans la mienne. J’avais une tempête sous le crâne. J’ai téléphoné à Koky pour lui raconter ce qui venait de se passer. Je crois que sa réponse a été “C’est pas vrai p**ain” ou un truc du genre avant que je lui explique rapidement le pourquoi du comment. Est-ce que c’est à ce moment là que j’ai eu Koky ? Je ne sais plus. Certainement parce que j’ai dû le faire de mon portable ce qui a permis à A. de me rappeler. Lorsque je lui ai dit que je venais de le dire à ma mère je l’ai senti accuser le choc. Elle savait ce que représentait pour moi ce coming out là (tous ceux qui me connaissaient vraiment savaient que celui là je le redoutais plus que tout). On a raccroché sans se dire grand chose.

Je vous ai toujours soutenu ici que je n’avais jamais été victime (je dis bien “victime” parce que j’en ai déjà entendu bien sûr) de propos homophobes en Martinique. J’ai menti… par omission. En fait je n’ai jamais été verbalement confrontée à l’homophobie d’un inconnu à mon encontre mais j’ai pris en pleine face celle de ma mère. Ce jour là, par la suite, lorsque nous nous sommes retrouvées de nouveau dans la même pièce, ma mère m’a tenu le discours le plus homophobe que je n’ai jamais entendu de ma vie. Tout y était. Maladie. Vice. Perversion. Narcissisme. Et j’en passe et des meilleures. De sa part c’était d’autant plus… d’autant plus (je ne trouve pas le mot désolée)… que c’est quelqu’un d’habituellement ouvert et tolérant en plus d’être instruit. Tout ça dans une colère froide (la plus dangereuse chez elle car blessante à coup sûr), teintée d’une tristesse infinie que je lisait dans ses yeux malgré son visage dur. Aucun cris. Aucune violence physique. Que des coups à chaque mot. J’encaissais tant bien que mal. Un boxeur dans les cordes tentant de prolonger le combat, en attendant le gong, alors qu’il est roué de coups. C’est vraiment l’image qui me vient.

Pourtant j’ai tenu tête. Crânement (pouvait-on penser en me voyant). Répondant du tact au tact. Argumentant. Réfutant. Expliquant. Pourtant je n’en menait pas large croyez-moi.
Avec le recul je me rend compte que c’est à cet instant, plus qu’à aucun autre moment de ma vie peut-être, que je lui ai le plus ressemblé. Celui où je lui ai tenu tête. Malgré… malgré elle et tout ce qu’elle représente pour moi. Envers et contre elle. Qui m’a appris à prendre mes responsabilités ? A assumer mes actes ? A aller jusqu’au bout des choses ? A défendre mon point de vue ? A faire preuve d’esprit critique ? A être prête à prendre des coups parce que ça fait partie intégrante de la vie ? A les rendre aussi ? A plier sans casser quand il le faut… ? Qui ? Je n’ai fait qu’être sa fille en refusant la fatalité qu’elle me promettait. C’est pour cette raison qu’il était également important que je lui explique pourquoi je la refusais cette fatalité. Parce que je suis sa fille. Je ne pouvais pas la laisser dire ni même penser ce genre de chose de moi. Il fallait qu’elle comprenne. Je voulais qu’elle me comprenne. C’était important parce que dans cette joute verbale, avec des caractères emportés comme les nôtres, nous avions tout à perdre elle et moi. Notre rapport mère-fille. Notre complicité. La confiance et l’amour réciproque. Tout.

Le premier round a duré jusqu’à l’arrivée de mon père. Les juges et les observateurs ont certainement dû conclure à un nul mais j’étais plus proche du K.O. qu’autre chose. Un K.O. technique. Je tenais débout je ne sais pas comment… Je suis retournée dans ma chambre. Je savais qu’elle en parlait déjà à mon père qu’elle était sortie “accueillir”. Inutile de vous dire qu’à leur retour, les va et vient entre la cuisine (PC central et temps de crise chez nous ; personne n’a jamais su pourquoi) et ma chambre ont duré une bonne partie de la nuit, n’est ce pas ? Mon père fumant cigarette sur cigarette, ma mère dans ses délires homophobes (c’était ça malgré tout le respect que je lui dois) et moi essayant de garder un minimum de contenance devant la situation avec un cœur en miettes. Un trio parlant calmement d’un sujet qui mine de rien risquait de faire voler l’unité de la famille en éclats. Chacun avançant ses arguments avec détermination, comme on avance un pion dans le but de mettre en échec son adversaire. Quelques gestes d’humeur, beaucoup de tension mais pas de drame. Pas (plus) de larmes non plus malgré les mots durs, blessants. Plutôt incongru non ?

