J’ai vu “Babel” et pour moi c’est un des films de l’année 2006

BabelEn plein désert marocain, un coup de feu retentit. Il va déclencher toute une série d’événements qui impliqueront un couple de touristes américains au bord du naufrage, deux jeunes Marocains auteurs d’un crime accidentel, une nourrice qui voyage illégalement avec deux enfants américains, et une adolescente japonaise rebelle dont le père est recherché par la police à Tokyo. Séparés par leurs cultures et leurs modes de vie, chacun de ces quatre groupes de personnes va cependant connaître une même destinée d’isolement et de douleur…

La théorie dites de l’”effet papillon” a inspiré de nombreux réalisateurs de “Retour vers le futur” (1985) de Robert Zemeckis au très réussi “Collisions” (2005) de Paul Haggis plus récemment. La variation sur ce même thème de Alejandro González Inárritu est sans doute possible l’une des plus aboutie. Le film est excellent. Excellent.

Inárritu a choisit de nous entretenir de notre condition d’homme. On y parle déshumanisation, préjugés, clichés et celà débouche invariablement sur une incapacité à se comprendre et à s’entendre d’où souffrance (d’où le titre qui renvoi à l’épisode biblique de la Genèse). La seule (avec la mort) à être impartiale. Mais on y parle également beaucoup d’amour. Contrarié. Réciproque. Fraternel. Inárritu nous entretient aussi du grain de sable qui grippe l’ensemble et qui fait que tout dérape faisant de vous le spectateur impuissant de votre propre vie.

Et tout ça vous scotche sur votre siège. Vous révolte. Vous émeut. Vous bouge. Vous pousse à vous interrogez un peu plus sur le monde dans lequel vous vivez. Une vraie claque.

Tout y est. Un scénario en béton, une vraie direction cinématographique, une musique magnifique et des acteurs transcendés. Même si à mon avis Brad Pitt sort du lot (je ne l’avais pas vu aussi habité depuis “Fight Club” au moins) l’ensemble du casting mérite un grand coup de chapeau. Cate Blanchett, en épouse américaine désabusée, et Gael Garcia Bernal, en jeune mexicain fougueux et impulsif, sont eux aussi remarquables. A noter non seulement un casting international mais des histoires qui se s’entrecroisent en plusieurs lieux géographiques et en plusieurs langues (anglais, arabe et japonais entre autre). Du coup le film est en VO (ce qui m’a permis de découvrir la salle 3 de Madiana - soit le gagibi transformé en salle de ciné parce qu’il ne fallait pas gâcher - )!

C’est en me documentant un peu sur le film que j’ai appris qu’il faisait partie d’une trilogie qui inclue “Amours Chiennes” (2000) et “21 Grammes” (2004). Si le premier m’avait échappé (je vais m’empresser de combler cette lacune par DVD); j’avais adoré “21 Grammes” où on retrouve déjà le principe d’histoires, de vies que le destin semble relier par un même tragique événement.

Je ne peux m’empêcher de me dire que le prix de la réalisation glané lors du dernier festival de Cannes n’était qu’une bien maigre consolation.

Conclusion ? A voir absolumment !


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