Histoire d’un coming out (part 3)

Première partie
Deuxième partie

***

Vous savez, je pense que si vous interrogez la moitié des gens qui me connaissent en leur demandant de décrire ma personnalité ; sincèrement je ne pense pas que “naïve” fasse partie des adjectifs employés. Je ne le suis pas. Pourtant en amour j’ai fait preuve de naïveté dans mes relations avec les filles. “Aveuglement” serait un terme plus adéquat peut-être mais le résultat est le même, non (je vous pose vraiment la question) ? Peut-être est-ce parce que je suis beaucoup plus impliquée émotionnellement. C’est sûrement ça…

Avez-vous déjà remarqué qu’il y a une citation sur ce blog ? Non ?? Il se trouve que Jeannette Winterson a su trouver les mots juste pour traduire ma vision du sentiment amoureux. “L’amour n’appartient qu’à lui-même, sourd aux prières, immuable devant la violence. L’amour est plus fort que le désir, l’unique raison juste de résister à la tentation“. J’y crois ! C’est peut-être niais, ou, encore une fois, d’un romantisme surrané mais que voulez-vous… J’attire votre attention dessus parce que quelqu’un a parlé de lucioles dans un commentaire sur le premier billet de cette série. C’est jolie comme métaphore. Des lucioles autour d’elle… et (je suppose) elle succombant à la tentation à l’insu de son plein gré ou presque. A l’insu de son plein gré… Pourquoi pas. Ca aurait pu marcher vous savez. J’aurais pu me dire “oui mais ce n’était qu’un moment d’égarement, c’est moi qu’elle aime”. Mais non… Désolée. Non. Je suis romantique certes ; j’étais amoureuse d’accord mais non ! C’est plus fort que moi. C’était de loin la pire trahison qu’elle pouvait me faire. Je suis exclusive en amour. Bien sûr qu’il y a de l’ego et de l’orgueil (bien ou mal placé) qui se mêle à cette forme d’intransigeance sur ce sujet mais vous pensez vraiment que les lucioles n’en avaient que pour elle ? Il aurait fallu à l’époque que quelqu’un m’explique également pourquoi j’avais été capable de repousser mes lucioles (de ne même pas en voir certaines !) et elle non et peut-être (je n’en suis même pas sûre) que les choses auraient tournées différemment.

Pas besoin de vous faire un dessin, n’est ce pas ? J’attendais ce coup de fil pour lui dire qu’il n’y avait plus rien de possible entre nous. Notre histoire s’arrêtait là. J’avais accepté trop de choses, fait trop de concessions, pour imaginer une demi-seconde qu’elle avait pu… Bref. C’était terminé. Point.

Et quand j’ai décroché, je n’ai pu m’empêcher de me comporter comme une garce. Une vraie. Croyez-moi ça je sais faire. Je peux même être assez balaise à ce jeu là. Je n’avais qu’un seul but : lui faire mal. Il fallait qu’elle souffre. Je voulais qu’elle souffre. Comme moi j’avais eu mal, comme moi j’avais souffert à la minute où j’avais su. Je voulais qu’elle sache qu’elle m’avait définitivement perdu et que c’était de SA faute. Pas celle de la fatalité ou de “pas de chance”. Non. La sienne. Pire, je voulais entendre sa souffrance… Ca a été froid et méthodique. Détruire. C’était ça mon but: détruire. C’était d’autant plus facile que je connaissais ses failles. Je l’avais aimé pour ça aussi. Cette fragilité qu’elle dissumulait coûte que coûte quitte à se la jouer parfois (souvent même), cette souffrance faites de non-dits et de mensonges. De tout ça je m’en suis servie contre elle… Je me suis servie de notre histoire. De ce “nous” qui n’avait plus lieu d’être. Une rupture en “écoute moi quand je te largue”. Une vraie saloperie. Et rien n’y a fait, ni ses excuses, ni ses promesses, ni ses larmes. Il n’y avait rien à faire.

Quand j’ai raccroché elle n’existait plus. Je venais de la rayer de ma vie…

Ce n’est pas quelque chose dont je suis fière. Non vraiment pas. Cette facette de ma personnalité moins je la vois mieux je me porte mais ça s’est véritablement passé ainsi… sous le regard médusé de Koky.

Je sais qu’elle n’a fait qu’être un bouc émissaire. En plus de payer pour ce que je considère être une trahison, je l’ai rendu responsable des événements qui en avaient découlées. Il me semble cependant, avec du recul, que cette violence autant dans ma manière de rompre que dans les propos que je lui ai tenu (digne fille de ma mère n’est ce pas ?) a été à la mesure de l’amour que je lui portais. Ce jour là je me suis vidé de mes sentiments pour elle. Ce n’est guère élégant comme image je vous l’accorde mais il me semble être dans la vrai. Vengeance primaire et sentiments contrariés peuvent donner un cocktail assez détonnant chez moi. Elle était coupable de me forcer à admettre que je m’étais trompée sur nous.

Maintenant qu’elles étaient ses véritables motivations ? Pourquoi me raconter cette histoire (alors que je ne l’aurais jamais su si elle ne me l’avait pas dit) ? Je me suis posée la question. Je lui ai posé la question… Il semblerait qu’elle ai voulu “tester” mon amour. - J’ai échoué lamentablement au test n’est ce pas ? - Elle n’a d’ailleurs pas hésité à mettre en cause mes sentiments au point de m’accuser de me servir de cette histoire comme prétexte pour en finir. Sincèrement ? Ce n’est pas le cas. Vous pensez que j’ai une tête à ne pas assumer une rupture ?? Moi j’ai une autre version. Je pense plutôt qu’inconsciemment elle savait que je prendrais cette décision. Elle n’avait peut-être pas prévu la forme, pas prévu qu’elle le prendrait, elle-même, aussi mal mais je suis convaincue que le fait qu’elle n’arrivait pas à se décider à faire ce qu’il y avait à faire pour nous lui pesait. Trop. Assez pour se saborder. L’amour ça ne se teste pas, ça se vit.

Voilà comment à quelques heures d’intervalle, j’avais donc appris que ma copine me trompait, fait malgré moi mon coming out à mes parents et mis un terme à ma relation amoureuse… Et pourtant je n’étais toujours pas au bout de mes peines.

to be continued


A propos de cet article