En fait c’était ma mère qui constituait le véritable “nœud du problème”. Je savais que ce ne serait pas mon père. Lui, il m’avait écouté parler une fois et ça avait été réglé. Ce n’était pas vraiment (pas du tout même) ce qu’il avait envisagé pour moi mais c’était ma vie et mon choix. Point. Il me savait assez mature pour avoir pris le temps de la réflexion avant de décider de vivre pleinement mon homosexualité. Parce que c’était désormais de ce dont il s’agissait. Il n’était plus question pour moi de faire semblant. Il ne s’agissait pas de m’afficher, loin de là, mais plutôt de dire quelque chose comme “c’est comme ça et pas autrement”. Ma mère, elle, ne l’entendait pas de cette oreille. Faut dire que le coup venait de nulle part. J’avais eu une adolescence des plus hétéro avec des petits copains qui appelaient à la maison. Et même une ou deux histoires sérieuses avec des mecs. Rien qui puisse les laisser se douter de quoi que se soit. Quoique… Bref. Faut croire que, pour les parents, la jeune fille modèle n’est pas livré avec l’option “lesbienne”. Et pourtant. Et pourtant !

Anyway, la nuit a été courte pour tous les trois. Je n’ai pas fermé l’œil en fait. Une fois retournée dans ma chambre, à la fin du deuxième round donc, j’avais passé le reste de ma nuit à tourner et retourner tous les événement du jour dans ma tête en essayant de comprendre pourquoi ma vie avait dérapé à ce point en moins de 24 heures. En vain.

Le lendemain 9 novembre, jour de mon anniversaire, c’est Koky qui, quand elle m’a vu arriver, a décidé que j’avais une trop sale gueule pour honorer un prof de ma présence (c’est vous dire) et que je ferais mieux d’aller me reposer dans son appart. Il était convenu qu’on se retrouve au déjeuner pour discuter de tout ça.

J’étais donc, comme convenu, en train de “déjeuner” (un bien grand mot vu mon état) avec Koky quand A. a appelé. Ce coup de fil là, cette fois je l’attendais par contre.

to be continued

Dancehall queen !

Lundi, novembre 13th, 2006

En voyant ça j’ai été bluffée…

Pas moyen de ne pas partager ça avec vous !

Pour ceux qui ne s’y connaissent pas trop, la dancehall (je parle de la musique d’où l’emploi du féminin) nous vient de la Jamaïque. Une fois n’est pas coutume, je ne parlerais pas ici de son côté obscur (homophobie, sexisme, machisme etc.) mais de la façon dont elle se danse. Pour les filles surtout, il s’agit d’un mélange de mouvements saccadés (”décomposés” pour ainsi dire) et d’”ondulations” du torse et du bassin. Souplesse et coordination sont les maîtres mots. Vous pouvez d’ailleurs y rajouter “endurance” et “abdos en béton armé” que ça ira d’autant mieux.
Je terminerais mon petit topo de présentation en disant que le côté sexuel est plus que suggéré parfois.

En matière de dancehall les danseuses de Sean Paul n’ont rien à envier à personne. Je dirais même plus: c’est ce qui se fait de mieux. J’ai choisit “Gimme the light” le premier single de Sean Paul que vous puissiez véritablement voir de quoi il s’agit.

Pour tous ceux qui connaissent, rendez-vous directement à la seconde vidéo…

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Maintenant ladies and gents let me introduce you to the real dancehall queen (toujours sur du Sean Paul) ! Je peux vous dire que ça c’est de la danse et que je suis incapable de faire les trois quart de ce qu’il fait !

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Je n’ai qu’une chose à dire: Aÿ cheycheÿ !!!

J’ai vu “Le Dahlia Noir”

Dimanche, novembre 12th, 2006

Le Dahlia NoirTiens, je me suis rendue compte que je ne mettais pas de synopsis dans mes billets “cinéma”. Ca peut toujours servir non ? Synopsis donc ?
Dans les années 40, à Los Angeles, Bucky et Lee, deux inspecteurs, s’attaquent à une affaire de meurtre particulièrement difficile. Une starlette, Elizabeth Short, a été découverte atrocement mutilée. Sa beauté et sa fin tragique deviennent les sujets de conversation de toute la ville.
Certains sont prêts à tout pour en tirer bénéfice… ou cacher leurs secrets. Quels étaient les liens de la victime avec la puissante famille Linscott ? Que vivait-elle dans son intimité ? Et avec qui ? Au-delà des apparences, l’enquête commence…

