Fin d’après-midi carte postale

Que je vous raconte une fin d’après-midi comme ça m’arrive d’en passer ici… Et pour une fois vous aurez droit aux photos cartes postales prises par mes soins.

cocotiers_bisAlors aujourd’hui, vers 17h, lasses de regarder depuis plus d’une heure et demi un insipide Ukraine-Suisse, nous avons décidé d’aller voir ailleurs si nous y étions. Direction le Carbet et ses plages à une demi-heure de route dans le Nord Caraïbe.

coucher de soleil_bisPetit bain tranquille de trois quart d’heure maxi puis, histoire de faire passer le temps avant l’incontournable halte “Chez les Pêcheurs“, promenade en voiture le long de la côte Caraïbe jusqu’à Saint-Pierre. Là je vous passe l’épisode de la junkie qui nous fait la peur de notre vie (on l’a pas vu arriver et elle a brusquement tapé sur le pare-brise !) pour nous demander 2€ pour acheter un sandwich (si elle en trouve un à ce prix là qu’elle me donne son adresse !) pour en arriver directement à l’événement le plus inattendu: nous avons tiré la senne avec des pêcheurs !

Figurez-vous qu’en retournant sur nos pas (en rentrant vers le Carbet donc) nous nous sommes arrêtées à un point de vue histoire de profiter… de la vue sur le baie de Saint-Pierre. Ne voilà-t-il pas que des pêcheurs s’apprêtaient à tirer la senne pour ramener la pêche du jour. Je précise tout de suite qu’en tant que martiniquaise “de souche” j’ai aidé, de manière ludique (je précise afin de vous évitez la honte de votre vie si vous comptez interroger un antillais sur la question en en faisant notre passe-temps favori !), à pratiquer cette technique de pêche, 2 ou 3 fois dans ma vie mais il se trouve que la miss ne l’avait jamais fait ! L’occasion était trop belle…

coucher de soleil3_bisAh oui, c’est vrai, certains d’entre vous ignorent peut-être tout de la pêche à la senne. Que dire sans faire un cours magistral ? Disons que cette technique de pêche côtière traditionnelle martiniquaise (de moins en moins pratiquée) consiste à rabattre, depuis la terre, d’immenses filets jetés des barques de pêcheurs. Il s’agit de capturer ainsi des bancs de poissons blancs. Sur la plage, de part et d’autre des extrémités des filets, des hommes, des femmes et des enfants tirent donc la senne. Cette opération est effectuée grâce à la bonne volonté de tout à chacun sur la plage (famille, amis, alliés et inconnus).

empreintes_bisNous voilà donc, la miss et moi, les pieds dans le sable aidant à tirer sur cette fichu corde (”filet” me dit-on dans l’oreillette). Comme par hasard un jeune pêcheur s’est senti obligé d’indiquer à la miss la bonne technique (à avoir pour ne pas faire d’efforts inutiles et éviter de se mettre les mains et/ou les reins en compote) et en la regardant faire j’avoue que jolie comme elle est je n’ai pas pu lui (je parle du gars) en vouloir; le pêcheur est galant est celà se comprend que trop dans ces cas là.
Nous sommes reparties vers le Carbet en promettant de revenir le lendemain matin (tôt ! aaaaaaaaaargh) pour recevoir la récompense de notre travail. En effet, solidarité et entraide obligent; le fruit de la pêche est généralement partagé entre les pêcheurs et les participants à la senne. A l’heure où nous avons tiré la senne il était trop tard pour effectuer ce partage.

Fatiguées mais contentes, nous sommes donc allées nous affaler à une table “Chez les pêcheurs” pour déguster l’habituel poisson frais du crû.

Dans ces cas là en sirotant mon planteur je me dis que je peux comprendre d’où viennent ces clichés sur nôtre île qui m’exaspèrent tant (mais ça c’est une autre histoire que je vous conterais certainement un jour ou l’autre).
En attendant cours particulier ou pas, je suis plutôt fatiguée et je me demande comment je vais faire pour être debout à 5h pour aller récupérer le fruit de notre travail comme promis…


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