Naît-on homosexuel ?
C’est le cadet de mes soucis ! Non, je le dis haut et fort tout de suite pour bien préciser que le sens même de ce “débat” me dépasse. Pourquoi ? Ben parce qu’à mon avis la question en elle-même sous-tend qu’il puisse y avoir problème ou maladie à guérir. Ce n’est pas le cas. Ce qui semble évident pour moi ne l’est pas pour tout le monde (ça je peux le concevoir) d’où l’utilité de l’article de L’actualité qui fait le point sur la question dans l’article “Naît-on homosexuel ?“.
Dès le premier paragraphe, le ton est donné:
“Fiston aime les poupées, son grand frère participe au défilé le jour de la Fierté gaie, et si l’on observait son cerveau, on y découvrirait des points communs avec celui des filles. Fifille a l’air d’un déménageur, elle a été élevée par sa mère, sa tante et sa grand-mère, et l’index de sa main droite est plus court que son annulaire. Selon certains scientifiques, Fiston et Fifille risquent donc d’être homosexuels. Ou pas !“
Et c’est bien le “Ou pas !” qui revêt ici une importance capitale. Malgré une multitude d’études (la dernière en date remontant à mai 2006) la science n’a jamais rien démontré de probant au sujet d’une eventuelle explication de l’orientation sexuelle. Innée, acquise, génétique, hormanale: tout a été dit, le contraire aussi ! Le seul point sur lequel les spécialistes s’entendent est celui-ci: “une multitude de facteurs biologiques, environnementaux, sociaux et culturels influencent l’orientation sexuelle, sans qu’aucun semble plus déterminant qu’un autre.” L’article fait le tour de la question.
Depuis Freud et son “complexe d’Oedipe inversé” (pour expliquer la perversion homosexuelle) et Darwin et sa théorie de l’évolution des espèces (considérant la sexualité comme un moyen de reproduction et rien d’autre et excluant de ce fait l’homosexualité du champs des comportements naturels) les idées sur la question ont heureusement évoluées. Que je vous rassure (au cas ou où), le côté provoquant et les clichés ne vont pas au delà du premier paragraphe d’accroche.
Ceci dit, cet article a également le mérite de préciser clairement certains points souvent utilisés par les homophobes pour justifier ce qui en fait ne s’avère être que de l’intolérance. Sans “prêcher pour ma paroisse” reprennons ici à la lumière de la science (puisque le pragmatisme et de bon sens semblent ne pas être suffisant) trois des arguments homophobes les plus communs:
- L’homosexualité une maladie mentale ?
“il y a déjà plus de 30 ans que l’homosexualité a été retirée du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), utilisé par les médecins pour catégoriser les troubles mentaux.” Ce qui by the way décridiblise tout à fait le fameux “complexe d’Oedipe inversé” auquel nous faisions allusion plus haut.
- L’homosexualité un comportement qui ne serait pas “naturel” ?
“Même les scientifiques les plus conservateurs reconnaissent qu’il s’agit d’un comportement naturel chez une multitude d’espèces animales (plus de 300 vertébrés, dont des singes, des flamants roses et des moutons)[...]“
- L’homosexualité détournerait la sexualité de son véritable rôle: la reproduction (et la survie) de l’espèce ?
La théorie de Darwin qui considère exclusivement la sexualité comme un moyen de reproduction est sans doute vrai pour de nombreuses espèces mais semble simpliste quand on regarde les vertébrés sociaux. “Dans un livre paru en 2003 (Evolution’s Rainbow: Diversity, Gender and Sexuality in Nature and People), la biologiste Joan Roughgarden, de l’Université Stanford, en Californie, montre que la sexualité n’a pas pour seul but de permettre aux espèces de se reproduire. Qu’elle se manifeste par des comportements homos, hétéros ou bis, par la transsexualité ou même l’asexualité, elle joue aussi un rôle social fondamental.” Je ne peux que vous conseiller cet autre article intitulé “Homosexualité et évolution” sur cette question.
Mais revenons à l’article qui nous intéresse en particulier. La bisexualité y est également abordée:
“Toutes ces recherches s’appuient aussi sur une hypothèse tendancieuse: qu’un individu ne peut présenter que deux orientations sexuelles. “La bisexualité, par exemple, reste taboue, même si elle n’a rien de pathologique”, dit Paul Hastings.
Pourtant, au sein du milieu scientifique, l’idée que le monde ne se divise pas entre homos et hétéros fait son chemin. Dans les prochaines années, elle compliquera probablement le travail de ceux qui traquent les causes de l’orientation sexuelle. Le psychologue Robert Epstein, du Centre Cambridge de recherche sur le comportement, à Concord, au Massachusetts, suggère de représenter l’orientation sexuelle comme un continuum, qui irait de “purement homosexuel” à “purement hétéro”. Fifille et Fiston trouveront peut-être l’amour quelque part entre ces deux extrémités. Ou pas !”
Un article en forme de panorama donc. A lire absolument dans son intégralité !
A propos de cet article
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- Publié:
- 19.7.06 / 16:26
- Catégorie:
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