Je ne sais plus pourquoi je voulais tant voir ce film. Je ne sais plus. Sérieusement. Parce que c’est le dernier Brian de Palma ? Non. Parce que c’est une adaptation du roman éponyme de James Ellroy (à qui l’on doit “L.A. Confidential” notamment) ? Non. Je n’ai pas lu le livre. Parce qu’il est tiré d’une histoire vraie ? Non plus. Je l’ignorais avant d’entendre parler du film il y a quelques mois…
En fait, force est de reconnaître que j’attendais ce film parce que les sites LGBT, anglos-saxons notamment, en faisaient le film événement de cette fin d’année. Trois raisons à cette agitation:
1) la vie sexuelle somme toute très libertine d’Elisabeth Short qui avait vraisemblablement également des relations avec des femmes,
2) la présence de K.D Lang, célèbre chanteuse country et icône lesbienne, dans le casting,
3) la présence de Mia Kirshner (Jenny de “The L Word” ) qui joue le rôle d’Elisabeth Short.

Sans vouloir spoiler, autant vous le dire de suite: ce n’est pas un film lesbien. En plus de ne pas être un film lesbien, la bisexualité de certains personnages y est abordée sous un jour plutôt “négatif” à mon sens. Donc si vous voulez y aller pour les mêmes raisons sous-jacentes que moi je vous le dit franchement: forget about it…

Sinon que dire véritablement du film en lui-même ? Disons que malgré un casting somme toute intéressant (Josh Hartnett, Scarlett Johansson, Hilary Swank) Brian de Palma n’arrive pas à se dépêtrer d’un scénario tortueux à souhaits. Le problème c’est qu’à force de personnages, d’intrigues et de rebondissements on fini par s’y perdre. Qui a fait quoi et pourquoi ? Eh bien figurez-vous qu’après deux heures de film je suis bien incapable de vous le dire de manière sûre ! Peut-être que ceux qui auront lu le bouquin avant n’auront pas ce problème…

Par contre la reconstitution du Los Angeles des années 40 vaut vraiment le détour. Les costumes et les décors sont impeccables et l’atmosphère y est. Cependant ça n’a pas suffit à éviter que le film ne s’essoufle au bout d’une heure de temps au point de me faire décrocher de l’histoire par ennui. Il se trouve que c’est au moment où l’on quitte le côté polar noir pour s’intéresser un peu plus à la psychologie des personnages que se produit ce décrochage.

A signaler quand même: Mia Kirshner crève l’écran. J’espère qu’on ne la cantonnera pas dans des rôles de lesbienne ou de bisexuelle pour les raisons que l’on sait. Ce serait dommage. Josh Hartnett confirme que c’est un excellent acteur (”Slevin” cette année) en plus d’être très très agréable à regarder mais Hilary Swank ne m’a pas du tout convaincue dans son rôle de vamp. J’ai trouvé qu’elle surjouait un max. Je sais qu’elle peut tout jouer mais là ou Scarlett Johansson n’a aucun mal à vous décrocher un regard à vous faire fondre dans son rôle de femme fatale (malgré elle) blonde; elle ne fait pas une seconde le contrepoids (comme le voudrait l’histoire) en sulfureuse brune. Ca ne sent pas le souffre. Le danger nous est suggéré par l’intrigue mais n’émane pas de son personnage comme par exemple Laura Elena Harring dans “Mulholland Drive” de David Lynch (la dernière brune sulfureuse dont je me souvienne tiens).

Non vraiment, ce film ne fera pas partie de ma DVDthèque.

Je tiens maintenant à parler de la séance en elle-même. Ca a été franchement pénible. Mais comme rarement ! Nom de Dieu y’en a marre de ces gens qui viennent au cinéma pour tout faire sauf regarder un film ! Entre les sonneries de portable, les palabres avec son voisin, les rires intempestifs en rapport ou non avec le film en question (du style à des moments totalement incongrus et/ou pour des scènes sans l’ombre d’un ressort comique)… Ca suffit ! Plus jamais de séance le samedi soir (19h30). Plus jamais ! Ni le vendredi soir d’ailleurs. Est-ce qu’on ne pourrait pas faire un contrôle à l’entrée histoire de vérifier que ceux qui assistent à la séance ont un cerveau en état de fonctionner ??? C’est pas vrai ça !

