Quand le classement du Point fait des remous

Le 31 août dernier, l’hebdomadaire “Le Point” faisait parler de lui en sortant la première carte de la violence scolaire en France, établissement par établissement.

Après une bataille juridique de 18 mois, des journalistes du Point ont réussi à obtenir le détail, établissement par établissement, des violences scolaires. 82.007 faits de violence ont été recensés dans 7.924 établissements scolaires publics (hors TOM). Sont considérés comme faits de violence : la violence avec arme, la tentative de suicide, le racket, le trafic de stupéfiants, les incendies ou les dommages au matériel. L’hebdomadaire rapporte que les violences physiques sans arme sont les plus fréquentes (29,7%), suivies des insultes graves et menaces (26%). 35 ports d’arme à feu ont également été recensés.

Avec 285 faits de violence, le collège Condorcet de Nîmes arrive en tête de ce classement tandis que le collège La Martinière de Lyon arrive dernier avec 23 actes de violence.” (”Le Figaro” - 31 août 2006)

Les conclusions on en a tous entendu parler: les lycées professionnels sont les plus violents suivis par les collèges en ZEP. Les lycées généraux, eux, arrivent en fin de classement.

Le SNPDEN (Syndicat National des personnels de Direction de l’Education Nationale), les associations de parents d’élèves et le ministre de l’Education Nationale sont très vite montés au créneau pour fustiger ce classement. Le principal grief réside dans la fiabilité des données du logiciel Sigma (mis en place par l’Education nationale depuis la rentrée 2001 pour recenser les actes de violences); données sur lesquelles se basent nos trois journalistes.

Le logiciel Signa permet aux chefs d’établissement de recenser les actes de violence “graves” (26 “entrées” sont proposées), c’est-à-dire les “actes dont la qualification pénale est évidente”, “les actes qui ont fait l’objet d’un signalement” à la police ou à la justice et ceux qui ont eu “un retentissement important dans la communauté scolaire”, selon le ministère.

Il semble cependant que le recensement et la saisie des actes de violence pré-cités, même obligatoire, n’ai pas fait l’objet de la même attention de la part des chefs d’établissements. Les saisies seraient effectuées avec plus ou moins de sérieux et de manière plus ou moins exhaustive. Notez ici l’emploi du conditionnel.

Bien qu’étant consciente que les actes relevant de cette catégorie ne sont certainement pas les plus préoccupants, permettez-moi de noter ici qu’un acte ayant eu “un retentissement important dans la communauté scolaire” peut différer d’une région à l’autre voir d’un établissement à l’autre…

D’autre part, je m’étais interrogée à l’époque sur la place occupée par les lycées et collèges martiniquais. J’ai eu un début de réponse aujourd’hui. En effet il semblerait que l’on y retrouve en “bonne place” (j’ignore la place exacte) le collège du Robert. 182 actes de violence ont été signalés.

Le principal de l’établissement ne comprend pas et dénonce les chiffres lancés, selon lui, sans explications. ”Dans ce chiffre, les violences physiques sont infimes”, précise le principal du collège, précisant encore : ”Notre tort est d’avoir tout signalé.”

Je dois dire que je suis un peu étonnée de ce classement. Je le suis d’autant plus que les collèges de Dillon et de La Meynard par exemple (pour ne citer que ces deux là) à Fort-de-France n’arrivent qu’après. Qui sait, peut-être que tous les bad boys de l’île lassés de se faire virer ailleurs ont attéri au Robert.

Quelqu’un a eu “Le Point” en main ?


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