Coming out ou l’histoire sans fin

Encore un. Encore un coming out. Pourtant, pour autant que je m’en souvienne, je n’en ai jamais provoqué moi-même ou plutôt ça ne s’est jamais passé comme je l’avais imaginé, programmé, scénarisé, planifié… Bref, comme je le voulais quoi en gros ! Non, en fait ça me tombe toujours dessus ! Même pour l’avouer à ma mère (celui là j’en ai cauchemardé des nuits entières !) il a fallu un truc de fou pour que je lui avoue tout de but en blanc. Comme ça. Avant de penser “et merde !” en voyant ses larmes. Mais bon, tout ça c’est de l’histoire ancienne et puis on en a fait du chemin depuis elle et moi. Surtout elle d’ailleurs (parfois s’en est hallucinant)…

Tout ça pour dire que même quand on l’a dit à nos proches, amis et alliés; il faut toujours, un jour ou l’autre, mettre les choses au point avec un collègue, un voisin ou je ne sais qui d’autre. Je crois que justement parce que j’ai fait le tour (il y a quelques temps déjà) de tous ceux que j’aime et qui compte pour moi j’avais quelque peu oublié ce que c’était de le dire; je veux dire de le formuler. A partir du moment où une relation dure et/ou qu’une vie en couple s’installe, on oublie cette forme de coming out. Celui où il faut formuler son choix de vie. Cette intrusion dans votre vie privée. Et puis ça vous tombe dessus !… Enfin ça me tombe dessus.

Cette fois-ci c’était auprès de ma boss. Histoire vraie: elle tombe en panne à quelques mètres de chez moi (son frère habite tout près). Elle m’appelle pour me demander si elle peut attendre à la maison le temps que sa voiture veuille bien redémarrer. J’accepte, bien que sois un peu emmerdée (pas parce qu’elle me gonfle mais surtout parce que miss B. risque de rentrer en coup de vent d’une minute à l’autre). Entre temps le téléphone sonne et quand je raccroche elle me demande si finalement elle aura la chance de rencontrer “l’homme de ma vie”. Là encore, même si j’avais prévu de lui dire un jour ou l’autre que l’homme de ma vie est une femme et peut-être aussi parce que je suis “sur mon territoire”: je me lâche. Marre d’utiliser des pronoms impersonnels, marre de tourner les phrases. Et bam: coming out ! Ca m’épuise. J’étais tranquille, j’écoutais un truc cool avec un bon bouquin, je n’avais rien demandé à personne et voilà… 20 mn après me voilà “expliquant” à une tierce personne que désormais il faudra dire “elle”.

Encore heureux elle a très bien réagit. C’est déjà ça. Mais bon ça me gonfle… Peut-être qu’un jour l’hétérosexualité ne sera plus considéré comme la norme et ce truc chiant au possible disparaîtra comme par magie (puisqu’inutile). En attendant c’est une histoire sans fin pour tous ceux qui se décide à vivre pleinement leur homosexualité. En gros: ça va continuer à me tomber dessus !


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