Je blogue donc je suis ?

Vraiment ?

Je blogue donc je suis ?

Cela fait quelques temps déjà que cet article “traîne” dans mes brouillons. Envie de vous parler de ce que ce blog et de ce qu’il a changé dans ma vie.

On me l’aurait dit que je n’y aurais pas crû.

C’est complètement fou de se retrouver à parler de tout et de rien et finalement à parler de soi ; à donner de soi. Parce que c’est de ce dont il s’agit. On fini toujours par donner de soi. Toujours. Un peu. Beaucoup. Passionnément et sans retenue pour certains. Avec franchise ou en s’accommodant de la vérité pour d’autres. Avec talent ou non. En espérant être reconnu de ses pairs ou en croyant faire abstraction de cette idée. En définitive, même ceux qui ne tiennent pas un blog personnel (”intimiste” si vous préférez) le font et peut-être même plus que les autres.

Pourquoi ? Qu’est-ce qui nous pousse un beau jour à vouloir être lu ? A penser que notre propos et/ou notre vie peut intéresser l’autre ? Je ne sais pas. Je ne sais plus.

J’ai déjà parler ici de mes motivations. Je pense qu’il y a encore un peu de tout ça mais près de neuf mois après le regard que je pose sur l’activité d’un blogueur tel qu’il soit et sur ma façon de bloguer est tout autre.

Parce que ce qu’on ne dit pas à celui qui se lance dans cette aventure c’est qu’il devra d’une manière ou d’une autre composer avec un facteur complètement imprévisible; à la limite de l’irrationnel : son public. Pour peu qu’il le rencontre (expérience extraordinaire), il devra se préparer à parer à toutes éventualités. Toutes. Des plus drôles ou plus émouvantes. Et je ne m’attendais pas à ça. Je ne m’attendais pas non plus à cette “attente” de la part de certains d’entre vous. A vos messages privés. A vos petits mots gentils. A vos appels au secours… A vos déceptions.

Mon rapport à ce blog comme mon regard sur la blogosphère en général vous l’avez changé. Fait évoluer. Et j’en arrive à me poser des questions. Des questions sur la nature de l’interaction qui voit le jour entre un blogueur et ses lecteurs. Sur l’importance de ce qui se crée.

Au fil du temps, force est de reconnaître que mon rapport avec vous est un peu (beaucoup ?) devenu je l’avoue un jeu de séduction. A défaut de mettre du miel sur ma voix (comme dirait Céline Dion) j’essaye d’en mettre dans mes écrits. Et je reformule mes phrases comme je changerais de vêtement pour être sûre de vous plaire. Je rajoute une virgule, comme on rajoute un bijou. J’en arrive à choisir mes sujets en fonction de vos goûts comme on choisit un restaurant en fonction notamment de la personne qui vous accompagne. Et je tente encore de me persuader que je suis la seule à mener la danse; qu’après tout si on est là pour s’aimer se sera à ma façon (n’est ce pas ?) et pas autrement. Parce que je suis moi. [moi].

Mais il y a longtemps que j’ai perdu la guerre… Il y a longtemps que vous avez pris le pouvoir. J’ai perdu ma première bataille le jour où j’ai eu plus de 10 blogs différents dans mon agrégateur; la guerre le jour où j’ai été émue par l’un de vos commentaire.
Dans le premier cas je me suis retrouvée à lire beaucoup plus intéressant et beaucoup mieux écrit que moi. C’est frustrant. Politique, musique, cinéma, etc. La blogosphère regorge de perles de blogueurs qui vous écrivent à chaud des billets absolumment transcendants. Pire il se trouve que souvent le sujet d’un de vos billets à venir se retrouve sur l’un de vos blogs favoris. Comme par télépathie. Alors à quoi bon publier le vôtre dans ces cas là ? Si c’est pour n’être qu’une pâle copie moi je m’abstient…
Dans le second cas, je suppose qu’un fix doit faire cet effet. Cette sensation unique on a juste envie de la vivre encore et encore. Quand on a l’impression que quelqu’un a saisi l’essence de votre propos. Su exactement où vous vouliez en venir. C’est magique et addictif.

Ce qui a changé dans ma façon de bloguer ? Vous m’avez donné envie que vous ayez envie de revenir…

Ce qui a changé dans ma vie ? Cette attente de vous. Chronophage. Remplie d’incertitudes parce qu’il y a tellement mieux ailleurs pourquoi reviendriez-vous ?

A gift and a curse.

Il faudrait que je puisse vous raconter pourquoi j’aime certains d’entre vous. Véritablement. Homme ou femme d’ailleurs. Comment j’attends votre avis. Pourquoi lorsque vous disparaissez quelques temps je me sens un peu abandonnée, un peu seule. C’est quoi ce lien entre nous ? Est-ce qu’il n’existe que dans ma tête ? Pourquoi j’ai l’impression de “connaître” certains d’entre vous ? Pourquoi je suis persuadée qu’un jour on ira boire un verre et qu’on discutera des heures entières de tout et de rien en appréciant simplement l’instant ?

Peut-être que si je vous explique tout ça, vous comprendriez dans quel abîme de perplexité (et je pèse mes mots) peut me laisser un billet qui n’a pas le “succès” escompté…

Je blogue donc je suis ? Non ? Je blogue parce que vous me confortez dans ce que je suis… alors que paradoxalement le plus difficile devient de rester soi-même et non pas celui ou celle que vous souhaitez voir (ou lire). Nous en sommes tous là je crois; tous ceux qui bloguent. Certains sont juste plus blasés que d’autres.


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