Emmanuelle et [moi]

Quel autre film érotique a attiré près de 9 millions de spectateurs dans les salles françaises et plus de 50 millions dans le monde. Aucun. “Le succès fut tel qu’une salle le programma à Paris pendant 10 ans, proposant en été un sous-titrage en anglais pour les touristes.

Je n’étais pas née à la sortie en salle de THE film érotique français (1974) mais je n’ai pas honte de dire que pour moi c’est un film culte (même si la miss le trouve kitchissime et ringard à souhaits). J’ai adoré adore ce film ! Vous savez quoi ? Eh bien je le revoie toujours avec autant de plaisir (sans vouloir faire de jeu de mots déplacé).

Pour ceux qui débarquent d’une autre planète, je rappelle le synopsis:
Emmanuelle, une jeune femme aisée, rejoint son mari, un diplomate en poste à Bangkok. Le trajet l’ennuie et la belle oisive s’offre à deux passagers sans attendre l’atterrissage. L’ennui persistant, Emmanuelle use sans ménagement de la totale liberté qu’entend lui laisser son mari, soucieux d’amener sa femme à plus d’abandon. Elle fait la rencontre de deux jeunes femmes, Marie-Ange et Bee, qui l’initient aux jeux de l’amour. Emmanuelle découvre donc le goût des très jeunes filles en fleur, puis les séductions du sadisme bien tempéré avec Bee, avant de confier à l’inénarrable Mario, professeur d’érotisme réputé en Thaïlande, le soin de lui faire parcourir toute la gamme des plaisirs…

Euh… pas besoin de vous dire que ses aventures avec les hommes et les scènes qui s’y rapportent ne sont pas restées gravées dans ma mémoire hein ? Non. Je pense que non. Par contre la scène au bord de la piscine avec Marie-Ange où elle voit et rencontre Bee pour la première fois… c’est une autre paire de manches.

Souvenez-vous.

[Extérieur jour. Emmanuelle, nue, allongée sur sa serviette au bord de la piscine. Marie-Ange la rejoint.]

Emmanuelle: Oh c’est vous… Vous m’avez fait peur.
Marie-Ange: Je fais toujours un peu peur…

[S'en suit une discussion sur les infidélités d'Emmanuelle.]

Marie-Ange: Et avec une fille vous ne l’avez jamais trompé non plus ?
Emmanuelle: Ca compte avec une fille ?
Marie-Ange: Essayez un jour avec moi, vous verrez si ça ne compte pas…

Et à l’époque je comprends. A cet instant précis, celui où je vois cette scène pour la première fois, j’ai un début de réponse à mon questionnement. La voix rauque de Marie-Ange. Leurs regards. La séduction. Leurs attitudes.

Ces répliques lachées négligemment par ces deux jeunes femmes sont autant d’interrogations élucidées. Une des premières pierres sur la route de mon cheminement. Assez pour savoir que ce que je désire je peux l’avoir. Eh oui, grâce à un film érotique. Grâce à ce film érotique là… Mais j’assume. Totalement.

Alors d’apprendre que Sylvia Kristel (alias Emmanuelle) sort ses mémoires; ça me donne envie de le revoir encore ce film… plus que d’acheter le bouquin en fait.

Y’en a qu’une qui détrônera Sylvia Kristel à mes yeux quelques années plus tard. Elle s’appelle Zara White et ne jouait pas que dans des films érotiques (mais j’avais grandit !). Oui, je suis fan de la série “Rêves de cuir“. Je n’ai pas une culture phénoménale en matière de porno (je le jure !) mais c’est quand même la seule actrice qui quelque soit la scène qu’elle pouvait jouer gardait cette espèce d’innocence et de “pureté” (non le terme n’est pas trop fort). Une pute au visage d’ange ? Pas que ça à mon avis. Mais c’est une autre histoire que je vous conterais sûrement un de ces quatres…

Ah. Oui, je dois quand même dédouaner mes parents pour le coup des films de cet acabit. Zara la vampire c’était effectivement mon père qui était, bien malgré lui le pauvre, le fournisseur officiel mais sinon pour le reste je me suis débrouillée très bien toute seule merci (entre copains, les copies de K7 VHS circulaient pas mal en fait !).


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