Histoire d’un coming out

Vendredi, novembre 10th, 2006

A. si tu me lis c’est ma vision des choses… Je sais que tu ne la partages pas.

***

Il y a des jours où le ciel vous tombe sur la tête. Pire, il y a des jours où le ciel vous tombe sur la tête et quand vous essayez désespérément de vous raccrochez à quelque chose c’est toutes les planètes de la galaxie qui vous tombent sur la gueule.

Le 8 novembre 1999 a été un de ces jours là.

C’était pourtant un matin comme les autres.

A l’époque j’étais dans une relation assez chaotique finalement (avec du recul) avec quelqu’un qui en plus de ne pas s’assumer avait déjà une vie de famille de surcroît sur Paris. Difficile. Oui. Mais malgré tout on essayait de faire des projets. Malgré le peu de temps qu’on passait ensemble (elle là-bas, moi ici), malgré ses doutes, ses incertitudes et le fameux quand dira-t-on (qui pour elle avait une consonance particulière et risquait d’avoir des répercussions toutes autres que pour moi vous pensez bien). Elle avait pour habitude de me dire, avec un petit sourire triste, qu’elle m’avait rencontré trop tard… Trop tard. J’avais 20 ans, elle n’en avait guère plus. Bref.

J’avais donc véritablement quelqu’un dans ma vie que quelques jours dans l’année au gré de ses “vacances au pays”. C’était toujours une surprise. Je recevais un coup de fil: “J’arrive demain” ou “T’es chez toi ? Je peux passer te chercher ?”. Surprise et bonheur presque total pendant quelques jours. La parfaite maîtresse finalement ? Oui. J’assume maintenant (avant je ne voyais pas les choses ainsi je vous promets !). Ca a duré quelques années. Avec des ruptures plus ou moins longues. Moi de mon côté sentimentalement engagée avec elle et incapable d’aller voir ailleurs si j’y étais; elle du sien sûrement à essayer de composer avec ses sentiment pour moi et sa vie de mère et de concubine (part d’elle que j’occultais totalement - je parle de la partie “concubine” ).

Ce matin là, j’allais à la fac en voiture quand mon téléphone a sonné. C’était elle. Un coup de fil comme j’en recevais d’elle. Pour m’entendre. Quelques minutes. La conversation s’est engagée comme d’habitude jusqu’à qu’au bout d’un moment elle ne dérive sur une de ses dernières sortie nocturne et sur une rencontre. Je me suis alors rendue compte, abasourdie, qu’elle est en train de me dire qu’elle s’était faites draguer et que cette fois ça avait été plus loin.

Petite parenthèse. Je la connaissais de vue au lycée et déjà à l’époque elle avait un fan club assez impressionnant de filles hétéros pour la plupart que son côté très androgyne faisait complètement craquer. La plupart tombaient des nues en apprenant que c’était une fille moi ça ne m’a pas dérangé outre mesure. Un: je le savais déjà (pffffffffff). Deux: elle était vraiment craquante. J’avais moi-même craqué au point de ne pas me résoudre à laisser passer l’occasion de la draguer quelques années plus tard (il faudrait que je vous raconte un jour). J’étais donc bien placée pour savoir qu’elle plaisait énormément (même si elle ne me racontait pas tout) mais ça ne me dérangeait pas outre mesure (j’ai changé depuis). Ca flattait bêtement mon égo d’une part et puis, pour moi, ce qu’il y avait entre nous dépassait tout ça. C’était moi qui lui avait raconté à quel point elle faisait fureur au lycée (elle ne s’en rendait même pas compte !) et puis j’avais été la première… Ca compte, non ? Pour moi ça a compté ma première fois (ce n’était pas avec elle). Tout ça pour dire que j’avais confiance en elle. Fin de la parenthèse.

Là voilà donc me racontant sa soirée et sa rencontre avec une femme qui avait (a ?) un restaurant ici et qui, apparemment, lui courait après depuis quelques temps déjà. C’est qu’en plus je savais de qui elle me parlait ! Je fréquentais régulièrement son resto loin de me douter que la femme mariée qui surveillait d’un oeil attentif tout ce qui se passait en salle (pas mal de sa personne en plus cette pétasse) menait une double vie; et même que je lui avais peut-être donné quelques jours auparavant de quoi finir de payer son billet d’avion pour partir draguer ma copine ! Bref. Elle me raconte, l’air de rien, la soirée, l’alcool, la drague et une scène dans une chambre que moi sur le coup j’entends mais que je ne capte pas. Je ne captais plus. J’hallucinais. Mon cerveau refusait de fonctionner. Je savais que ce que j’avais entendu et qui avait refusé de s’imprimer était un point de non retour. Devant mon silence, elle s’est alors rendue compte qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas. Le temps de réaliser et de faire machine arrière (plein gaz), j’avais déjà explosé. Grosse engueulade (comme vous ne pouvez même pas imaginer si vous ne me connaissez pas) avant de raccrocher une première fois. Trop perturbée pour aller en cours et au bord des larmes, je décide de rentrer (chez mes parents à l’époque) alors que j’étais déjà garée sur le parking de la fac. Après un trajet de retour ponctué de coups de téléphone et d’explications plutôt houleuses, de guerre lasse je décide d’éteindre mon portable.

