J’ai lu “Les derniers jours de Hitler”
Selon le version désormais admise, Hitler se serait suicidé le 30 avril 1945 dans son bunker de Berlin, “casemate souterraine qu’il avait fait construire au début des années 40“, qu’il avait rejoint en janvier de la même année. Pourtant six versions contradictoires de ce suicide se côtoient sans compter les autres théories évoquant une fuite du Führer.
Ce livre raconte les derniers jours du III Reich et de son leader charismatique qui malgré sa déchéance physique et l’issue inéluctable de la guerre au vu des nouvelles alarmantes du front continue à croire et à maintenir l’illusion d’une victoire allemande. Le mythe de la machine bien huillée menée de main de maître s’effondre.
On passe en revue les principaux événements de ces derniers temps du Reich: la guerre de pouvoir que se livrent Goebbels, Himmler, Göring pour ne citer qu’eux pour s’assurer de son vivant de la succession du Fürher, la trahison d’Himmler, le mariage de Hitler et d’Eva Braun, leur double suicide, celui de la famille Goebbels, les tentatives de Wenck, Steiner, Holste et Busse pour briser l’encerclement de Berlin.
Le climat qui règne dans le bunker et les aspects relevant de la pathologie psychiatrique de la personnalité d’Hitler sont par ailleurs décrits de manière saisissante par Joachim Fest, l’auteur.
“Après avoir visité le quartier général souterrain du Führer, Claus Schenk von Stauffenberg, l’auteur de l’attentat manqué du 20 juillet 1944, avait fait cette remarque perspicace: “Hitler dans le bunker - voilà le véritable Hitler !“.
Deux choses. Tout d’abord cet extrait qui a retenu mon attention. A propos des circonstances de l’arrivée au pouvoir de Hitler en 1933:
“Après tant d’années de gouvernement timoré et d’erreurs politiques apparaissait soudain, comme par miracle, la volonté de prendre un nouveau départ, d’oser une politique hardie qui faisait oublier tous les doutes à une majorité de plus en plus nombreuse. En dépit de l’évidente médiocrité spirituelle et intellectuelle, l’ordre nouveau dont les contours se précisaient de jour en jour attirait des partisants fervents; comme ses porte-parole ne cessaient de le proclamer, l’avenir lui appartenait.”
Ca m’a rendu mal à l’aise…
Ensuite, concernant le suicide de Hitler je ne sais pas pourquoi (maintenant j’ai la réponse) mais j’étais persuadée qu’il s’agissait d’un faux suicide monté de toutes pièces puisque l’homme qui avait été retrouvé portait des chaussettes rapiécées; le leader du IIIème Reich s’étant sûrement réfugié en Amérique du Sud comme bon nombre de hauts dignitaires allemands. L’auteur fait le point sur les divers scénarios possibles et notamment sur les tentatives de falsification et les rumeurs russes puis occidentales.
Gros bémol: sur les faits eux-mêmes, le flou est de rigueur. En effet, il n’est nullement fait mention ne serait-ce que de manière sommaire de sources (pas de notes, pas de bibliographie) et l’on ne sait même pas qui a témoigné de quoi. L’auteur s’en explique avec ce qui me semble être une pirouette: “Si l’auteur a renoncé à indiquer lesdites sources, c’est dû en premier lieu à une confusion devenue irrémédiable. Trop souvent, il aurait fallu se référer pour un même événement à deux, voire à plusieurs, versions divergentes.”
A approfondir et à confronter avec d’autres lectures donc.
Ceci dit, ce livre m’a donné envie de louer “La chute” en DVD.
Titre: Les derniers jours de Hitler
Auteur: Joachim Fest
Editeur: Perrin
Année: 2002
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- Publié:
- 10.9.06 / 19:54
- Catégorie:
- Vu, lu, entendu









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