J’étais dévastée. Je ne comprenais pas pourquoi ça m’arrivait à moi. J’étais proprement dévastée. J’étais d’autant plus mal qu’à l’époque j’étais prête à tout pour elle. Elle aurait suffit qu’elle le veuilles. Qu’elle me le demande. Point. Je n’ai jamais fait dans la demi-mesure. Le tiède je ne sais pas faire. En plus je suis une incorrigible romantique alors vous pensez bien que je vivais ma passion amoureuse, impossible de surcroît, à 200%… Et là ça ! Ses explications n’avaient ni queue ni tête. Elle s’embrouillait et moi certaines autres conversations me revenaient en mémoire. Combien de fois ? Combien de fois j’avais crue à ses mensonges ? Combien de fois j’avais balayée de la main, avec mon habituel aplomb, les arguments de celles qui me disaient que je devais peut-être me poser plus de questions sur ses sentiments à mon égard. J’avais tellement voulu y croire à cette histoire… Et j’avais mal. J’avais d’autant plus mal que je me sentais conne et naïve. Conne. Naïve. Moi. Moi ! Celle à qui on ne la faisait pas…

Ma mère ne travaillait pas ce jour là. Période couture oblige (ça lui est passé), elle était assise devant sa machine à suivre un patron. Sans vraiment lui jeter un regard, j’ai dû lui dire que je m’étais trompée dans mon emploi du temps avant de m’engouffrer dans ma chambre.

Quelques minutes après ne voilà t-il pas que le téléphone de la maison sonne. C’était elle. Je le savais déjà. Je crois que j’ai dû répondre laconiquement à deux ou trois reprises avant d’abréger rapidement. Ce n’était ni le moment ni l’endroit.

Et là ma mère s’est tournée vers moi, m’a regardé, s’est levée de sa chaise et m’a prise dans ses bras. “Dis-moi ce qu’il y a…”. Ses mots exacts.

Vous imaginez bien que j’ai fondu en larmes. J’ai fondu en larmes et entre deux sanglots j’ai dit: “Maman je suis gay”. Avant de réaliser.

C’était un 8 novembre 1999 veille de mon 24ème anniversaire.

C’est à cet instant précis que les planètes de la galaxie se sont mises à me tomber sur la gueule… une par une.

to be continued

Quand les oublis sont réparés…

Vendredi, novembre 10th, 2006

Aujourd’hui au Vauclin (commune du Sud de la Martinique), c’est une injustice vieille de près d’un siècle qui a été réparée. Le nom des 12 soldats originaires de la commune et morts pour la France durant la Première Guerre mondiale figure enfin sur une stèle. Avec Fort-de-France (20), Saint-Joseph (14), le Lamentin (13) et Sainte-Marie (15), le Vauclin est la commune où le nombre de soldats tombés pour la France durant la Grande Guerre est le plus important. Ils sont au total 150 originaires de toute l’ile à être restés pendant toutes ces années, des héros de l’ombre. Jusqu’à ce Sabine Andrivon-Milton, docteur en histoire contemporaine et spécialiste de l’histoire militaire antillaise, retrouve leur trace dans le cadre d’une thèse. Elle a ainsi établi la liste de tous ces soldats en s’appuyant sur les documents qui avaient enregistrés tous les militaires morts au front. Car curieusement, si les documents en question mentionnaient bien le nom des soldats Martiniquais; ils disparaissaient ensuite des listes des anciens combattants gravées sur les monuments aux morts. Un hommage est prévu à Fort-de-France demain, 11 novembre 2006.

En espérant que le documentaire d’Euzhan Palcy ait le même impact pour nos dissidents de la Seconde Guerre Mondiale qui ont répondu à l’appel du Géréral de Gaulle, qui au péril de leur vie, bravant les représentants locaux du régime de Vichy, ont rejoint le Maroc et les troupes de la France combattante (après un périple assez incroyable), participé au débarquement à Cavalaire notamment et dont on ne retrouve pas traces sur les stèles de commémoration…

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